Verdi - Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège - 03/2017

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Zemire
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Verdi - Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège - 03/2017

Message par Zemire » 19 mars 2017, 13:59

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Direction musicale: Speranza SCAPPUCCI *
Mise en scène: Stefano MAZZONIS DI PRALAFERA

Décors: Jean-Guy LECAT
Costumes: Fernand RUIZ
Lumières: Franco MARRI

Chef des Chœurs: Pierre IODICE

Gaston: Marc LAHO
Hélène: Elaine ALVAREZ
Roger: Roberto SCANDIUZZI *
Comte de Toulouse: Ivan THIRION
Raymond: Pietro PICONE
Isaure: Natacha KOWALSKI
Adémar de Montheil, légat papal: Patrick DELCOUR
Un Soldat: Victor COUSU
Un Héraut: Benoît DELVAUX
Émir de Ramla: Alexei GORBATCHEV
Un officier: Xavier PETITHAN

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège 2017

Message par Zemire » 19 mars 2017, 15:23

Liège, vendredi 17 mars

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J'attendais avec impatience de voir et entendre pour la première fois sur scène cet opéra de Verdi, rarement proposé, et dont la seule connaissance que j'avais était une version de la Felice sur YT, avec, entre autres, Carlo Colombara en Roger.
La représentation a été bien accueillie par le public ; pour ce qui me concerne, je suis restée souvent en-deçà de ce que j'espérais . Une réécoute de l'œuvre semble bien confirmer cette déception … à moins que je n'ai pas eu l'oreille musicale ce soir là !

Pour une fois, je ne dirais pas que c'est la mise en scène du chef de maison qui est en cause, non pas que monsieur Mazzonis ait changé de méthode : c'est toujours bien à une succession de tableaux qui est proposée mais dans ce cas cela ne pose pas vraiment de problème. Par ailleurs, les décors de Jean-Guy Lecat et surtout les costumes de Fernand Ruiz sont de très bonne tenue et efficaces (sauf peut-être les casques des soldats leur donnant une allure "strartrekienne" peu élégante).

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J'ai été déçue par la direction de Speranza Scappucci forte, forte et encore forte ! A force de pousser aux limites et l'orchestre et le chœur, de nombreuses discordances ont fait jour. Ma situation presque au-dessus l'orchestre ne favorise sans doute pas la meilleure écoute mais je l'occupe depuis plus de 30 ans et jamais comme vendredi, je n'ai été aussi fatiguée par un son toujours poussé au maximum !

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Côté plateau, on souffle le chaud et le froid …
Même si leurs prestations ont été assez inégales, au final, Marcel Laho et Elaine Alvarez nous ont offert de beaux moments dans les rôles de Gaston et Hélène. Marcel Laho, malgré quelques difficultés dans les suraigus de son air "Je veux encore entendre" a incarné avec talents un Gaston très engagé. La voix d'Elaine Alvarez est assez particulière dans certains registres mais je l'avais déjà beaucoup aimée dans le dernier "Ernani" proposé à Liège et, ici encore, elle m'a séduite tant par son jeu que par son interprétation.
Marco Spotti, malade, est remplacé par Roberto Scandiuzzi pour le rôle de Roger … la voix n'a plus guère de couleurs et la basse peine à de nombreux moments. La prestance en scène est certes impressionnante mais elle ne suffit malheureusement pas !

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Le chant d'Ivan Thirion a bien progressé depuis son rôle dans "Lucia" d'une précédente saison à l'ORW, même s'il a eu du mal parfois à dépasser l'orchestre ! Par contre, sa présence en scène doit encore s'améliorer … il ne faisait guère autorité en Conte de Toulouse. Ce n'est pas le cas du Légat du Pape interprété avec brio par un habitué de la maison, Patrick Delcour .
Les rôles secondaires sont bien tenus et il faut signaler la belle qualité des brèves interventions de membres du chœur avec un mention particulière pour le héraut de Benoît Delvaux et l'émir d'Alexei Gorbatchev.
La représentation était agrémentée en deuxième partie d'un ballet dû au chorégraphe Gianni Santucci. J'ai surtout apprécié la très belle musique de ce moment, la danse ne m'ayant pas vraiment séduite.

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Je ne peux pas dire que j'ai passé une mauvaise soirée mais je regrette que, pour une œuvre si peu donnée, tous les éléments n'aient pas été réunis pour mieux apprécier ce qui, pour moi, est un très bel opéra de Verdi.

