Liste des rôles interprétés en version scénique, dans l’ordre chronologique

 

Iphigénie (Gluck, Iphigénie en Tauride)

Blanche de la Force (Poulenc, Dialogues des Carmélites)

Frédéric Chaslin : «J’ai dirigé Alexia Cousin dans les Dialogues. Elle avait fait grande impression, tant sur le plan vocal que sur le plan musical. Rien à dire en particulier, c'était une jeune femme très renfermée qui venait aux répétitions et repartait sans un mot de plus que nécessaire».

 

 

Blanche. Photographie © DR

 

Mélisande (Debussy, Pelléas et Mélisande)

«Avec [les interprètes qui m’accompagnaient à Genève en 2000], j’ai pu faire évoluer ma vision de Mélisande [qu’elle interprétait pour la première fois en public]. Au début, je la ressentais comme une fille presque perverse et sadique, qui mentait tout le temps et faisait souffrir Pelléas en toute conscience. Maintenant, je la vois plus complexe, plus sincère et perdue. Je butais d’autre part sur le texte, qui me semblait trop flou. On peut partir dans tous les sens sur ce livret, et c’est très perturbant. J’ai appris à resserrer le dédale de possibilités qui s’offraient à moi pour m’orienter vers plus de simplicité. Je me suis mise à décrypter le symbole derrière l’image, la pureté derrière la colombe».

Extraits de critiques : «Alexia Cousin est une délicate et mystérieuse Mélisande. Les trois [chanteurs, Alexia Cousin, Laurent Naouri, Nicolas Rivencq] ont parfaitement assimilé le style d’interprétation de cette musique unique : leur diction, leur musicalité et leur articulation du texte aux notes sont irréprochables» (Christophe Vetter, pour les représentations de Gand en 2001).

On se reportera également au texte de Laurent Naouri, plus bas.

 

 

Mélisande à Genève. Photographie © DR

 

Micaëla (Bizet, Carmen)

Hélène (Verdi, Jérusalem)

Salomé (Massenet, Hérodiade)

 

 

Salomé. Photographie © DR

 

Extraits de critiques : «L’engagement d’Alexia Cousin en Salomé emporte tout sur son passage. La voix, la projection, sont de fait exceptionnelles, l’incarnation scénique incandescente. Et ce sont ces qualités même qui, justement, autorisent les plus vives réserves. La beauté de l’artiste, sa rayonnante jeunesse, ce rapport enthousiaste à la scène, l’amènent à "sur-dimensionner" presque constamment un chant déjà plus que généreux de nature et d’une facilité déconcertante. Elle puise sans mesure, bousculant à plusieurs reprises sa ligne de chant, exacerbant l’aigu et ne parvenant pas à stabiliser les piani. Au premier air de Salomé, "il est doux, il est bon", modulé et contenu, répond un second, "charme des jours passés", qui semble vouloir repousser les limites humaines. L’artiste, encore une fois, fascine assurément et peut soulever une salle. Pour autant, Alexia Cousin cherche-t-elle à se prouver quelque chose ? Le chemin abordé semble semé d’embûches et, par certains aspects, artificiel, sinon fort dangereux… D’autres s’y sont brisé les ailes !» (José Pons, Opera International, avril 2001, sur la représentation du 4 mars).

Desdemona (Verdi, Otello)

Extraits de critiques : «À 22 ans, ce soprano en pleine ascension a convaincu par sa voix pleine, soutenue et projetée mais capable de nuances (l’air du saule). Son interprétation du personnage n’est pas effacée et soumise comme à l’accoutumée, mais véhémente et fière comme la fille d’un noble vénitien. Lorsque son mari va trop loin, elle commence par lui tenir tête puis, par amour, cède à l’humiliation et finit par se mettre genoux à terre comme il l’exige » (Elie-Gérard Souquet, Altamusica, 10 juin 2001).

 

 

Desdemona, avec C. Hayes. Photographie © DR

 

Sacerdotessa (Verdi, Aida)

Troisième Norne (Wagner, Crépuscule des Dieux)

Tatiana (Tchaïkovski, Eugène Oniéguine)

Juliette (Martinu, Juliette ou la clef des songes)

 

 

Juliette, à l’Opéra de Paris. Photographie © Eric Mahoudeau.

