Haendel -Le Messie- Notre-Dame de Paris - Nelson- 16/12/2004

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JdeB
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Haendel -Le Messie- Notre-Dame de Paris - Nelson- 16/12/2004

Message par JdeB » 20 déc. 2004, 17:14

Le Messie de Haendel

Christine Brandes, soprano
Lawrence Zazzo, contre-ténor alto
Stanford Olsen, ténor
Michael George, basse.

Ensemble orchestral de Paris
Maîtrise notre-Dame de Paris
John Nelson, direction.


Composé en 13 jours, du 22 août au 4 septembre 1741, juste avant Samson, le Messie de Haendel est une ?uvre-phare, au sens baudelairien, de l?histoire de la musique, l?une des rares pièces du maître à ne pas avoir subi d?éclipse, ou presque.
Au XVIII ième siècle, la saison londonienne s?arrêtait début juillet, moment où la noblesse retournait sur ses terres pour l?été. Avant cet exode social, le Tout-Londres se rendait à un événement, le festival Haendel, intitulé Handel Commemoration Festival, inauguré en 1784 à Westminster Abbey, et qui avait commencé par l'exécution d'un Messiah supposé célébrer le centième anniversaire de la naissance de Haendel (bien que la date fût fausse).
Ce fut un tel succès que Georges III, admirateur obsessionnel de Haendel, demanda à ce que cela devienne un festival annuel.
On peut citer pour exemple l?édition de mai/juin 1787 à laquelle les deux plus belles étoiles de l?époque participèrent : Ann Storace, la première Susanna, et Gertrud Mara, qui inspira des vers à un jeune poète, Goethe, fut engagée "à vie" par Frédéric le Grand, et ressuscita Cléopâtre du Giulio Cesare (en 1785).
Le Messie était généralement suivi d?un pot-pourri d?airs et de ch?urs tirés des opéras et des oratorios de Haendel. La musique était plus ou moins réorchestrée, et le nombre des participants, installés sur une estrade, assez élevé, si on en croit les critiques du temps.
Ces évènements mondains permirent de perpétuer cette partie de l??uvre handélienne jusqu?à l?époque victorienne, quoique dans une tradition pervertie.

Un compte rendu du European Magazine and London Review de juin 1787 indique :
"May 28. The Grand Festival at the Abbey commenced. The selection was principally from the Esther of Handel and arrayed with taste & effet. The band was equally numerous with any that appeared on a similar occasion, and conducted by Bates & Cramer. The vocal performers had Mara at their head. Kelly and Storace have also been added this year. Their Majesties, the Princess and the Duke of Cumberland attended, but the indisposition of the Prince of Wales prevented his appearance.
June 5. The oratorio of the Messiah was performed a 2cd time at Westminster Abbey, by desire,
[sous entendu, du roi] being the 4th day?s meeting of this astonishing band of 800 performers."

Jouissant d?une popularité sans égale, c?est l?une des très rares partitions à pouvoir afficher complet dans une cathédrale aussi vaste que Notre-Dame de Paris où l?on vit jeudi dernier bien des gens tenter leur chance au dernier moment, en vain, ou assister debout aux trois heures de concert. D?autres spectateurs, munis de billets pour des places assises, se levèrent à leur tour au moment de l?Alléluia comme il est de règle en Grande-Bretagne depuis que l?enthousiasme souleva de son fauteuil royal George III déjà cité et toute sa cour à l?audition d?une des premières reprises du chef-d??uvre. Debout enfin, une grande majorité du public de ce 16 décembre à la fin de l?oratorio.

Je me permettrais de mettre quelques bémols à cet enthousiasme.

A la lecture de sa notice biographique on se dit que la soprano américaine Christine Brandes est une véritable spécialiste du "caro sassone" dont elle chante régulièrement en Amérique du Nord Jephta, l?Allegro, Israël en Egypte, et sur les scènes, dans Ariodante, Alcina, Acis et Galathée. On lit qu?elle travaille avec la fine fleur de la direction orchestrale : Boulez, Salonen, Rattle, Järvi, Sawallisch, ? Et finalement, on découvre une voix sans réel ambitus, au timbre blanc, mince et acide, aux sons souvent nasalisés, peinant dans les vocalises les moins périlleuses. Une méforme passagère ?
Le ténor Stanford Olsen a raté la cadence de son premier air mais a su retrouver en deuxième partie musicalité, style et projection.
La basse Michaël George conserve une voix bien timbrée et sûre, une diction admirable et une noblesse de ton idéale.
Mais c?est au contre-ténor alto, Lawrence Zazzo, que l?on doit les bonheurs vocaux de la soirée : timbre suave aux reflets vieil or cramoisi, fusion des registres, science des demies teintes, fluidité des vocalises, autant de qualités rares et belles qu?entachent seulement certaines afféteries.
John Nelson à la tête d?une ch?ur peu étoffé et d?une phalange dont la reprise d?Alcina au printemps dernier avait mis à nue l?inadéquation styliste à ce répertoire, choisit des tempis extrêmement lents dans la première partie qui sonne comme un hommage aux montres molles de Dali avant de retrouver allant, tonus, ferveur et foi après l?entracte sans pour autant vaincre les réticences des puristes.

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Message par Ruggero » 20 déc. 2004, 20:43

et ben je me disais en te lisant :"non??? je ne vais quand même pas être complètement d'accord avec quelqu'un d'autre, ce n'est pas possible!!!" et de fait , j'ai trouvé un point de désaccord.

d'abord merci pour les infos historiques!

ce qui m'étonne c'est ce que tu dis de George : je l'ai trouvé vraiment mauvais du début à la fin. son vibrato était, comme dit Eric Dahan, aussi large que le cul d'une vache, la voix m'a paru très mal assurée, et les vocalises bien laides. c'est le chanteur qui m'a le plus déçu depuis bien longtemps, peut être depuis Silja dans les Dialogues (je sais c'est pas si vieux...). et les personnes qui m'accompagnaient, certes pas plus expertes que moi, ont aussi tiqué dès qu'il s'est mis à ouvrir la bouche...
à part ça je suis d'accord avec tout le reste!!

RR

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Message par JdeB » 21 déc. 2004, 09:42

Ecoute, si ce point de désaccord a pu t'éviter une crise existentielle :wink:


C'est vrai que sa voix est affectée d'un vilain vibrato et qu'il peine dans les vocalises et que, à la relecture, je trouve mon éloge trop élogieux à son égard.

Mais on connaît aussi ton exceptionnelle sévérité envers les basses qui ne sont pas Ruggero Raimondi.

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Message par Ruggero » 21 déc. 2004, 10:56

certes certes...

mais me voilà rassuré!!

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