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège 2017

Message par Zemire » 20 mars 2017, 22:14

Une analyse plus positive que la mienne : http://www.lalibre.be/culture/scenes/re ... d98e0b0e88 :)

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège 2017

Message par HELENE ADAM » 20 mars 2017, 22:45

Zemire a écrit :
19 mars 2017, 15:23
Même si leurs prestations ont été assez inégales, au final, Marcel Laho et Elaine Alvarez nous ont offert de beaux moments dans les rôles de Gaston et Hélène. Marcel Laho, malgré quelques difficultés dans les suraigus de son air "Je veux encore entendre" a incarné avec talents un Gaston très engagé. La voix d'Elaine Alvarez est assez particulière dans certains registres mais je l'avais déjà beaucoup aimée dans le dernier "Ernani" proposé à Liège et, ici encore, elle m'a séduite tant par son jeu que par son interprétation.
Marc Laho non ? Ou alors il a un frère....
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège 2017

Message par Zemire » 20 mars 2017, 23:27

décidément, je m'étais déjà fait reprendre dans la Damnation de Faust ... c'est bien sûr Marc Laho et il n'a pas un frère mais bien un papa chanteur qui faisait partie du choeur de l'ORW

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège 2017

Message par nugava » 22 mars 2017, 00:29

(On était pas à la même représentation... C'est toujours difficile de comparer des avis.) Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié la direction de Mme Scappucci et la voix de basse de Roberto Scandiuzzi. Je suis toujours bon public quand on me présente une rareté. Même si on retrouve les tics de Verdi, j'ai aimé de nombreux passages. Le chœur des pèlerins m'émeut autant que le chœur des esclaves de Nabucco.

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège 2017

Message par offenbach » 22 mars 2017, 00:48

Une magnifique découverte, j'ai absolument adoré cette partition, je l'ai trouvée passionnante de bout en bout. Très belle direction de Scappucci et choeurs très investis, remplissant pleinement la salle de Liège, du coup on en prend plein la tête. :D
De la mise en scène, rien à dire, seulement des décors sans direction d'acteurs.
Distribution honorable, même si pas absolument idéale. Thirion est mieux que dans Lucia (il était vraiment dépassé par Enrico), Scandiuzzi usé mais finalement émouvant, Laho très bien (son aigu est toujours aussi bizarre) et E. Alvarez finit par se tirer très bien de l'écriture pas simple d'Hélène.
Vivement la rentrée et Parme avec Vargas, Massis et Pertusi (Massis va néanmoins devoir s'accrocher, l'écriture du rôle est vraiment large). :Jumpy:

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège-03/2017

Message par corinne » 27 mars 2017, 17:07

« L’art qui manque de naturel et de simplicité n’est pas l’art ! L’inspiration est forcément dans ce qui est simple ! » Giuseppe Verdi.
En 1847, après le succès de Macbeth et les représentations de I Masnadieri, Verdi espère souffler un peu mais l’Opéra de Paris (« La Grande Boutique ») lui réclame une nouvelle œuvre et il est quasiment impossible de refuser au plus célèbre théâtre du monde à cette époque. Il décide donc, pour la première fois, de remanier I Lombardi alla prima crociata (1843) qui deviendra Jérusalem. Les lombards deviennent des croisés toulousains et le tour est joué ! Le livret est totalement modifié, les scènes passent de 11 à 7 tout en conservant les 4 actes et en ajoutant l’inévitable ballet (exigé par l’Opéra de Paris) ; les rôles principaux deviennent presque tous masculins à l’exception de l’héroïne pour laquelle Verdi a composé une superbe partition.
Verdi est ravi de sa transformation mais l’accueil est plutôt froid. Peu importe : il est amoureux et il ne quitte plus sa Giuseppina Strepponi. L’ouvrage sera à nouveau remanié dans une traduction italienne de Calisto Bassi (devenant Gerusalemme) mais ce sera un échec, les italiens préfèrant I Lombardi. La version française est pourtant moins touffue et plus linéaire que sa version italienne, sans oublier que le Grand Opéra à la Française obéit à des règles très précises : une intrigue historique, une abondance de personnages et des chœurs et bien évidemment des intrigues multiples déployées en grands tableaux qui tiennent le public en haleine.

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C’est exactement à cela que ressemble la production de l’Opéra Royal de Wallonie vient de proposer au cours de ce mois de Mars 2017. Pour avoir assisté à la dernière représentation samedi soir, je ne peux que me féliciter de mon déplacement. Tout d’abord pour avoir enfin pu voir un ouvrage si rarement joué et ensuite dans une production très respectueuse du livret, ce qui n’est hélas pas toujours le cas à notre époque ! Certains diront que la mise en scène de Stefano Mazzonis Di Pralafera n’a rien d’extraordinaire mais elle a au moins le mérite d’être lisible par tous, sans avoir besoin de chercher des messages subliminaux qui pourraient s’y cacher et nous gâchent souvent le spectacle. Les costumes de Fernand Ruiz ne sont pas toujours du meilleur effet (surtout celui de Roger en début de première partie) mais ils ont l’avantage d’être bien éclairés par l’équipe de Franco Marri. Les décors de Jean-Guy Lecat sont très harmonieux et les colonnes renversées donnant une impression d’écrasement sont une belle idée.

