Bernstein – Candide – Tuohy - vc – Marseille/TCE – 10/2018

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Bernstein – Candide – Tuohy - vc – Marseille/TCE – 10/2018

Message par valery » 12 oct. 2018, 19:38

Candide
opérette en 2 actes de Leonard Bernstein
Livret de Hugh Wheeler, lyrics de Richard Wilbur, Stephen Sondheim, John Latouche, Dorothy Parker, Lillian Hellman et Leonard Bernstein.

Chef d’orchestre : Robert Tuohy
Cunégonde : Sabine Devieilhe
La Vieille Dame : Sophie Koch
Paquette : Jennifer Courcier
Candide : Jack Swanson
Voltaire / Pangloss / Martin / Cacambo : Nicolas Rivencq
Le Gouverneur / Ragotski / Vanderdendur / Señor 1 / Le Juge / Le Grand Inquisiteur : Kévin Amiel
Maximilien / Le Capitaine / Señor 2 / Le Croupier : Jean-Gabriel Saint-Martin
Chef de choeur : Emmanuel Trenque
Choeur et orchestre de l'opéra de Marseille

Opéra de Marseille, 14 octobre 2018
Version concertante – Première représentation à l’Opéra de Marseille.
En collaboration avec le Théâtre des Champs-Elysées / Les Grandes Voix.

Le spectateur ressort de cette version concertante sur un nuage, tant les différents ingrédients de la recette semblent se conjuguer pour un résultat optimal et jubilatoire.
Jamais racoleuse, la direction de Robert Tuohy est équilibrée : il sait lâcher la bride pour les passages les plus flamboyants mais également obtenir les plus infimes nuances des chœurs et de l'orchestre.
Les chœurs ont fort à faire dans Candide et le moins qu'on puisse dire est que leur travail est irréprochable : mise en place, homogénéité des pupitres, sûreté de la polyphonie a cappella, pianissimi diaphanes.
L'ensemble des solistes semblent prendre un plaisir communicatif à chanter, mais aussi à jouer ce qu'ils chantent.
Nicolas Rivenq est tout simplement bluffant de naturel dans ses nombreuses interventions dans la langue de Shakespeare. Il sait mettre en valeur les traits d'esprit du livret et établir la connivence avec le public.
Les "seconds rôles" ne sont nullement sacrifiés. Jennifer Courcier (dont la grossesse établit une heureuse coïncidence avec l'intrigue), Jean-Gabriel Saint Martin et Kévin Amiel ne se contentent pas de jouer les utilités. Ils tirent leur épingle du jeu, notamment le dernier qui fait montre d'un solide registre aigu.
Jack Swanson et Sabine Devieilhe forment un jeune couple très crédible. Le premier, par sa bouille, ses mimiques et son chant, trace un portrait de Candide attachant. La seconde obtient un triomphe après son grand air "Glitter And Be Gay", qui semble facile ainsi chanté, mais toute sa composition vocale et scénique est impeccable, avec la musicalité qu'on lui connaît.
Que dire enfin de la vieille dame de Sophie Koch, remplaçant Anne Sofie von Otter souffrante ? On pouvait craindre que la substitution tardive ne la mette en difficulté et ne l'oblige à s'accrocher à la partition ou au chef. Le plus beau compliment qu'on puisse lui adresser est qu'on n'entend à aucun moment qu'elle remplace. Le spectateur qui l'a suivie au fil des années dans ses rôles sérieux voire tragiques prend d'autant plus de plaisir à la voir succomber avec chic aux plaisirs coupables du tango !
Ce concert prouve qu'une version concertante peut ne pas souffrir de l'absence de mise en scène.
On souhaite aux spectateurs qui se rendront cette semaine au Théâtre des Champs-Élysées de connaître cette douce euphorie.

