Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

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HELENE ADAM
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Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

Message par HELENE ADAM » 06 mars 2016, 11:49

Iolanta

Opéra en un acte (1892)

Musique Piotr Ilyitch Tchaikovski
Livret Modeste Tchaikovski
D'après Henrik Hertz, La Fille du roi René


Direction musicale Alain Altinoglu (sauf le 1er avril où c'est Marius Stieghorst )
Mise en scène Dmitri Tcherniakov
Roi René :Alexander Tsymbalyuk
Iolanta : Sonya Yoncheva
Vaudémont : Arnold Rutkowski
Robert : Andrei Jilihovschi
Ibn Hakia : Vito Priante
Alméric : Roman Shulakov
Bertrand :Gennady Bezzubenkov
Martha : Elena Zaremba
Brigitta : Anna Patalong
Laura : Paola Gardina



Casse-Noisette
Ballet en deux actes (1892)

Musique Piotr Ilyitch Tchaikovski Livret Dmitri Tcherniakov
Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui
Edouard Lock
Arthur Pita
Danseurs en alternanceMarion Barbeau
Marine Ganio
Stéphane Bullion
Julien Meyzindi
Nicolas Paul
Aurélien Houette
Yvon Demol
Takeru Coste
Alice Renavand
Sofia Rosolini
Simon Le Borgne
Caroline Bance
Charlotte Ranson


Mise en scène : Dmitri Tcherniakov
Décors : Dmitri Tcherniakov
Costumes : Elena Zaitseva
Lumières : Gleb Filshtinsky
Chef des Choeurs : Alessandro Di Stefano

Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet

Orchestre et Choeurs de l'Opéra national de Paris

Maîtrise des Hauts-de-Seine / Choeur d'enfants de l'Opéra national de Paris


Avant-Première jeune : le 7
Première : le 9

Durée : 4h05 avec deux entractes
J'y serai le 14 mars, CR après.

Le point de vue de Tcherniakov:

"J'ai cherché un opéra qui pourrait former un couple avec Iolanta, ce dernier ne pouvant remplir à lui seul une soirée. J’avais bien sûr en tête qu’historiquement, Iolanta avait été commandé avec le ballet Casse-Noisette par le Théâtre impérial de Saint-Pétersbourg pour être donné en 1892. Allez savoir pourquoi, l'idée de reprendre ce diptyque avait par la suite semblé impossible : ce n'est pas un hasard si, au cours de ces cent-vingt-cinq dernières années, il n'y a eu aucune tentative, ou presque, de réunir ces deux ouvrages."

"En consultant les carnets du compositeur conservés aux archives du musée de la ville de Kline, on s'aperçoit que les inspirations musicales pour Iolanta et Casse-Noisette cohabitent sur les mêmes pages, comme les parties d'une même entité. Il s'agissait de ses dernières œuvres pour le théâtre musical. Il les a composées un an avant sa mort : c'est le Tchaïkovski de la sixième symphonie, et Iolanta et Casse-Noisette forment une autre symphonie tragique distribuée entre l'opéra et le ballet. Ces deux histoires si différentes sont liées par la musique. "

"L’idée d'inventer des circonstances scéniques nouvelles pour Casse-Noisette est la conséquence de cette nécessité d'essayer de trouver un procédé pour capter tout ce que l'on entend dans la musique : la douleur, la perte, la peur, la plénitude, l’allégresse débridée, la fragilité, le déchirement, la suffocation, la compassion… "


https://www.operadeparis.fr/magazine/po ... e-la-danse

Images des répétitions
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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu-Tcherniakov-ONP-03/16

Message par HELENE ADAM » 07 mars 2016, 21:47

En attendant les retours de l'avant-Première jeune de ce soir, j'ai cru comprendre que le découpage était :
- Opéra Iolanta pendant 1 heure sans le final
- Entracte
- final de l'opéra Iolante, acte 1 du ballet Casse Noisette
- Entracte
- Acte 2 du ballet

