La Fille du régiment - Armiliato/Pelly - ONP - 10-11/2012

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jean-didier
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La Fille du régiment - Armiliato/Pelly - ONP - 10-11/2012

Message par jean-didier » 13 oct. 2012, 11:03

Marco Armiliato Direction musicale
Laurent Pelly Mise en scène et costumes

Natalie Dessay / Desirée Rancatore : Marie
Doris Lamprecht : La Marquise de Berkenfield
Dame Felicity Lott : La Duchesse de Crakentorp
Juan Diego Florez / Celso : Albelo Tonio
Alessandro Corbelli : Sulpice
Francis Dudziak : Hortensius
Robert Catania : Un Paysan
Daejin Bang : Le Caporal

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jean-didier
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Message par jean-didier » 13 oct. 2012, 11:07

Générale hier sans trop de surprises, cette production ayant déjà beaucoup tourné avant d'arriver enfin à Paris.
Donc en fait, soirée très agréable à l'opéra avec une N. Dessay en meilleure voix que ce à quoi je m'attendais. La voix reste très rêche, toute en muscles bandés jusqu'à la saturation sans une once de graisse, c'est l'image qui me vient pour décrire son chant, mais pour les muscles ça n'est pas forcément qu'une image !
Elle est évidemment chez elle dans cette mise en scène faite sur mesure et ça marche du tonnerre, quel plaisir de retrouver l'humour dessayien du temps où elle ne faisait pas la gueule. Après je regrette un peu le monolithisme de sa Marie, brusque et surexcitée, du coup Par le rang et l'opulence et Il faut partir tombent un peu comme des cheveux sur la soupe, en fait on n'y croit pas, car avec une telle agitation tout au long de l'opéra on se dit qu'un tel personnage ne peut se mettre dans l'esprit de ces deux airs tristes. Un seul petit trou dans la voix à la fin, les aigus bien assurés et percutants, par contre les variations de Salut à la France en détachés-martelé sont horribles et anti-musicales au possible.
Florez très bien comme d'habitude après un début qui n'augurait pas du meilleur (réserve pour la générale ?), il a mis le turbo à partir des moments clé de son rôle. Un peu chiche sur la tenue des aigus j'ai trouvé mais je chipote. Scéniquement très décoincé mais il m'a semblé qu'il en faisait encore plus dans à Vienne ou Londres. Beau triomphe après Ah mes amis, certains ont même réclamé un bis !
Corbelli très en voix, ça fait plaisir pour ce genre de rôles souvent abandonnés à des vieux de la vieilles qui n'ont plus de voix.
Lamprecht parfaite en Marquise même si des fois on a l'impression qu'elle est obligée de forcer pour passer l'acoustique de merde de Bastille. Beau si bémol à la fin de son air.

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Message par tuano » 13 oct. 2012, 11:16

Pour info hier sur le site de l'Opéra, il y avait des places à 35 euros pour la première de lundi. Le temps que je poste un message ici, elles étaient parties, je n'ai donc rien dit... mais ça vaut sans doute le coup de guetter.

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Message par paco » 13 oct. 2012, 14:07

tuano a écrit :Pour info hier sur le site de l'Opéra, il y avait des places à 35 euros pour la première de lundi. Le temps que je poste un message ici, elles étaient parties, je n'ai donc rien dit... mais ça vaut sans doute le coup de guetter.
il y a effectivement de nouveau des places remises en vente, mais dans les catégories 130 à 170 euros, pour lundi ainsi que pour la matinée du 22

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Message par Bernard C » 13 oct. 2012, 14:19

Excellente nouvelle que Natalie Dessay soit en forme .
C'est un spectacle à vivement recommander sur le vif ;même s'il a été largement diffuse .

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Message par jean-didier » 13 oct. 2012, 18:45

Effectivement, même après l'avoir vu et revu (à la télé ou en DVD pour ma part) le spectacle garde tout son impact.

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Message par paco » 15 oct. 2012, 11:47

des places ont été remises en vente ce matin sur le site de l'ONP, pour ce soir et jeudi soir, 1ere et 2e catégories

dongio
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Message par dongio » 15 oct. 2012, 23:26

