Hervé - Mam'zelle Nitouche - Grapperon/Weitz - Rouen - 11/2018

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pingpangpong
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Hervé - Mam'zelle Nitouche - Grapperon/Weitz - Rouen - 11/2018

Message par pingpangpong » 03 déc. 2018, 17:22

Mam'zelle Nitouche
Vaudeville-opérette en 3 actes et 4 tableaux d’Hervé
sur un livret d’Henri Meilhac et Albert Millaud, créé le 26 janvier 1883 au Théâtre des Variétés

Direction musicale Christophe Grapperon
Mise en scène Pierre-André Weitz assisté de Victoria Duhamel
Costumes, scénographie et maquillage Pierre-André Weitz assisté de Pierre Lebon et Mathieu Crescence
Lumières Bertrand Killy
Chorégraphie Iris Florentiny assistée de Yacnoy Abreu
Chef de chant Alfonso Antoni Sykopoulos
Régie plateau Ingrid Chevalier
Habillage Nathalie Bègue
Denise de Flavigny Lara Neumann
Célestin Damien Bigourdan
La Supérieure / Corinne Miss Knife
Fernand de Champlatreux Samy Camps
Le Major, comte de Château-Gibus Philippe Girard
Loriot Olivier Py
La Tourière / Sylvia Sandrine Sutter
Le Directeur Antoine Philippot
Lydie Clémentine Bourgoin
Gimblette Ivanka Moizan
Officiers Pierre Lebon, David Ghilardi
Le Régisseur Piero (alias Pierre-André Weitz)
Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie
Production Bru Zane France
Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Toulon, Opéra de Limoges, Opéra de Rouen Normandie, Opéra Orchestre National Montpellier Occitanie, Opéra de Tours, Opéra Grand Avignon, Théâtre du Capitole de Toulouse
Résidence au Conservatoire Lully – Ville de Puteaux
Costumes réalisés par les ateliers d’Angers Nantes Opéra
Édition musicale Palazzetto Bru Zane


Parmi la centaine d'œuvres écrites par Louis-Auguste-Florimond Ronger, plus connu sous le pseudonyme d'Hervé, Mam'zelle Nitouche est l'une des rares à avoir quelque peu survécu dans la mémoire des mélomanes plus que sur les scènes de nos théâtres.
Peut-être certains ont-ils pu voir, grâce à quelques valeureux ciné-clubs, les films réalisés par les frères Allégret, respectivement Yves en 1931, puis Marc en 1953, et dans lesquels Raimu puis Fernandel endossèrent la soutane et le frac de Célestin, personnage éminemment sympathique que le compositeur a directement calqué sur sa propre expérience d'organiste à Saint-Eustache et de pianiste cachetonnant dans les théâtres parisiens.
L'Atelier Lyrique d'Angers avait exhumé en 2012 Chilpéric tandis que, trois ans plus tard, la troupe des Brigands, avec la verve et l'esprit qui la caractérise, avait remis à l'honneur Les Chevaliers de la table Ronde. En mars 2019, le théâtre de l'Odéon de Marseille a programmé le Petit Faust.
Hervé semble donc susciter actuellement un certain intérêt de la part des programmateurs. Et lorsque c'est le Palazetto Bru Zane qui coproduit, comme c'est le cas pour Mam'zelle Nitouche, on peut être sûr que les choses ne seront pas faites à moitié.

Passant du couvent des Hirondelles au théâtre, où l'organiste Célestin prend le nom de Floridor pour faire jouer sa musique, et à la caserne, la trame s'ingénie à mêler univers religieux et militaire.
Exploitée par Gioacchino Rossini dans le Comte ory, également programmé cette saison à Rouen, ou Louis Varney pour les Mousquetaires au couvent, auxquels on pourrait ajouter Verdi et sa Force du destin ou Poulenc et son Dialogue des carmélites, cette rencontre du sabre et du goupillon se reflète avec un certain simplisme dans la partition d'Hervé, mais, efficace et guillerette, elle met le public en joie, ce qui n'est pas à dédaigner par les temps qui courent.
Quant au livret, il est inventif, sans temps morts et a plutôt bien vieilli.

Il faut également reconnaître à Olivier Py et Pierre-André Weitz un savoir-faire, une fantaisie, un sens du rythme et du visuel, qui font mouche, leur culot sachant s'arrêter aux limites du trivial et de l'insolence.Tout dépend évidemment du degré de tolérance du spectateur.
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S'ils ne peuvent changer le plomb en or, ils apportent au vaudeville suffisamment de folie pour faire passer un comique troupier passé de mode depuis lurette, et une romance assez convenue, celle qui verra s'unir les tourtereaux Denise de Flavigny à Fernand de Champlâtreux. “Larirette“ et autres “Zim boum“ voisinent ainsi avec les “Je t'aime“ au cours d'un spectacle mené tambour battant, au propre comme au figuré, avec son triple décor changeant à vue, et ses personnages, même secondaires, hauts en couleurs. La soirée est également réussie grâce à un orchestre dynamisé par la battue roborative de Christophe Grapperon qui sait ne pas faire sonner clinquant ou vulgaire les couplets cocardiers, et exalter toute la tendresse requise des instants sentimentaux.
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Les chanteurs sont à l'unisson, tous n'ayant certes pas le même talent mais la même envie de s'amuser.
Ainsi d'Olivier Py qui se travestit à chaque tableau, tour à tour mère supérieure, digne de figurer aux côtés de Sœur Marie-Thérèse des Batignolles dans la B.D de Maëster, meneuse de revue au verbe haut et enfin pioupiou ahuri poussant la chansonnette à l'acte III, tandis que son complice et metteur en scène P.A Weitz fait le clown.
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Les deux amoureux, Denise et Fernand, sont campés par Lara Neumann, dont la voix compense par la séduction du timbre et l'abattage un certain manque de volume, et Samy Camps immédiatement séduisant, idéal de jeunesse et d'éclat vocal.
Voix percutante, Damien Bigourdan, déjà formidable Rodomont dans Les Chevaliers de la table ronde d' Hervé mis en scène par Pierre-André Weitz, campe un fébrile Célestin/Floridor tiré à hue et à dia.
Philippe Girard, vieille baderne malmenée par sa troupe de Bidasses en folie, ou la tourière de Sandrine Sutter, complètent avec piquant le tableau de ces “trognes“, secondaires mais indispensables, propres au vaudeville et à l'opérette en général.

Donnée à Toulon et Nantes en 2017, à Limoges en octobre dernier, puis Montpellier, cette Mam'zelle Nitouche fera encore des heureux un peu partout dans l'hexagone.

E.Gibert
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
Jules Renard

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