Valéry Fleurquin

muriel
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Re: Bernstein – Candide – Tuohy – Marseille – 10/2018

Message par muriel » 14 oct. 2018, 18:48

MAGNIFIQUE !
Sophie Koch remplaçant au pied levé Anne Sofie Von Otter, on a eu droit à une distribution fabuleuse, tous parfaits, désopilants.
Ovation pour Sabine Devieilhe bien entendu, mais aussi Jack Swanson, superbe Candide au physique du rôle.
Nicolas Rivenq est un parfait conteur, truculent .
Orchestre superbe à tous les niveaux.
petit bémol sur les cuivres qui couvrent parfois les chanteurs.
Chœur formidable, qui a du mal à ne pas swinguer.
Énorme succès, que du bonheur.
J'espère qu'il y aura un enregistrement au TCE.

muriel
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Re: Bernstein – Candide – Tuohy – Marseille –14/10/2018

Message par muriel » 15 oct. 2018, 11:03

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Bernstein - Candide - VC / Tuohy - TCE - 17/10/18

Message par MariaStuarda » 15 oct. 2018, 23:06

Candide
Leonard Bernstein

Théâtre des Champs-Elysées
Mercredi 17 octobre 2018

Robert Tuohy : direction
Orchestre Philharmonique de Marseille
Chœur de l’Opéra de Marseille

Jack Swanson : Candide
Sabine Devieilhe : Cunégonde
Nicolas Rivenq : Pangloss / Martin / Cacambo
Sophie Koch : La vieille dame
Jennifer Courcier : Paquette
Jean-Gabriel Saint Martin : Maximilien / Le Capitaine / Senor II / Le croupier
Kevin Amiel : Le Gouverneur / Vanderdendur / Ragostski / Senor I / Le Juge / le Grand Inquisiteur

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Re: Bernstein - Candide - VC / Tuohy - TCE - 17/10/18

Message par Asvo » 17 oct. 2018, 23:30

Énorme déception que ce Candide.

Je croyais adorer l'oeuvre, je l'ai beaucoup écoutée, regardée, mais ne l'avais jamais vue en concert. Eh bien, en version de concert, sans mise en scène, j'y ai trouvé des longueurs insupportables (la totalité des interventions de Candide, et beaucoup d'autres passages), que le disque n'avait pas révélés... De même, les nombreuses ruptures de rythme ainsi que la narration circulaire font souvent retomber l'enthousiasme (cf les applaudissements mous et hésitants après la scène de l'Autodafé).

Musicalement, le problème principal fut le volume des voix : de mon perchoir tout là-haut, où je n'ai jamais eu de problème pour entendre des voix confidentielles (Bartoli, Petibon, Jaroussky, etc.), là certains chanteurs, le nez dans leur partition, ne passaient pas la rampe. Et quand, dès le premier quatuor, on entend une voix sur deux, cela s'annonce mal. Notamment pour Sabine Devieilhe, clairement malade (elle toussait à la fin du premier acte), qui réduisait au maximum ses aigus pour donner un minuscule "Glitter and be Gay" (pour avoir une idée du format vocal demandé, pensons que c'est Anderson qui faisait Cunégonde lors de la re-création de l'oeuvre !).

A eu aussi du mal à se faire entendre le Pangloss chanté -- pourtant délicieux lors des passages parlés -- de Nicolas Rivenq. Mais saluons le fait d'oser proposer un Pangloss qui chante plutôt qu'un acteur qui ne sait pas chanter, comme ce fut le cas dans beaucoup de versions enregistrées.

Kevin Amiel donne beaucoup d'énergie (notamment dans "Bon voyage!") mais cela tombe parfois à côté, et en-dehors de sa zone de confort (Dans le "What's the use" où il était à peine audible).

Sophie Koch, en revanche, fut royale. Est-ce parce qu'elle a écouté l'enregistrement de Bernstein en boucle pour se préparer, mais sa vieille dame était dans la directe filiation de celle de Christa Ludwig. Vieillissant artificiellement la voix par moments, elle a vraiment réussi à créer un personnage, l'habitant avec une belle énergie.

