Poulenc-Dialogues des Carmélites-Nagano- ONP, 10/2004

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bajazet
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Re: Hélas, c'est fini

Message par bajazet » 28 nov. 2004, 12:57

nina a écrit :
faustin a écrit :pour Marie si la voix n'y était pas, la caractérisation physique (son air de vieux chat) y était.
Oui c'est étonnant qu'elle ne soit pas venue saluer...
"Vieux chat échaudé craint l'eau froide."

Cela dit, le 13, je n'ai pas entendu de huées. Mais il semble que Silja ait eu le dé à d'autres représentations.

B., qui écoute Palmer dans Haendel, du temps où elle chantait soprane.

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nina
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Message par nina » 28 nov. 2004, 13:30

à Faustin
c'est cela l'inconvénient d'aller à la dernière on ne peux pas y retourner. Pourtant j'aime bien l'idée que les chanteurs se donnent à fond pour la dernière...avec un petit supplément d'émotion.
Moi aussi j'y aurait bien traîné du monde.
Bon on aura surement l'occasion de se voir bientôt (à Hercules ?)

à Bajazet : Elle chantait bien Palmer jeune ?
que chante-elle de Handel ?
parce que en vieille est est extra (je me souviens de sa dame de pique il y a 5ans : ma première fois à Bastille ! snif...)

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Message par bajazet » 28 nov. 2004, 14:21

Felicity Palmer n'a jamais eu un timbre aimable, mais dense et un peu tranchant, l'aigu souvent tendu. Cependant, elle témoignait déjà d'une sûreté technique réelle et d'une articulation du texte sensationnelle.

Elle s'est d'abord illustrée comme soprane dans le répertoire baroque et classique d'oratorio (dans les années 1970). 2 échantillons de sa maestria :
? Haendel, Dixit Dominus, dir. Gardiner (Erato, 1976) : le duo "De torrente in via bibet", avec Margaret Marshall.
? Mozart, Messe en ut mineur, dir. Marriner (Philips, 1979) : son "Kyrie" est le plus saisissant que je connaisse, et un "Laudamus te" d'une vocalisation à la fois précise, dynamique et intense : un modèle, à mes oreilles.

Son grand mérite dans ce répertoire est de conjuguer sûreté de l'exécution et puissance expressive, voire dramatique. Ce n'est pas une chanteuse qui fait dans le joli ou dans le charmant (l'anti Barbara Bonney). Elle a un ton de prophétesse quand il faut, tout en maîtrisant le chant piano. Je suis très sensible à ce qu'il y a de ténébreux dans ce timbre. C'est à mon sens une des plus grandes haendeliennes qui aient été.

Ses collaborations avec Harnoncourt à cette époque ont ainsi été marquantes dans Haendel (disques Teldec) :
? Alexander's Feast (avec Rolfe-Johson), 1978.
? Belshazzar (avec Esswood et Tear), 1976 : un monument ! Sa scène liminaire (récitatif et air de la reine Nitocris, mère du protagoniste) est une méditation sur la chute des empires, sublime de bout en bout, et la voix donne le caractère qu'il faut à ce rôle, alors qu'aujourd'hui on y distribue Annette Dasch ou Rosemary Joshua (!).
? Ode de Ste Cécile (avec Rolfe-Johnson encore), 1978.
Ce dernier enregistrement trahit les difficultés vocales qui ont préludé à son abandon du registre de soprano : l'aigu, très tendu, devient aisément strident. Il suffit de comparer son air avec violoncelle obligé à ce que fait Lott avec Pinnock.

Son enregistrement le plus éprouvant vocalement (et pour cause !) est celui de l'Armide de Gluck (EMI, 1983, dir. Hickox, avec Rolfe-Johnson), qui était le premier de la version complète en français (avec des danses coupées dans la version Minko d'ailleurs, sans doute pour tenir sur 2 CD) : on peut être allergique à ses stridences, à ses feulements parfois, mais impossible de nier la puissance de la chose, dans une conception résolument "sorcière" du rôle.