 

Traviata (Verdi, Traviata)

Extraits de critiques : «Le spectacle [de Lausanne] n’aurait pas atteint de tels sommets sans l’engagement scénique époustouflant d’Alexia Cousin. Alexia Cousin s’investit tellement dans son personnage qu’on en oublie les vocalises imprécises du premier acte, la diction approximative, la voix terriblement dure et surtout une désagréable tendance à trop souvent chanter fortissimo. Dans un autre lieu et une autre production, sa prestation aurait été sanctionnée sévèrement » (Claudio Poloni, 2003).

Manon (Massenet, Manon)

(De nombreuses photos de cette production peuvent être regardées sur le Site de l'agence Enguerand Bernand.)

C’est peut-être le rôle qui a le plus contribué à la célébrité d’Alexia Cousin et, en même temps, c’est son choix de rôle le plus critiqué, le plus controversé. C’est aussi la première fois qu’elle a fait face à une quasi-unanimité de la critique contre elle.
Toujours aussi peu timide et circonspecte, la jeune Alexia accepte en effet sa prise de rôle en Manon à l’Opéra de Paris, pour un rôle chéri des mélomanes français qui ont encore dans les oreilles des interprètes comme Bidu Sayao, Anna Moffo, Beverly Sills, Ileana Cotrubas et plus récemment Angela Gheorghiu, Leontina Vaduva ou, dans la même production, Renée Fleming, c’est-à-dire des voix bien plus "légères" que la sienne. D’où une stupeur et une hostilité du public et de la critique face à une interprétation vocalement en force et très (trop ?) engagée scéniquement. La plupart des critiques parlent de l’attente que représente sa prise de rôle et de la déception qui a suivi :

«Alexia Cousin, hors son physique agréable et l’âge scénique du rôle, n’a rien d’une Manon. Certes dotée de moyens vocaux puissants, et peut-être à cause de cela, elle a souvent donné l’impression de perdre le contrôle, cédant à une météorologie vocale perturbée, notes sauvagement poussées, aigus cycloniques et phrasés en giboulées, que ne justifient ni le texte, ni la musique. Malgré de beaux moments, on a le sentiment d’être en permanence au bord de la crise de nerfs ou d’une scène de la folie, bien loin du fin modelé musical de Massenet» (Marie-Aude Roux, Le Monde, 16 avril 2004).

«Ce soprano (…) a alterné des moments de pure beauté quand elle a daigné chanter piano ou dans le morceau de bravoure qu’est son air d’entrée au Cours-la-Reine. Mais pour ces rares moments, quel chant déplacé quand elle donne à la pauvre Manon — qui n’en demande pas tant — tout le volume de sa voix, au détriment de la justesse et il faut bien le dire des tympans des spectateurs ! (…) Une interprète à oublier, dans l’état actuel de son interprétation ». (Olivier Brunel, Resmusica, 22 avril 2004).

«A la première, Alexia Cousin s’est faite huée et la critique ne s’est pas montrée tendre envers elle. Deux soirées plus tard la tendance s’était inversée, quelques rares huées, et de francs bravos pour la jeune soprano. Sa Manon est grisante, fascinante, perverse, elle efface le portrait habituel de la jeune fille fragile et perdue par ses désirs, elle commande à son destin dès le second tableau du premier acte. La composition un peu pataude de tout le premier tableau, où Cousin joue la jeune fille de province encore enfant (...), est vite oubliée dès qu’elle règne sur l’alcôve et sur Des Grieux. (...) Sa caractérisation dramatique laissait pantois, tenait le spectateur en haleine. Si tout le I l’avait montrée souffrant de problèmes de passage, les aigus durcis, elle y instilla aussi des diminuendo surprenants, des soufflets rarement entendus, un art prosodique inédit, sans la moindre des minauderies qu’on y entend trop souvent. Le plus admirable dans son chant, outre la caractérisation dramatique pour le moins incendiaire, est bien la clarté de la diction chez une voix si grande. (...) Jusque dans la mort au tableau du Havre elle continua à se montrer volontaire, (...) décidée, consciente du destin qu’elle a choisi. Cette mort ressemblait presque à un suicide. ("L’autre visage de Manon : Alexia Cousin ose une Manon différente", Concert-Classic, Jean-Charles Hoffelé, avril 2004.)

«Elle vient d’être une adorable Manon à la Bastille et sera l’Aiglon de Honegger, à Marseille, à la rentrée» (Gérard Mannoni, Elle, août 2004).



 

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