Récital B. Jarrige/J-L Ayroles - Galerie Prodromus - 11/03/18

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EdeB
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Récital B. Jarrige/J-L Ayroles - Galerie Prodromus - 11/03/18

Message par EdeB » 14 mars 2018, 14:47

Hector Berlioz – Les Nuits d’été
Maurice Ravel – Gaspard de la nuit et Histoires naturelles

Béatrice Jarrige – mezzo-soprano
Jean-Luc Ayroles – piano

Musique à la Galerie Prodromus
Concert donné dans le cadre de l’exposition de Josquin Pouillon
Galerie Prodromus, Paris, 11 mars 2018


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A la Galerie Prodromus, la correspondance entre les arts est une certitude féconde, et leur rapprochement nourrit de précieux instants. En attestait le concert de mélodies de Berlioz et Ravel qui reflétait les paysages automnaux et les mystères aux voies sinueuses peintes par Josquin Pouillon.

On retrouvait dans ce programme musical le même tremblement de l’attente, et les regrets et les élans aussi, si bien mis en musique dans les Nuits d’Eté qui ouvraient ce beau programme. En un effet de miroir délectable, ces piliers végétaux déposés par le pinceau – qui auraient fasciné un Baudelaire – prolongeaient ces promenades avec l’amour et la mort, la perte et l’espoir, le regret et le souvenir. Au cimetière et Sur les lagunes se coloraient ainsi de rehauts chauds et de silences bien picturaux. Si les inévitables aléas de saison entachaient quelques notes de la soliste, son interprétation élégiaque ne pâtit pas de ce début de rhume, bien qu’on ait pu souhaiter un peu plus d’alacrité dans Villanelle et L'Île inconnue.

Les Histoires naturelles de Ravel ne peuvent qu’enchanter quand c’est le talent de diseuse, l’humour espiègle de Béatrice Jarrige qui nous peignent d’un trait preste ce paon imbu de lui-même, ce grillon pusillanime, ce cygne goulu, ce martin-pêcheur leurré et cette pintade agressive et grognonne. Elle y est peintre naturaliste et moraliste subtile, conservant le mouvement tout comme la saveur de ces croquis pris sur le vif.

Entre les deux cycles de mélodies, l’un consacré aux vicissitudes humaines, l’autre aux saynètes animales, Jean-Luc Ayroles nous délivrait un superbe Gaspard de la nuit. On ne savait qu’admirer le plus, les miroitements ondoyant d’une Ondine sinueuse, le drame zébré de clairs obscurs d’un Gibet où le pouls se ternit dans l’effroi, ou un magistral Scarbo où la démonstration de force suscite le frisson du saisissement et où l’inquiétude sourde. En des offrandes enchâssées dans la rousseur chaleureuse d’un instrument magnifique et la clarté d’un toucher à la fois lyrique et dramatique.

Emmanuelle Pesqué
Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. - M. Leiris
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