Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Représentations
Bernard C
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10284
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00

Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par Bernard C » 21 sept. 2013, 08:44

Reprise au Met de New York de Norma dans la production de Copley

Première de la série le 30 septembre 2013 avec la distribution suivante :


Direction: Riccardo Frizza 
mise en scène : John Copley

Norma: Sondra Radvanovsky 
Adalgisa: Kate Aldrich 
Pollione: Aleksandrs Antonenko 
Oroveso: James Morris


Meade succédera à Radvanovsky le 24 octobre

Petit CR après la représentation du 4 octobre 2013

Bernard
"nul être ne va au néant considérant la certitude de sa mort et l'incertitude de son heure" . Léonard au Clos-Lucé

juste pour vous :
https://youtu.be/BWBFzDENf08

Poliuto
Mezzo Soprano
Mezzo Soprano
Messages : 234
Enregistré le : 27 avr. 2005, 23:00

Re: Norma-Frizza/Copley- Met Opera -10/2013

Message par Poliuto » 21 sept. 2013, 13:04

encore James Morris!!!!

Avatar du membre
jerome
Basse
Basse
Messages : 8805
Enregistré le : 03 mars 2003, 00:00
Localisation : NANCY

Re: Norma-Frizza/Copley- Met Opera -10/2013

Message par jerome » 21 sept. 2013, 13:09

Poliuto a écrit :encore James Morris!!!!
oui 8O dans quel état vocal il doit être!!!

Bernard C
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10284
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00

Re: Norma-Frizza/Copley- Met Opera -10/2013

Message par Bernard C » 22 sept. 2013, 05:26

Il chantait encore Scarpia au Met l'an dernier ( et Wotan il y a moins de 4 ans )
A 66 ans attendons avant de spéculer dans le vide concernant le rôle de Oroveso

Bernard
"nul être ne va au néant considérant la certitude de sa mort et l'incertitude de son heure" . Léonard au Clos-Lucé

juste pour vous :
https://youtu.be/BWBFzDENf08

Avatar du membre
Asvo
Ténor
Ténor
Messages : 824
Enregistré le : 05 févr. 2011, 00:00
Contact :

Re: Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par Asvo » 01 oct. 2013, 15:56

Compte rendu de la première, le 30 septembre 2013.

Une première qui sert d'échauffement...

Il s'agit seulement de ma deuxième Norma scénique, la première ayant été celle de Mussbach au Châtelet, à une époque où je ne connaissais quasiment pas cette oeuvre.

Ce fut pour moi l'occasion de découvrir Sondra Radvanovsky, pourtant très souvent programmée au Met. Si la voix en elle-même ne me séduit pas complètement (notamment le vibrato pas des plus agréables, je ne peux que m'incliner en voyant la manière dont elle est maîtrisée. Une voix d'un volume assez époustouflant (même dans les pianissimi, Radvanovsky parvient à remplir la salle, c'est assez impressionnant), un souffle prfaitement maîtrisé permettant ces phrases looongues et si joussives, et une palette de nuances très riche, agrémentée d'une grande maîtrise de la messa di voce. Si l'incarnation peine à émouvoir dans le premier acte (sauf dans le trio final), avec notamment un Casta Diva qui ne m'a guère touché -- mais qui a déclenché un tonnerre d'applaudissements que je n'ai vraiment pas compris --, le deuxième acte nous permet de voir une Radvanovsky incandescente, passant d'une fraîcheur presque candide lors de son duo avec Adalgisa à la Norma torturée de la fin de l'opéra. les trois premières notes du "In mia man" à glacer le sang. Elle fut sans conteste la triomphatrice de la soirée.

L'Adalgisa de Kate Aldrich me laisse un peu plus perplexe. Quand on ouvre le programme, on tique déjà en lisant que c'est une mezzo-soprano qui a chanté les 4 rôles des Contes à Paris. Je me suis dit "chouette une Adalgisa au timbre plutôt clair, à la voix plutôt haute!" (je préfère infiniment Caballé à Horne en Adalgisa). Et bien en fait, pas du tout, la voix est plutôt sombre, et surtout, c'est là que le bât blesse, peu sonore. Du coup, même si le timbre n'est pas désagréable et l'incarnation suffisamment fraîche, on est déçu de devoir tendre l'oreille lors des duos, que ce soit avec Norma ou Pollione. En ajoutant à cela des aigus très tendus pour une ex-soprano, je n'ai pas été complètement conquis. Elle a cependant offert de beaux moments comme au deuxième acte dans le duo avec Norma.