Je rapprocherais volontiers ce témoignage de l'interprétation qu'elle donna à Aix (1993) de l'Orlando de Haendel (dir. Christie). Elle s'était alors déjà reconvertie dans les rôles de mezzo, mais Orlando était sensiblement trop grave pour elle (c'est vraiment une partie d'alto) : la couleur de la voix était souvent objectivement laide, grinçante même, mais elle témoignait d'une puissance shakespearienne dans la scène de la folie (j'ai rarement eu l'impression comme avec elle d'être empoigné, agrippé par une voix), et dans la scène du sommeil au IIIe acte elle témoignait quand même d'un legato et d'une mezza voce parfaitement contrôlés.

Quelques autres enregistrements marquants de Palmer :
? Bach, Passion selon st Jean, dir. Corboz, Erato (soprano)
? Mozart, Vêpres pour un confesseur, dir. G. Guest, Decca (soprano)
? Haendel, Le Messie (révisé par Mozart), dir. Mackerras, RCA (mezzo); c'est Lott qui chante la partie de soprane.
? Mozart, Les Noces de Figaro, dir. Marriner, Philips : Palmer chante Marcelline, à mon sens la meilleure enregistrée (son air de l'acte IV est extraordinaire, où on sent la maîtrise de l'interprète du baroque).
? Offenbach, Les Contes d'Hoffmann, dir. Tate, Philips : la Voix de la Mère défunte, vous imaginez !
? Verdi, Requiem, dir. Plasson, EMI (prise de son exécrable) : Palmer en mezzo est vraiment la Sibylle, et Varady est inoubliable.

B., intarissable, qui se dit qu'il aurait mieux valu ouvrir un fil sur Palmer ?

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Message par Tom » 28 nov. 2004, 14:37

Elle est aussi Elettra dans l'enregistrement d'Idomeneo d'Harnoncourt...

Je n'ai jamais entendu cette Elettra. Vous la connaissez? Qu'en pensez-vous?

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Message par bajazet » 28 nov. 2004, 15:05

Mon Dieu, comment ai-je pu l'oublier ! Heureusement que tu es là, Tom ?
C'est une Elettra pleinement tragique, la plus tragique sans doute, mais qui sera trop stridente au goût de certains. La dimension mythique du personnage est pleinement assumée, ce qui n'exlut pas des finesses d'interprétation. Le premier air (qui s'enchaîne au ch?ur de la tempête) est à mon sens le plus extraordinaire enregistré, avec en particulier un phrasé et des nuances sur la fin ("vendetta e crudeltà") proprement géniaux. Impossible cependant de nier que son acte II est tendu, et manque d'abandon, question de timbre ?

Noter que l'air de la folie ne figure pas dans cette intégrale, conforme à la création munichoise. Mais Harnoncourt avait enregistré à part sur un disque (reporté en CD, on le trouvait facilement d'occasion il y a quelques années) les airs retranchés ou ajoutés pour Vienne : on peut donc y entendre la scène de la folie avec son récitatif long, où Palmer est évidemment saisissante, mais mal à l'aise vocalement dans l'air.
Je n'ai pas compris pourquoi Teldec n'avait pas ressorti en CD l'ensemble de l'opéra avec ces compléments.

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Message par wagneriano » 28 nov. 2004, 23:21

Bonjour à tous. Je suis italien, et je suis allé à Paris le 24 novembre juste pour voir Les Dialogues des Carmèlites, un opéra que j'aime beaucoup. Ainsi ai-je mis à l'épreuve la salle de l'Opéra-Bastille, que j'avais visitée il y a 2 ans et 1/2.

Pour ce qui concerne le chef d'orchestre et le cast, je partage le point de vue de la plupart de vous: bon ou très bon Nagano, Palmer, Westbroek, Petibon et Beuron, mauvais Silja, Upshaw et, hélas, Sénéchal. J'ai trouvé un peu trop minimaliste la mise en scène de Francesca Zambello, en outre il y avait des libertés inconcevables. Par exemple, pourquoi la première prieure arrive-t-elle sur une chaise roulante (qui n'est certainemant pas le "fauteuil... comme le tabouret des duchesses")? et pourquoi les soeurs se jetent-elles par terre avant le "Citoyennes, nous vous félicitons, etc" du commissaire du peuple, qui n'est certainemant pas le pape ou un éveque? et où étais-il l'aumonier déguisé en jacobin lors de l'exécution?