Que l'on roue d'abord en place de grêve les dirigeants de l'ONP qui ont osé programmer "la Fille du Régiment" dans le hangar Bastille. Rien ne passe d'un'orchestre (du moins là où j'étais placé (rang 29 face) qui ne sonne pas, rien ne passe des dialogues où il faut plus que tendre l'oreille pour en saisir des bribes. Ah, ce n'est pas une question artistique certainement qui aura fait décider de cela, mais sans aucun doute une question de fric. Montrer enfin à Paris une production qui a fait les beaux soirs de Londres, New York ou Vienne dans une distribution à priori alléchante, voilà qui devait remplir une salle à coup sur. Alors, autant aussi remplir les caisses en bourrant Bastille. Mais hélas, cette musique, cette oeuvre, ce chant par ces voix entendues ce soir, ne remplissent pas la salle et tout ne ressort que pauvret et lointain. Tout cela est une honte : cette « Fille » aurait plus eu sa place à Garnier à l'acoustique plus flatteuse et où la proximité entre la scène et le public aurait plus fait mouche.
On ne dira rien de la mise en scène de Laurent Pelly, lui qui nous aura tant fait chavirer dans ses Offenbach. Elle aura charmé tout le monde mais force est de constater, quitte à passer pour le grincheux de service, que les ficelles sont finalement toujours les mêmes. Alors oui, c'est drôle, très drôle parfois, c'est enlevé, mais cela manque de poésie et de douceur, et les moments vocaux qui les requièrent tombent à plat. Pour moi, première vision de ce travail, et je l'avoue, déception. En aurai-je trop attendu finalement, l'aurai-je trop fantasmée ?
Dans l'immense Bastille, les voix de format modeste en termes de projection que sont celles de Dessay et Florez peinent à se faire entendre. Ah, certes, lui, est à fondre : le legato de la ligne, la souplesse du chant, l'art consommé du grand belcantiste, tout cela est à louer et à porter aux nues et « Pour me rapprocher de Marie » est en ce sens renversant (encore plus que « Ah mes amis » dont on sait quel cheval de bataille il est pour lui). Mais la voix peine à remplir la salle, hélas, trois fois hélas. Dessay a retrouvé un allant vocal, une forme et une santé qui réjouissent. L'extrême aigu reste toutefois tiré et raide, et les grimaces, cabrioles et gesticulations que lui demande Pelly remplacent la ligne de chant donizettienne et certes enchantent le public de cette première. Mais mon Dieu, quels manques de couleurs, quelle pauvreté du clair obscur, quelle sécheresse belcantiste ici. Autant sa Lucia m'avait charmé, autant cette Marie m'a rendu triste. Que nous sommes loin de ce qu'Anderson nous offrait à l'Opéra Comique avec Kraus à l'époque (et cela vaut aussi pour Florez quelque part en termes de projection). Comme dit par d'autres, « il faut partir » et « Par le rang et l'opulence » sont si monochromes qu'ils en sont ternes.
Corbelli bien dans Sulpice, Doris Lamprecht bonne dans la Marquise de Berkenfield (mais t'Hézian en voix terrifiante faisait autre chose du personnage). On aura dérangé la tant aimée Dame Felicity Lott pour quelques phrases et postures de la Duchesse de Crackentorp mais là aussi, les phrases dites sont peu compréhensibles...Et le « G'sätzli » qu'il lui est donné de chanter, bis traditionnel de Caballé grande époque, reste un avatar.
Alors quoi ? Oui, les foules se presseront à ces représentations. Oui les spectateurs en sortiront sans doute enchantés, ayant ri, et admiré les gesticulations de Natalie Dessay (« qu'est ce qu'elle se donne à fond!) et les beaux costumes et les beaux décors. Mais hélas ; où est le belcanto dans tout cela , hormis chez Florez ? Ah, je doute que ce soit à Bastille que l'on retrouve les émeutes et les délires qui accompagnaient chaque soirée de l'Opéra Comique de l'époque, où le bâtiment était encerclé de gens qui ne voulaient pas partir, et qui se pressaient à la sortie des artistes pour remercier encore et encore Kraus et Anderson pour ce qu'ils nous avaient offert : dans une pauvre mise en scène classique sans doute, un art du chant plus jamais atteint depuis.

Dongio tristounet ce soir...

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Message par jerome » 15 oct. 2012, 23:54

dongio a écrit :Dongio tristounet ce soir...
ben je te comprends! tout ce que tu dis ci-dessus ne me surprend en rien! C'était plié d'avance!
c'est dommage.

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Message par Bernard C » 16 oct. 2012, 00:22

