Témoignages

 

Laurent Naouri et Jean-Claude Casadesus ont accepté de participer à la publication de cet hommage à Alexia Cousin.

"Arrêtez ! Ecoutez mes décrets éternels." Trois notes. Ni très aiguës, ni très graves. De quoi passer totalement inaperçue. Diane, le deus ex machina d’Iphigénie en Tauride. Mes premiers concerts avec Alexia. Je dois admettre qu’à chacun d’entre eux, ce n’était pas "Malheureuse Iphigénie" ou "Dieux qui me poursuivez", ou bien encore "Unis dès la plus tendre enfance" que j’attendais, malgré le talent immense de leurs interprètes. Non, à chaque concert c’étaient ces trois fameuses notes : "Arrêtez !" que je guettais, leur impact sur moi, et aussi sur le public, de façon si directe, palpable. Si jamais l’expression anglaise "showstopper" a signifié quelque chose, c’était bien à cette occasion ! Cette jeune femme de 19 ans à peine en savait au fond plus sur la musique que je n’en saurai jamais. On peut parler de miracle, pour une fois le mot n’est pas galvaudé.
J’ai eu par la suite le plaisir de la retrouver, notamment dans Pelléas et Mélisande, rôle qu’elle ne voulait plus chanter alors. Et comment ne pas faire le parallèle entre l’artiste et la petite fille trouvée au bord de l’eau, toutes deux si nimbées de mystère, mais toutes deux aussi finalement peu désireuses de l’entretenir, ce mystère. Il leur colle à la peau comme malgré elles, d’autant plus impénétrables qu’on tente de le percer. Mais il y a peut être des choses qu’il ne faut pas expliquer, simplement les recevoir comme un beau cadeau dont on ignore la provenance. Elle me manque.

Laurent NAOURI

 

 

Mélisande, avec Laurent Naouri, à Anvers.
Photographie © Annemie Augustijns

 

J’ai eu le plaisir d’offrir à Alexia Cousin l’une de ses premières émissions télévisées avec Jacques Chancel à Lille où j’ai été à même de découvrir le potentiel extrêmement élevé de cette artiste promise aux plus belles destinées musicales.
Nous avons eu l’occasion de faire plusieurs tournées ensemble où j’ai pu l’accompagner dans des œuvres de Poulenc et de Richard Strauss, notamment, au Théâtre des Champs-Élysées.
Je sais les succès qu’elle a remportés à l’Opéra de Paris dans Juliette ou la clef des songes de Martinu ; à l’Opéra de Genève dans Pelléas et Mélisande de Debussy ; à l’Opéra de Marseille dans L’Aiglon de Ibert et Honegger ; pour n’en citer que quelques-uns…
Comme tous les admirateurs de son talent, je formule des vœux pour que cette interruption de sa carrière puisse être suivie d’une renaissance qui ne pourra que réjouir tous les mélomanes et amoureux des grandes et belles voix. Ou, en tout état de cause, qu’elle trouve les joies artistiques ou autres qu’elle mérite.

Jean-Claude CASADESUS

 

 

Photographie © DR/ IMG Artists

 

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