A l'entracte j'ai remarqué que dans les foyers les spectateurs étaient pressés comme des sardines (au moins 2700 personnes vu que la salle était pleine) et que devant aux toilettes il y avait la queue (dans celles pour hommes que j'ai utilisées il n'y avait que 2 pissoirs et 1 wc).

Deux mots pour l'acoustique, que j'ai trouvé exécrable. J'étais dans le 29 rang du parterre, et j'entendais à grand-peine les voix et l'orchestre. En revanche, on distinguait parfaitement les coups de toux (beaucoup) et meme la sonnerie d'un d'un portable.

Pour finir, je dois etre honnete et sincère: l'Opéra-Bastille de Carlos Ott ne sera pas un chef d'ouvre (à la place du président Mitterrand j'aurais sans doute choisi le projet de Christian de Portzamparc), mais l'Auditorium de Rome de Renzo Piano c'est bien pire.

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Message par Alain_B » 28 nov. 2004, 23:46

wagneriano a écrit : Deux mots pour l'acoustique, que j'ai trouvé exécrable. J'étais dans le 29 rang du parterre, et j'entendais à grand-peine les voix et l'orchestre.
Tu n'as pas eu de chance, ce sont les pires et de loin de la salle.

Mais ce n'est effectivement pas normal que de telle places existent dans un opéra tel que Bastille.

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réponse à wagneranio

Message par faustin » 29 nov. 2004, 00:09

wagneriano a écrit :
et pourquoi les soeurs se jetent-elles par terre avant le "Citoyennes, nous vous félicitons, etc" du commissaire du peuple, qui n'est certainemant pas le pape ou un éveque?
C'est vu par une metteuse en scène américaine, c'est un anachronisme, c'est ce que je crois on appelle une jonchée, qui consiste à se coucher pour exprimer une protestation.

A l'entracte j'ai remarqué que dans les foyers les spectateurs étaient pressés comme des sardines (au moins 2700 personnes vu que la salle était pleine) et que devant aux toilettes il y avait la queue (dans celles pour hommes que j'ai utilisées il n'y avait que 2 pissoirs et 1 wc).
Hélas, (nous en avions discuté dans un autre fil) il n'y a pas de foyer dans cet opéra, les escaliers et les galeries font office de foyer. Que c'est mesquin surtout pour un si vaste édifice auquel tant de moyens ont été consacrés! Construire un opéra sans foyer, quelle aberration! C'est une faute impardonnable.

Si malgré tout la direction voulait améliorer les choses, il y aurait un ou deux bars en plus, car effectivement, on se bouscule et l'attente est longue, ce qui est irritant. Le bon plan pour éviter ça, c'est de sortir pendant l'entracte et aller prendre quelque chose dans un des cafés d'en face.


Pour finir, je dois etre honnete et sincère: l'Opéra-Bastille de Carlos Ott ne sera pas un chef d'euvres (à la place du président Mitterrand j'aurais sans doute choisi le projet de Christian de Portzamparc), mais l'Auditorium de Rome de Renzo Piano c'est bien pire.
Cela a été souvent dit, cet Opéra Bastille n'est pas une réussite architecturale, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais j'espère que vous n'en êtes pas complètement découragé car on y donne de fort beaux spectacles.

Faustin

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Message par wagneriano » 29 nov. 2004, 13:36

Alain_B a écrit :
wagneriano a écrit : Deux mots pour l'acoustique, que j'ai trouvé exécrable. J'étais dans le 29 rang du parterre, et j'entendais à grand-peine les voix et l'orchestre.
Tu n'as pas eu de chance, ce sont les pires et de loin de la salle.

Mais ce n'est effectivement pas normal que de telle places existent dans un opéra tel que Bastille.
Je me demande si dans les galéries c'est mieux.

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Message par David-Opera » 29 nov. 2004, 13:41

wagneriano a écrit : Je me demande si dans les galéries c'est mieux.
Sûr que oui, au moins pour l'orchestre. Car ce dernier avait quand même tendance à couvrir les voix. Les galeries sont quand même défavorables aux voix par rapport au 1er ou 2ième balcon.

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