Aleksandrs Antonenko est un Pollione vaillant, à l'aigu relativement aisé, malgré une voix plutôt "lourde". En mettant entre parenthèses un jeu d'acteur peu subtil, j'ai plutôt apprécié la prestation du chanteur (à noter une ou deux reprises qui ont été coupées de son côté, notamment au début de l'opéra). Lui, contrairement à tous les autres, était déjà opérationnel dès le premier acte et a délivré une belle performance globale.

James Morris est davantage le papi de Norma que son papa... J'exagère un peu mais la voix fait assez vieille. Du coup peu d'aigus pour Oroveso, mais un chant globalement bien mené. EDIT : je n'avais pas vu qu'il avait 66 ans... du coup il a quand même toujours pas mal de vaillance pour cet âge !

Les autres petits rôles sont corrects, ras.

Choeurs ok, ce qui, dans l'ensemble, fait un plateau vocal pas mal !

En revanche, du côté de l'orchestre c'est tout autre chose. Ricardo Frizza nous donne mal au coeur à force de rubato dégoulinant, sans subtilité, d'accelerandi inopinés, de fins de phrases inévitablement ralenties... Conséquence, un orchestre peu régulier, et des décalages en pagaille au premier acte (dans la reprise du Casta Diva, dans le duo Adalgisa-Pollione, dans le trio final). Dommage car les passages solo de l'orchestre sont pas mal. Pour faire la comparaison je préfère mille fois la direction trop rapide, parfois martiale, des baroqueux (Spinosi, Alessandrini) à cette illusion selon laquelle le romantisme n'est romantique que si on s'affranchit complètement des rythmes.
À noter une amélioration au second acte : moins de décalages, mais toujours des ralentis à gogo.

Rien à dire sur la mise en scène, typique du Met, illustrative, jolie, avec des acteurs assez peu dirigés. Elle ne perturbe pas l'écoute ni n'invite à une réflexion sur l'oeuvre.


En somme, une bonne soirée, parce qu'elle m'a fait découvrir Radvanovsky et écouter sur scène un chef-d'oeuvre trop peu joué !

Avatar du membre
raph13
Basse
Basse
Messages : 2791
Enregistré le : 03 déc. 2005, 00:00
Localisation : Paris

Re: Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par raph13 » 01 oct. 2013, 16:03

Asvo a écrit :Quand on ouvre le programme, on tique déjà en lisant que c'est une mezzo-soprano qui a chanté les 4 rôles des Contes à Paris.
Elle a chanté Nicklausse/la Muse, pas les 4 rôles :)
« L’opéra est comme l’amour : on s’y ennuie mais on y retourne » (Flaubert)

Avatar du membre
Asvo
Ténor
Ténor
Messages : 824
Enregistré le : 05 févr. 2011, 00:00
Contact :

Re: Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par Asvo » 01 oct. 2013, 16:04

raph13 a écrit :
Asvo a écrit :Quand on ouvre le programme, on tique déjà en lisant que c'est une mezzo-soprano qui a chanté les 4 rôles des Contes à Paris.
Elle a chanté Nicklausse/la Muse, pas les 4 rôles :)
Ouf tu me rassures ! Le programme a écrit n'importe quoi alors :) En mm temps c'était suprenant "les 4 héroïnes, Rosine, Sesto, Carmen..." j'aurais dû m'en douter.

Bernard C
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10284
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00

Re: Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par Bernard C » 04 oct. 2013, 01:21

Je lisais cet après midi pendant le voyage un petit texte d'Hector Bianciotti consacré à Norma .

Il y a un fragment que je trouve assez beau et juste sur la mélodie bellinienne :

" La mélodie qui est ce qui dans la musique rêve et pense , le seul élément d'une composition que l'oreille transmet à la mémoire et que celle ci peut ramener au présent (...) Bellini la confie , pour le principal , à la voix . "

et il ajoute dans une description lyrique :

"c'est par la voix qu'elle vit , s' envole , monte , s'attarde sur une note qui en appelle d'autres , qui accourent à quelque point extrême du chant , s'égrènent , esquissent des ornements qui sont la joie de l'oreille et la projection ou le réveil du désir. "

et pour conclure sur la mélodie bellinienne " entre-tissant son unité par une succession sans faille d'impressions sonores , elle fuit sans cesse le rythme , lequel essaye de l'attraper : elle le survole , echappe à ses prises , et ne revient sur terre qu'une fois son arc-en-ciel parfaitement dessiné. "

in "Ce qui dans la musique rêve et pense" .H.Bianciotti

bernard
"nul être ne va au néant considérant la certitude de sa mort et l'incertitude de son heure" . Léonard au Clos-Lucé

juste pour vous :
https://youtu.be/BWBFzDENf08

Bernard C
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10284
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00

