Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Représentations
Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12935
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par HELENE ADAM » 05 nov. 2019, 07:44

L'oeuvre est musicalement très belle mais elle dure trois heures sur un livret assez réduit malgré tout, l'intrigue et le propos étant assez simples. Pas de coupures (et même des rajouts :wink: ) la rendent un peu longuette et non sans "tunnels".
On imagine les moyens "mécaniques" fabuleux qui, du temps de la cour du roi Soleil, présidaient à ces spectacles de sept heures où l'opéra à proprement parler, était entrelardé de ballets où les aristocrates, roi compris, étaient invités à danser sur la scène.
Là, c'est un peu "bricolage" d'imitation avec des idées sympathiques et drôles et beaucoup d'humour, de poésie et de recul face au caractère solennel et parfois pompier de cet Ercole.
Pichon allie grâce et légèreté, réenchantant Cavalli, traitant la partition en l'allégeant au maximum avec son bel orchestre lui-même parfois sollicité par les artistes sur scène, ménageant quelques effets de spatialisation des cuivres, et de gros effets de tempête et tonnerres avec ses percussions sans oublier un joli feu d'artifice final (Continuo de luxe, deux harpes, théorbe, luth "classique", violoncelle et clavecin... tout simplement magnifique).
Choeurs magnifiques également et excellente interprétation globale dans un contexte que j'ai trouvé un peu trop uniforme musicalement alors que l'opéra de Cavalli a une structure musicale plus complexe et plus contrastée AMHA.
Splendide Ercole de Nahuel di Pierro et exceptionnelle Giunone d'Anna Bonitatibus mais il faut tous les citer...et notamment les remarquables Il Paggio de Ray Chenez et surtout Licco de Dominique Visse, qui seuls ou en duo, sont époustouflants.

Un aperçu des décors du final, saluts.
Image
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12935
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par HELENE ADAM » 05 nov. 2019, 12:05

Ce spectacle sera disponible sur Arte Concert dès le 12 novembre et diffusé à 20h le samedi 30 novembre sur France Musique.
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12935
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par HELENE ADAM » 05 nov. 2019, 16:09

Et quelques photos du site d' Opéra Comique (📸 S.Brion - Opéra Comique)

Prologue
Image

Les duettistes
Image

Acte 4
Image

Final
Image
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

paco
Basse
Basse
Messages : 8650
Enregistré le : 23 mars 2006, 00:00

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par paco » 05 nov. 2019, 20:07

La fois où j'ai compris Cavalli et j'ai eu un réel choc, c'était pour L'Ormindo au ROH, délocalisé pour l'occasion au Globe (400 places, théâtre de Shakespeare reconstitué). Kasper Holten avait entièrement joué le jeu de solliciter les spectateurs dans l'action, et je pense qu'il avait tout à fait compris là l'essence de ce type d'opéra (comme tu le mentionnes, Hélène, "ces spectacles de sept heures où l'opéra à proprement parler, était entrelardé de ballets où les aristocrates, roi compris, étaient invités à danser sur la scène".
Bon, là cela ne durait que 3 heures et on ne dansait pas sur scène, mais on était incités à commenter l'action par des acclamations, approbations, sifflets, parfois à répondre à l'apostrophe d'un chanteur (on répondait en parlant évidemment).
Mais ce type d'approche ne peut réussir que dans de très petites salles, où le spectateur "touche" quasiment la scène.

Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12935
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par HELENE ADAM » 06 nov. 2019, 00:48

paco a écrit :
05 nov. 2019, 20:07
La fois où j'ai compris Cavalli et j'ai eu un réel choc, c'était pour L'Ormindo au ROH, délocalisé pour l'occasion au Globe (400 places, théâtre de Shakespeare reconstitué). Kasper Holten avait entièrement joué le jeu de solliciter les spectateurs dans l'action, et je pense qu'il avait tout à fait compris là l'essence de ce type d'opéra (comme tu le mentionnes, Hélène, "ces spectacles de sept heures où l'opéra à proprement parler, était entrelardé de ballets où les aristocrates, roi compris, étaient invités à danser sur la scène".
Bon, là cela ne durait que 3 heures et on ne dansait pas sur scène, mais on était incités à commenter l'action par des acclamations, approbations, sifflets, parfois à répondre à l'apostrophe d'un chanteur (on répondait en parlant évidemment).
Mais ce type d'approche ne peut réussir que dans de très petites salles, où le spectateur "touche" quasiment la scène.
Oui :wink:
Je ne sais pas si c'est "la revanche de Cavalli" dont l'opéra est là donné sans les ballets étrangers à sa composition mais sans coupure de l'oeuvre à proprement parler non plus, mais c'est un joli coup (de plus) pour l'opéra comique au vu des critiques unanimes et enthousiastes, les trois autres séances devraient se remplir rapidement. :wink:
Cet Ercole est déjà un "opéra" (1) tout en restant une oeuvre hybride formée finalement de "tableaux" successifs avec fil conducteur (la destinée d'Ercole, comme modèle pour le jeune roi Soleil ) et comprenant, outre quelques parties orchestrales assez réussies, pas mal de récitatifs parfois un peu répétitifs et longuets. La pyrotechnie vocale des arias viendra plus tard dans le baroque :wink:
C'est encore un divertissement qui oscille entre le comique voire le burlesque, et la leçon de morale avec scènes un peu grandiloquente. Avec un jour de recul je pense que Raphael Pichon est l'artisan essentiel de la réussite même si la mise en scène est très astucieuse (et manie le second degré comme un art de haute voltige), elle n'est pas si déterminante à mon avis...Sa lecture musicale est passionnante (comme toujours avec lui pour moi...).

