Rameau - Platée - Kossenko / vc - TCE - 2/12/2019

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Rameau - Platée - Kossenko / vc - TCE - 2/12/2019

Message par Oylandoy » 30 nov. 2019, 16:21

Platée Jean-Philippe Rameau

Anders J. Dahlin Platée
Chantal Santon-Jeffery Amour / La Folie
Thomas Dolié Jupiter
Hasnaa Bennani Thalie / Clarine / Junon
Arnaud Richard Un satyre / Cithéron
Nicholas Scott Thepsis / Mercure
Victor Sicard Momus

Alexis Kossenko direction
Orchestre et Chœur Les Ambassadeurs

Opéra chanté en français, surtitré en français
Coproduction Jeanine Roze Production / Céleste Productions

Représentation du 2 décembre 2019
Soirée enthousiasmante ce lundi soir au TCE avec Platée, version mise en espace.
D’entrée de jeu, le très dynamique chef Alexis Kossenko nous propose une direction vive et enjouée, accentuant le caractère comique de l’ouvrage (plutôt rare à cette époque, Lully s’étant cantonné à sa participation aux pièces de Molière, et Rameau lui-même ne s’y aventurera plus). L'ouverture de Platée balaie toutes les conventions d'usage qui voulaient que cet acte obligé de lever de rideau soit un hommage à la personne du roi. Ici, point de majesté, mais de l’entrain.
Si l'accueil du public et de la critique fut très réservé lors de la création de ce spectacle (ce ne fut pas la nouvelle apparition d'un travesti qui gêna les spectateurs, semble-t-il, mais plutôt la caricature systématique de l'Opéra français pratiquée tout au long d'un livret et d'une partition au modernisme totalement incongru pour la sensibilité des spectateurs du XVIIIème siècle), ce ne sera pas le cas ce soir au TCE.
Platée est sans doute la partition la plus moderne de Rameau, la plus avancée sur le plan des formes, de l‘instrumentation, de l'harmonie, et Alexis Kissenko, avec l’ensemble (orchestre et chœurs) les Ambassadeurs, excellent aussi, met merveilleusement en évidence toute la gaieté (parfois amère) et toute l’énergie de l’œuvre. La partition proposée ce soir semble archi-complète, les intermezzi orchestraux nous ayant paru plus nombreux que lors de la production de septembre 2015 à Garnier (créée en 1999), https://odb-opera.com/viewtopic.php?f=6&t=16350

Image

Cependant, la triomphatrice de la soirée est Chantal Santon-Jeffery, sensationnelle dans son incarnation de la Folie, d’un abattage formidable, et qui fait complètement oublier que nous avons ce soir une mise en espace. Son impatience pendant les nombreuses reprises et variations, en attendant son grand air, sont désopilantes, puis toute son activité débridée (faisant mine de consulter son portable, se faisant photographier par un spectateur, prenant une selfie avec lui, discutant avec les musiciens à propos de la partition, jouant de la flûte), avant son deuxième air, enchantent le public. Elle dominera clairement tout le spectacle jusqu’à la fin, avec de plus, une très belle voix, aux aigus splendides.
Le reste de la distribution ne démérite absolument pas, Hasnaa Bennani excellente, surtout en Junon, Thomas Dolié, à la voix sonore bien projetée, Arnaud Richard, Nicholas Scott et Victor Sicard tous bien chantants. Anders J. Dahlin, dans le rôle-titre, déçoit pourtant un peu. Dans sa volonté de jouer le personnage, d’en exprimer tous les sentiments, l’impatience, le désappointement, l’effondrement, il en oublie un peu de chanter, et escamote quelques syllabes, au contraire de ses partenaires à l’articulation impeccable. Dommage, car la voix est belle et le legato splendide.
Soirée très réussie, qui nous distrait un peu, après tous les commentaires grognons et ronchons sur le Prince Igor et les Noces de Figaro.

Jean Yves Courtiau
la mélodie est immorale
Nietzsche

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Oylandoy
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Re: Rameau - Platée - Kossenko / vc - TCE - 2/12/2019

Message par Oylandoy » 05 déc. 2019, 17:11

Mon compte rendu est en ligne ci-dessus.
la mélodie est immorale
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