Re: Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par Bernard C » 04 oct. 2013, 01:43

"nul être ne va au néant considérant la certitude de sa mort et l'incertitude de son heure" . Léonard au Clos-Lucé

juste pour vous :
https://youtu.be/BWBFzDENf08

Bernard C
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 10284
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00

Re: Bellini - Norma - Frizza/Copley - Met - 10/2013

Message par Bernard C » 05 oct. 2013, 05:54

Représentation du 4 octobre 2013 , un "Casta diva " hypnotique , un triomphe énorme pour Sondra Radvanovsky.


Quelques mots sur ce spectacle : trois choses rédhibitoires :

-Une mise en scène consternante
-Une Aldagisa (Kate Aldrich ) lamentable
-Une direction surtout des Choeurs catastrophique.


La mise en scène :

Je n'avais pas le souvenir d'une telle chose consternante , l'ayant vue il y a plus de 10 ans , mais comme c'était avec Eaglen et Zajick et je ne sais plus quel ténor , avec ces 2 là cette statique archaïque n'avait pas d'importance.

C'est le comble de la mise en scène à l'ancienne : un rectangle , au fond une lune tantôt grosse, tantôt petite , tantôt en quartier tantôt pleine ... des gaulois avec leur lance en formation chorale , un Pollione engoncé dans sa tunique de Romain façon bas empire , une Norma qui change de robe entre le I et le II (robe rouge pour le II of course) , et qui pour toute action va et vient entre le milieu de la scène et se planter au devant du public à chaque air et dans l'intervalle entre et sort de son fourreau au moins 10 fois son poignard (chaque fois qu'elle ne sait pas quoi faire ou qu'elle doit être en colère. )
Le pauvre Pollione ,lui , reste immobile dans sa carapace , un pied en avant, un pied en arrière , alternativement , de temps en temps tous ces gens là sont à genou .
Vous imaginez Aleksandrs Antonenko qui n'est déjà pas un acteur né ?

j'ai oublié , il y a aussi pour faire Gaule une table ronde en pierre et bien sûr 2 gamins.

Du plomb ! Une ringardise consommée , d'autant que nos chanteurs ne sont pas ceux d'il y a une décennie ...ils font semblant de jouer quelque chose qui ressemblerait à leur personnage ; évidemment laissés à eux mêmes ce n'est que moulinage dans le vide.

Les Chanteurs

Radvanovsky , la meilleure Norma que j'ai entendue sur scène depuis Anderson .
Le timbre n'est pas très beau , métallique , quelques escamotages dans les parties techniques et un vibrato particulièrement accentué dans le registre médian .
Mais une ligne , un souffle, des nuances ensorcelantes , des pianissimi et une ampleur dans les aigus forte de la colère à faire frémir de bonheur.
Quand pour reprendre l'expression de Bianciotti on est redescendu de "l'arc en ciel mélodique" la voix est beaucoup plus banale et l'artiste fait peu de chose du personnage ( sous réserve d'une direction d'acteurs totalement indigente)

Antonenko , je ne serai pas objectif , j'adore , son timbre , son style de chant , sa virilité , sa musicalité .
Ce n'est pas toujours du Bellini très raffiné , la ligne est souvent abrupte , mais l'engagement est total même s' il est condamné à faire le pied de grue pendant tout l'opéra avec son déguisement.

Aldrich : soyons élégant .Elle n'avait rien à faire ici , elle n'a pas la voix d'une Aldagisa , surtout face à d'aussi considérables chanteurs .Inexistante c'est une catastrophe , car aucune Norma ne tient sans bonne Aldagisa.
Inutile d'enfoncer le clou en vous décrivant les duos avec une Aldrich complètement asphyxiée .

Un mot de James Morris que Asvo a assassiné . Il a toujours un superbe timbre , une puissance qui remplit le Met , une vraie prestance . Mais la multitude des Wotan a laissé un vibrato devenu chevrottement , et évidemment ,difficile de faire abstraction :wink: .

Les Choeurs ont été très mauvais , disons toujours forte, sans nuances, sans couleurs.
Un chef quant à lui qui n'a eu que le mérite d'un tempo enlevé et une pulsation souvent mélodique. Mais très peu de rigueur et de finesse.

Bernard
"nul être ne va au néant considérant la certitude de sa mort et l'incertitude de son heure" . Léonard au Clos-Lucé

juste pour vous :
https://youtu.be/BWBFzDENf08

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : offenbach et 28 invités