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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu-Tcherniakov-ONP-03/16

Message par jan » 08 mars 2016, 08:33

Superbe spectacle ! Très poétique ...évidemment casse noisette totalement revisité par Tcherniakov comme un cauchemar (ou un voyage initiatique ?) où l' on voit autant la Russie Stalienne que des jouets géants ( avec cosmonautes qui dansent). Superbes chorégraphies mettant en avant la grande héroïne de la soirée Marion Barbeau .
Iolanta très poignant avec un cast homogène d'où se détache l émouvante Yoncheva. Orchestre d Altinoglu magnifique tout au long de la soirée . Je pense que c'est une des grandes réussites de la saison de l OnP .

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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu-Tcherniakov-ONP-03/16

Message par PlacidoCarrerotti » 08 mars 2016, 09:01

J'ai du mal à imaginer comment je vais supporter un entracte avant le finale de Iolanta ...
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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu-Tcherniakov-ONP-03/16

Message par jan » 08 mars 2016, 09:10

Pas très supportable au depart en effet mais on comprend bien le concept dans l enchaînement avec casse noisette ...finalement Iolanta n est qu une piece de théâtre jouée par la famille et les amis de l héroïne de casse noisette ! ( évidemment ça facilite la mise en Scene pour le moment où Iolanta retrouve miraculeusement la vue )

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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

Message par David-Opera » 08 mars 2016, 11:10

Double page dans Le Monde daté d'aujourd'hui dédiée à ce diptyque, et rédigée conjointement par Marie-Aude Roux et Rosita Boisseau.

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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

Message par raph13 » 08 mars 2016, 11:24

Une fois de plus Dmitri Tcherniakov triture le livret au-delà du raisonnable pour que cela colle à son "concept"...
Iolanta se déroule à huit clos dans un petit salon: une table, un sapin de Noël, deux fauteuils et 4 chaises.
On entre et sort par deux portes situées à droite et à gauche de la pièce, ou par les fenêtres (Vaudémont et Robert).
Le problème c'est que la direction d'acteurs est quasi-inexistante, il ne se passe pas grand chose et il est juste demandé à Iolanta soit de rire niaisement soit de pleurer hystériquement. A la fin du duo, c'est au tour du Chevalier de brailler (par dessus la magnifique musique, sinon c'est pas drôle), sans que je ne saisisse vraiment l'intérêt.
On comprend la volonté de ne pas intercaler d'entracte entre la fin de Iolanta et le début de Casse-Noisette: les interprètes de l'opéra sont en fait les membres de la famille de Marie (alias Clara dans la VO) qui donnaient une représentation pour son anniversaire, chaque chanteur représentant un double des personnages de Casse-Noisette (ils viendront d'ailleurs saluer par "couple" à la fin).
Le passage d'une oeuvre à l'autre est très réussi, le petit salon reculant vers le fond de scène pour dévoiler un salon plus grand à l'avant-scène.
La première partie de Casse-Noisette, baptisée "L'anniversaire de Marie" est en revanche un vrai foutage de gueule: c'est la fête à neuneu pendant plus de 20min, chenille et paquito inclus. Franchement, utiliser le ballet de l'OnP pour ce genre de singeries signées Arthur Pita, ça me rend malade...
Les gesticulations épileptiques d'Edouard Lock ne valent pas mieux, n'ayant strictement aucune connexion avec la musique et intervenant au milieu de toute une foule de personnages/peluches géants qui déambulent sans but ou lors d'une scène intitulée "La Forêt", où des images d'arbres et de sols moussus sont projetés sur scène, avec le passage remarqué d'un hippopotame sur l'écran du fond, pendant que Marie se contorsionne au milieu de clones de Vaudémont (tous affublés d'une perruque rousse immonde: ils ont réussi à enlaidir le superbe Stéphane Bullion, il faut le faire!).
La traditionnelle chute des flocons est remplacée par des lancers de billes et d'énormes pavés de polystyrène depuis les cintres, le tout sur des sons de tremblements de terre (là aussi par dessus la musique, ça n'a vraiment pas d'importance...).
La valse des fleurs est miraculeusement une valse (au point où j'en étais, du break dance ne m'aurait pas surpris), avec une innovation majeure: trois groupes de danseurs se suivent, représentant chacun un âge différent; adolescence, adulte, vieillesse. Révolutionnaire !
Au milieu de ce capharnaüm, on a droit à de très acrobatiques pas de deux signés Sidi Larbi Cherkhaoui, impressionants par leur virtuosité mais peu émouvants à mon sens.
Marie finit seule au milieu de son salon, l'intégralité du ballet n'ayant été que son rêve/cauchemar.
Je ne suis pas contre les relectures de classiques (j'ai adoré Giselle et Roméo et Juliette par Mats Ek), mais là c'est vraiment très léger en termes d'idées et surtout en ce qui concerne les chorégraphies !