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La distribution est homogène, avec une majorité de chanteurs francophones et les autres faisant beaucoup d’effort pour chanter très correctement en français. Je pense notamment à Roberto Scandiuzzi dont on ne peut que louer la grande maîtrise de notre langue, ce qui n’est pas hélas le cas d’Elaine Alvarez (Hélène) qui pourtant s’applique mais heureusement il y a le surtitrage. Pas besoin de cela pour Marc Laho dont on ne rate pas un mot, et c’est aussi le cas d’Ivan Thirion et de Patrick Delcour.
D’un point de vue vocal là aussi une belle homogénéité, comme l’aurait aimé Verdi qui disait : « il n’y a pas de petits rôles dans mes ouvrages, seulement des rôles qui ont moins à chanter ». Quel bonheur de retrouver Marc Laho dans un rôle qui sied à merveille à sa voix si mélodieuse. Il maîtrise parfaitement toutes les difficultés de la partition et nous gratifie d’aigus particulièrement lumineux et très assurés. Le cas d’Elaine Alvarez est un peu différent ; le timbre n’est pas désagréable mais au début de l’ouvrage sa voix n’est pas très bien placée, elle est un peu instable, puis tout rentre dans l’ordre au fur et à mesure faisant montre d’une puissance qui lui laisse présager des rôles plus exigeants. Pour sa première apparition sur la scène de ce théâtre, Roberto Scandiuzzi a marqué les esprits et l’on ne peut qu’espérer le revoir dans un avenir proche. Si l’on connait bien ses superbes graves profonds, personnellement je n’avais jamais remarqué qu’il possédait des aigus aussi faciles et puissants. Sa voix prend toute son ampleur dans ce lieu idéal et résonne du haut jusqu’en bas sans aucun vibrato. L’ovation qu’il recevra aux saluts n’est que méritée ! Belle prestation également pour Ivan Thirion, qui semble encore un peu jeune pour incarner un père noble, mais le timbre est sonore et la voix bien placée. Courte mais jolie intervention de Natacha Kowalski dans le rôle de la dame de compagnie d’Hélène, avec elle aussi une belle diction.

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Elaine Alvarez

Pour ce qui concerne la direction d’orchestre de Spéranza Scappucci, j’ai trouvé certains moments un peu trop appuyés, voire bruyants. Néanmoins sur l’ensemble de l’ouvrage elle est tout à fait à sa place.
J’allais oublier le ballet ! Peut-être volontairement parce que c’est ce que j’ai le moins aimé dans tout l’ouvrage. Non pas que la musique soit désagréable, au contraire, mais il allonge par trop l’œuvre sans être d’aucune utilité. Je dirais même qu’il coupe l’action (le peu d’action) et arrive « comme un cheveu sur la soupe » si je puis me permettre ce genre d’expression. Peut-être est-ce à cause d’une chorégraphie très contemporaine qui ne semble pas idéale sur cette musique. J’aime la danse contemporaine mais pas celle qui confond danse et gesticulation, or c’est un peu à cette dernière que nous avons eu droit.
Je finirai néanmoins sur un point positif qui est celui des chœurs, pivot central de toutes les œuvres de ce compositeur. Encore une fois son chef Pierre Iodice a fait un travail remarquable et le résultat est là : un triomphe !
Merci à l’Opéra Royal de Wallonie d’avoir eu le courage de monter cette œuvre dont la beauté musicale n’est plus à démontrer.

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Marc Laho
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Ivan Thirion
Photos Lorraine Wauters

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Re: Verdi Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège-03/2017

Message par fomalhaut » 27 mars 2017, 17:39

Merci Corinne.
Un compte-rendu qui récapitule bien ce que j'ai ressenti en regardant la captation Culture Box.
L'inévitable ballet du "Grand Opéra français" n'est vraiment pas ma tasse de thé !
fomalhaut

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Re: Verdi - Jérusalem - Scappucci/Mazzonis - Liège - 03/2017

Message par Oylandoy » 28 mars 2017, 13:49

Des photos de Lorraine Wauters ont été insérées dans le CR de Corinne.
la mélodie est immorale
Nietzsche

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