Paquette attachante de Jennifer Courcier, qui s'en sort plutôt bien !

Le Candide de Jack Swanson enfin, était clairement celui qui tirait son épingle du jeu. Incarnant le personnage à merveille, sa voix sonore et nuancée quand il le faut a dominé la soirée. Dommage que les passages chantés par Candide aient aussi peu d'intérêt.

À la baguette, beaucoup d'énergie de la part de Robert Tuohy, de l'Orchestre Philharmonique de Marseille et du Chœur de l’Opéra de Marseille. Les passages avec choeur et orchestre furent clairement les plus réussis !

En somme, une soirée qui m'a guéri de cette curiosité amusante que je voyais comme un chef-d'oeuvre.

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Re: Bernstein - Candide - VC / Tuohy - TCE - 17/10/18

Message par philopera » 18 oct. 2018, 07:37

Asvo a écrit :
17 oct. 2018, 23:30
Énorme déception que ce Candide.

Je croyais adorer l'oeuvre, je l'ai beaucoup écoutée, regardée, mais ne l'avais jamais vue en concert. Eh bien, en version de concert, sans mise en scène, j'y ai trouvé des longueurs insupportables (la totalité des interventions de Candide, et beaucoup d'autres passages), que le disque n'avait pas révélés... De même, les nombreuses ruptures de rythme ainsi que la narration circulaire font souvent retomber l'enthousiasme (cf les applaudissements mous et hésitants après la scène de l'Autodafé).

Musicalement, le problème principal fut le volume des voix : de mon perchoir tout là-haut, où je n'ai jamais eu de problème pour entendre des voix confidentielles (Bartoli, Petibon, Jaroussky, etc.), là certains chanteurs, le nez dans leur partition, ne passaient pas la rampe. Et quand, dès le premier quatuor, on entend une voix sur deux, cela s'annonce mal. Notamment pour Sabine Devieilhe, clairement malade (elle toussait à la fin du premier acte), qui réduisait au maximum ses aigus pour donner un minuscule "Glitter and be Gay" (pour avoir une idée du format vocal demandé, pensons que c'est Anderson qui faisait Cunégonde lors de la re-création de l'oeuvre !).
100% d'accord
Je suis parti à l'entracte
Glitter and be gay confidentiel de Sabine Devieilhe (même en Corbeille il fallait tendre l'oreille...) Quand on pense effectivement à ce qu'en faisait June Anderson ou Natalie Dessay c'est terrible
Gérard Mortier a raison d'offrir Elektra sans entracte ( Eric Dahan Libération 25/6/2005)

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Re: Bernstein - Candide - VC / Tuohy - TCE - 17/10/18

Message par HELENE ADAM » 18 oct. 2018, 08:10

philopera a écrit :
18 oct. 2018, 07:37
Asvo a écrit :
17 oct. 2018, 23:30
Énorme déception que ce Candide.

Je croyais adorer l'oeuvre, je l'ai beaucoup écoutée, regardée, mais ne l'avais jamais vue en concert. Eh bien, en version de concert, sans mise en scène, j'y ai trouvé des longueurs insupportables (la totalité des interventions de Candide, et beaucoup d'autres passages), que le disque n'avait pas révélés... De même, les nombreuses ruptures de rythme ainsi que la narration circulaire font souvent retomber l'enthousiasme (cf les applaudissements mous et hésitants après la scène de l'Autodafé).