(1) On considère que les "premiers opéras" sont l' Euridice de Caccini, 1600, Euridice de Peri en 1605 et Orfeo de Monteverdi en 1607
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
raph13
Basse
Basse
Messages : 2854
Enregistré le : 03 déc. 2005, 00:00
Localisation : Paris

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par raph13 » 06 nov. 2019, 11:36

HELENE ADAM a écrit :
06 nov. 2019, 00:48
(1) On considère que les "premiers opéras" sont l' Euridice de Caccini, 1600, Euridice de Peri en 1605 et Orfeo de Monteverdi en 1607
J'avais lu que c'était Dafne de Peri (1598) :?:
« L’opéra est comme l’amour : on s’y ennuie mais on y retourne » (Flaubert)

Avatar du membre
PlacidoCarrerotti
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 14137
Enregistré le : 04 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par PlacidoCarrerotti » 06 nov. 2019, 11:58

raph13 a écrit :
06 nov. 2019, 11:36
HELENE ADAM a écrit :
06 nov. 2019, 00:48
(1) On considère que les "premiers opéras" sont l' Euridice de Caccini, 1600, Euridice de Peri en 1605 et Orfeo de Monteverdi en 1607
J'avais lu que c'était Dafne de Peri (1598) :?:
Pourquoi pas https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pellegrina plutôt ?
"Quand on se cogne la tête avec un livre et que ça sonne creux, cela ne veut pas dire que le livre est vide". (Otto Klemperer)

Avatar du membre
HELENE ADAM
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12935
Enregistré le : 26 sept. 2014, 18:27
Localisation : Paris
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par HELENE ADAM » 06 nov. 2019, 12:38

PlacidoCarrerotti a écrit :
06 nov. 2019, 11:58
raph13 a écrit :
06 nov. 2019, 11:36
HELENE ADAM a écrit :
06 nov. 2019, 00:48
(1) On considère que les "premiers opéras" sont l' Euridice de Caccini, 1600, Euridice de Peri en 1605 et Orfeo de Monteverdi en 1607
J'avais lu que c'était Dafne de Peri (1598) :?:
Pourquoi pas https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pellegrina plutôt ?
La Daphné de Peri concourt en effet mais franchement, ce n'est pas encore tout à fait un opéra AMHA. Son élaboration musicale est loin d'atteindre l'Orfeo de Monteverdi.
Si j'étais dans le jury ( :lol: ) j'aurais désigné ce dernier comme le vrai premier opéra mais bon, forcément, comme nous sommes en cette période de la fin 16ème, début 17ème, en pleine évolution musicale, tracer une frontière absolue (et consensuelle) est loin d'être évident...

Ma critique complète
https://passionoperaheleneadam.blogspot ... mique.html
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

Mon blog :
https://passionoperaheleneadam.blogspot.fr

Avatar du membre
Philippes
Ténor
Ténor
Messages : 670
Enregistré le : 27 mars 2005, 00:00
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par Philippes » 06 nov. 2019, 14:17

HELENE ADAM a écrit :
06 nov. 2019, 12:38
PlacidoCarrerotti a écrit :
06 nov. 2019, 11:58
raph13 a écrit :
06 nov. 2019, 11:36
HELENE ADAM a écrit :
06 nov. 2019, 00:48
(1) On considère que les "premiers opéras" sont l' Euridice de Caccini, 1600, Euridice de Peri en 1605 et Orfeo de Monteverdi en 1607
J'avais lu que c'était Dafne de Peri (1598) :?:
Pourquoi pas https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Pellegrina plutôt ?
La Daphné de Peri concourt en effet mais franchement, ce n'est pas encore tout à fait un opéra AMHA. Son élaboration musicale est loin d'atteindre l'Orfeo de Monteverdi. Si j'étais dans le jury ( :lol: ) j'aurais désigné ce dernier comme le vrai premier opéra mais bon, forcément, comme nous sommes en cette période de la fin 16ème, début 17ème, en pleine évolution musicale, tracer une frontière absolue (et consensuelle) est loin d'être évident...

Ma critique complète
https://passionoperaheleneadam.blogspot ... mique.html
On pourra sans doute s'accorder sur le fait que l'Orfeo de Monteverdi est le premier chef d'oeuvre de l'opéra.
La musique de Dafne est presqu'entièrement perdue : difficile de juger de sa place sur le podium. Quant à la Pellegrina, il me semble que l'on est plus dans la filiation des pastorales du XVIe siècle que dans l'opéra proprement dit (mais comme le dit Hélène, les frontières sont floues à cette époque)

ferruccio
Mezzo Soprano
Mezzo Soprano
Messages : 115
Enregistré le : 21 déc. 2004, 00:00
Contact :

Re: Cavalli - Ercole Amante - Pichon / Lesort-Hecq - Opéra-Comique - 11/2019

Message par ferruccio » 06 nov. 2019, 23:55

HELENE ADAM a écrit :
06 nov. 2019, 12:38
La Daphné de Peri concourt en effet mais franchement, ce n'est pas encore tout à fait un opéra AMHA. Son élaboration musicale est loin d'atteindre l'Orfeo de Monteverdi.
Et peut-on demander sur quelles données se fonde cet humble avis et ce qui à servi à quantifier son élaboration musicale ? Madame HELENE ADAM a-t-elle des dons de voyante extra-lucide qui lui permettent de connaître et d'avoir étudié à fond une partition qui, mis à part quelques rogatons, est perdue pour le commun des mortels ?

Répondre