Dommage car le Ballet est une fois de plus exemplaire, avec notamment Alice Renavand qui est la classe incarnée, Marion Barbeau touchante et gracieuse, Stéphane Bullion toujours un peu réservé mais impeccable lors des difficiles pas de deux.

En ce qui concerne Iolanta, la distribution est excellente et Sonya Yoncheva la domine sans effort: voix pulpeuse et sensuelle, projection insolente, homogénéité des registres et aigu flamboyant, c'est tout bonnement somptueux.
Elle réussit à camper une jeune fille naturelle et attendrissante malgré les bizarreries réclamées par la mise en scène.
A ses côtés, Arnold Rutkowski est un Vaudémont solide et claironnant, également capable de belles nuances (un magnifique diminuendo sur l'aigu final de son air). On regrettera cependant un engorgement trop prononcé par moment et un extrême aigu qui a tendance à partir en arrière et à perdre son impact.
Andrei Jilihovschi est un Robert fringant et vocalement éclatant, avec un aigu d'une grande facilité, qui réussit superbement son air.
Malgré un grave un peu anémié, Alexander Tsymbalyuk est un Roi René émouvant grâce à sa voix profonde et son timbre prenant.
Impeccable Docteur de Vito Priante et seconds rôles sans histoire.

L'autre réussite, c'est la superbe direction d'Alain Altinoglu à la tête d'un orchestre de l'OnP des grands jours: excellence des solistes, concentration des pupitres et grande force dans l'interprétation.

Dommage que le côté scénique soit aussi décevant !
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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

Message par JdeB » 08 mars 2016, 11:28

Pour une grande production de Iolanta, on peut toujours aller à Lyon en mai pour la reprise du fameux spectacle de P. Sellars (ce que je ferai)
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

Message par David-Opera » 08 mars 2016, 11:38

Malheureusement sans Currentzis..., mais j'irai également.
La version de Tcherniakov a pour avantage non seulement de faire le lien avec Casse-Noisette, mais de rester également dans un contexte sociétal russe, tchekhovien, comme pour Eugène Onéguine, alors que Sellars est beaucoup plus dans l'abstraction.

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Re: Tchaikovsky - Iolanta/Casse-Noisette - Altinoglu/Tcherniakov - ONP - 03/2016

Message par JdeB » 08 mars 2016, 11:58

Mais pourquoi faire le lien avec Casse-Noisette ? Ce tandem a-t-il un intérêt ? Qu'éclaire-t-il ? La note d'intention ne m'a guère convaincu. A l'époque de la création, une soirée de moins de 2 heures n'était guère envisageable et on accouplait aux forceps les œuvres les plus disparates.

Oui, moi j'aime beaucoup l'abstraction mais on voit se dessiner une tendance lourde inverse cf Les Maîtres-chanteurs comme dernier exemple en date à Paris.
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