Musicalement, le problème principal fut le volume des voix : de mon perchoir tout là-haut, où je n'ai jamais eu de problème pour entendre des voix confidentielles (Bartoli, Petibon, Jaroussky, etc.), là certains chanteurs, le nez dans leur partition, ne passaient pas la rampe. Et quand, dès le premier quatuor, on entend une voix sur deux, cela s'annonce mal. Notamment pour Sabine Devieilhe, clairement malade (elle toussait à la fin du premier acte), qui réduisait au maximum ses aigus pour donner un minuscule "Glitter and be Gay" (pour avoir une idée du format vocal demandé, pensons que c'est Anderson qui faisait Cunégonde lors de la re-création de l'oeuvre !).
100% d'accord
Je suis parti à l'entracte
Glitter and be gay confidentiel de Sabine Devieilhe (même en Corbeille il fallait tendre l'oreille...) Quand on pense effectivement à ce qu'en faisait June Anderson ou Natalie Dessay c'est terrible
J'ai eu clairement ce problème depuis le premier balcon avant-dernier rang, pendant toute la soirée. Cela ne "sonnait" pas comme la comédie musicale que je connais (mis à part Candide en effet, je me suis fait la réflexion qu'il était le seul avec Koch, à avoir "pris" le style "musical"). Les dialogues savoureux en anglais, n'étaient pas toujours traduits avec l'humour de l'original de Lillian Hellman
Bel orchestre en effet mais en comparaison du magnifique West side story (version symphonique) entendu à la PP il y a dix jours avec un Mikko Franck déchainé à la baguette, cela sonne un peu "pauvre" (acoustique "enfermée" du TCE).
J'imagine qu'au parterre c'était beaucoup mieux (de même qu'à Marseille où l'acoustique est très satisfaisante).
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Bernstein - Candide - VC / Tuohy - TCE - 17/10/18

Message par muriel » 18 oct. 2018, 08:29

Par rapport au concert de Marseille, ça sonnait un peu moins bien.
Orchestres et choeur aussi bons
Sabine et Sophie se sont lâchées, En faisant plus dans leur jeu
Dans l'air de Cunégonde, Sabine à Marseille était un poil en avance sur l'orchestre dans le refrain, ici un poil en retard.
Public ravi à la sortie, semblant découvrir la qualité de cette oeuvre.

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Re: Bernstein – Candide – Tuohy - vc – Marseille/TCE – 10/2018

Message par Lucas » 18 oct. 2018, 13:50

valery a écrit :
12 oct. 2018, 19:38
Le spectateur ressort de cette version concertante sur un nuage, tant les différents ingrédients de la recette semblent se conjuguer pour un résultat optimal et jubilatoire.
Magnifique concert, en effet, avec une distribution sensiblement supérieure que celle de la version Bernstein handicapé par une Anderson bien métallique et une Ludwig à la retraite;

Rien de tout cela hier soir. Sophie Koch fut royale de timbre et d'humour et le timbre très cuivré de Jack Swanson fit merveille sous la direction encanaillée de Robert Tuohy. Seule petite réserve : la Cunégonde de Sabine Devieilhe manqua d'abattage dans un "Glitter and be gay" un peu terne et aux approximations rythmiques un peu gênantes (souvent en avance sur l'orchestre) mais son timbre très fruité qui m'a fait penser à Julie Fuchs, a véhiculé une réelle émotion dans les passages plus lyriques;

Pourvu qu'un éditeur pense à immortaliser la soirée tant je n'ai jamais entendu cette œuvre aussi bien chantée
Asvo a écrit :
17 oct. 2018, 23:30
Je croyais adorer l'oeuvre, je l'ai beaucoup écoutée, regardée, mais ne l'avais jamais vue en concert. Eh bien, en version de concert, sans mise en scène, j'y ai trouvé des longueurs insupportables (la totalité des interventions de Candide, et beaucoup d'autres passages), que le disque n'avait pas révélés... De même, les nombreuses ruptures de rythme ainsi que la narration circulaire font souvent retomber l'enthousiasme (cf les applaudissements mous et hésitants après la scène de l'Autodafé).
Tout l'inverse pour moi.

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Re: Bernstein – Candide – Tuohy - vc – Marseille/TCE – 10/2018

Message par MariaStuarda » 18 oct. 2018, 17:10

Et voilà ma critique de la soirée d'hier :

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