dongio a écrit :Que l'on roue d'abord en place de grêve les dirigeants de l'ONP qui ont osé programmer "la Fille du Régiment" dans le hangar Bastille. Rien ne passe d'un'orchestre (du moins là où j'étais placé (rang 29 face) qui ne sonne pas, rien ne passe des dialogues où il faut plus que tendre l'oreille pour en saisir des bribes. Ah, ce n'est pas une question artistique certainement qui aura fait décider de cela, mais sans aucun doute une question de fric. Montrer enfin à Paris une production qui a fait les beaux soirs de Londres, New York ou Vienne dans une distribution à priori alléchante, voilà qui devait remplir une salle à coup sur. Alors, autant aussi remplir les caisses en bourrant Bastille. Mais hélas, cette musique, cette oeuvre, ce chant par ces voix entendues ce soir, ne remplissent pas la salle et tout ne ressort que pauvret et lointain. Tout cela est une honte : cette « Fille » aurait plus eu sa place à Garnier à l'acoustique plus flatteuse et où la proximité entre la scène et le public aurait plus fait mouche.
On ne dira rien de la mise en scène de Laurent Pelly, lui qui nous aura tant fait chavirer dans ses Offenbach. Elle aura charmé tout le monde mais force est de constater, quitte à passer pour le grincheux de service, que les ficelles sont finalement toujours les mêmes. Alors oui, c'est drôle, très drôle parfois, c'est enlevé, mais cela manque de poésie et de douceur, et les moments vocaux qui les requièrent tombent à plat. Pour moi, première vision de ce travail, et je l'avoue, déception. En aurai-je trop attendu finalement, l'aurai-je trop fantasmée ?
Dans l'immense Bastille, les voix de format modeste en termes de projection que sont celles de Dessay et Florez peinent à se faire entendre. Ah, certes, lui, est à fondre : le legato de la ligne, la souplesse du chant, l'art consommé du grand belcantiste, tout cela est à louer et à porter aux nues et « Pour me rapprocher de Marie » est en ce sens renversant (encore plus que « Ah mes amis » dont on sait quel cheval de bataille il est pour lui). Mais la voix peine à remplir la salle, hélas, trois fois hélas. Dessay a retrouvé un allant vocal, une forme et une santé qui réjouissent. L'extrême aigu reste toutefois tiré et raide, et les grimaces, cabrioles et gesticulations que lui demande Pelly remplacent la ligne de chant donizettienne et certes enchantent le public de cette première. Mais mon Dieu, quels manques de couleurs, quelle pauvreté du clair obscur, quelle sécheresse belcantiste ici. Autant sa Lucia m'avait charmé, autant cette Marie m'a rendu triste. Que nous sommes loin de ce qu'Anderson nous offrait à l'Opéra Comique avec Kraus à l'époque (et cela vaut aussi pour Florez quelque part en termes de projection). Comme dit par d'autres, « il faut partir » et « Par le rang et l'opulence » sont si monochromes qu'ils en sont ternes.
Corbelli bien dans Sulpice, Doris Lamprecht bonne dans la Marquise de Berkenfield (mais t'Hézian en voix terrifiante faisait autre chose du personnage). On aura dérangé la tant aimée Dame Felicity Lott pour quelques phrases et postures de la Duchesse de Crackentorp mais là aussi, les phrases dites sont peu compréhensibles...Et le « G'sätzli » qu'il lui est donné de chanter, bis traditionnel de Caballé grande époque, reste un avatar.
Alors quoi ? Oui, les foules se presseront à ces représentations. Oui les spectateurs en sortiront sans doute enchantés, ayant ri, et admiré les gesticulations de Natalie Dessay (« qu'est ce qu'elle se donne à fond!) et les beaux costumes et les beaux décors. Mais hélas ; où est le belcanto dans tout cela , hormis chez Florez ? Ah, je doute que ce soit à Bastille que l'on retrouve les émeutes et les délires qui accompagnaient chaque soirée de l'Opéra Comique de l'époque, où le bâtiment était encerclé de gens qui ne voulaient pas partir, et qui se pressaient à la sortie des artistes pour remercier encore et encore Kraus et Anderson pour ce qu'ils nous avaient offert : dans une pauvre mise en scène classique sans doute, un art du chant plus jamais atteint depuis.

Dongio tristounet ce soir...

Bonsoir

Je suis un peu surpris de ta déception .
Si Natalie Dessay dont on connait les soucis a pu chanter Marie sans trop de difficulté , cette production ( que j'ai vue avec Dessay puis avec Damrau il y a quelques années) est de très bonne qualité .
Si elle a fait le tour du monde c'est parce que cette mise en scène a du charme et des trouvailles tout à fait cohérentes avec l'argument ( mise en scène au demeurant faite sur mesure pour le style de N.Dessay et où Florez quelque soit sa partenaire maitrise parfaitement le personnage ).
Alors reste la salle ( Bastille ) et ses 3000 places ...mais bon le Met en fait 4000 , je sais bien que vous trouvez tous que Bastille est infecte ( moi pas vraiment , mais peut être je n'en connais pas tous les recoins ).

Il ne faut pas comparer avec le printemps 86 ...ça fait tout de même 26 ans ...et vivre le passé nous condamne à rester à la maison , non?
Les enfants ont eu la chance d'assister à la soirée du 30 avril 86 à Favart ..et nous sommes allés ensembles au Met pour la représentation Dessay-Florez-Pelly ;on y a pris un grand plaisir .

Il y a un vrai talent musical , théatral , un vrai bonheur , tu le dis d'ailleurs : les spectateurs de l'Opéra de Paris sortent enchantés de leur soirée .

Qui chante aujourd'hui mieux tout ça avec un allant , une langue parfaitement prononcée et une scénographie plus réjouissante ?
Moi je ne le sais pas - je redoute ma prochaine "Fille" à Dallas en mai prochain ...car je crains déjà la nostalgie de Florez-Dessay-Pelly ...tu imagines !



Soyons de bonne humeur ...tout ça n'est pas si nécessairement mauvais ...

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ceci dit je lis avec attention tes réserves

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