Festival d'Ambronay 2012 - concert Ensemble Desmarest 22/09

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EdeB
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Festival d'Ambronay 2012 - concert Ensemble Desmarest 22/09

Message par EdeB » 25 sept. 2012, 20:43

Hommage à Henry Purcell

William Lawes (1602-1645) : Suite n°1 en sol mineur
Henry Purcell (1659-1695) : « Music for a while »
Matthew Locke (1621-1677) : Suite en mi mineur

John Blow (1649-1708)
« What is’t to us » (Amphion Anglicus)
Ground en ré mineur
An Ode on the Death of Mr. Henry Purcell

Ensemble Desmarest
Rodrigo Ferreira, Damien Ferrante : contre-ténors
Thibault Viviani, Grace Milandou – flûtes à bec
Ronald Martin Alonso, Robin Pharo – violes de gambe
Mathieu Serrano – contrebasse
Thibault Roussel – théorbe
Ronan Khalil – clavecin, orgue et direction musicale

Festival d’Ambronay – salle Monteverdi – 22 septembre 2012



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Fidèle à sa mission, désormais reconnue « d’utilité européenne » de tremplin de la nouvelle vague baroque, le festival d’Ambronay accueillait l’Ensemble Desmarest, fondé en 2010 à Paris. Ces jeunes musiciens présentaient un programme varié qui s’articulait autour du répertoire anglais du XVIIe siècle.
Si la Suite pour clavecin de Lawes faisait un peu pâle figure en introduction, parvenant à grand peine à capter l’imagination de l’auditeur, le célébrissime « Music for a while » intriguait, et suscitait de fertiles interrogations. Non point tant par un théorbe à la chatoyante éloquence, parfait soutien distillant une émotion intense, mais par un récit conduit avec une flamboyance confinant parfois au maniérisme, approche inattendue dans cette pièce. Par sa suavité habitée et parfois surinvestie, Rodrigo Ferreira créait déjà une attente, par une personnalité vocale immédiatement perceptible et très séduisante…

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La suite en mineur de Locke, un peu terne, achoppait quelque peu à mettre en valeur les couleurs de l’ensemble, au contraire du superbe Ground de Blow ; soulignons la présence jubilatoire de violes éclatantes et d’une contrebasse qui ne l’était pas moins...
On ne s’appesantira pas outre mesure sur l’air tiré de l’Amphion Anglicus : Damien Ferrante y fit néanmoins preuve d’un engagement dramatique méritoire et parvint à brosser sa miniature avec efficacité.

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Le concert trouva son apogée dans une Ode on the Death of Mr. Henry Purcell, réelle secousse d’intensité doloriste, d’élan impétueux entraînant après lui une émotion diffuse. L’intelligence du discours musical devait tout au naturel de ses nuances, à la beauté des timbres entremêlés et à son articulation. Une grande partie de ce trouble prenant et du saisissement fut amené avec science et ferveur par Rodrigo Ferreira, qui, de sa voix, sut bâtir un « tombeau » dont les fondements, bien que menacés par l’entropie, se paraient encore du vivace du souvenir.

Emmanuelle Pesqué
Photographies © Bertrand Pichène.
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
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