Cinéma et opéra

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aroldo
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Message par aroldo » 30 mars 2005, 22:09

Ce n'est pas de la voix mais c'est de l'opéra
Ce n'est pas de l'amour-passion (quoique ...)
dans une magnifique métaphore musicale D.Lean choisit d'illustrer la perte (longtemps différée) de la virginité de Kate Hepburn dans Vacances à Venise par l'ouverture de la Gazza Ladra (juste avant le non-moins évocateur feu d'artifice) !
Ce qui nous conduit à la question de l'érotisme mis en musique et devient dangereux (quoi de plus évocateur que le prélude du Chevalier ... Et je ne parle même pas du duo d'amour de Tristan et Isolde !) :wink:

Francesco (qui écoute Stich en veuve joyeuse "Heure exquise ....")
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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Message par bajazet » 30 mars 2005, 22:18

aroldo a écrit :Quoi de plus évocateur que le prélude du Chevalier ... Et je ne parle même pas du duo d'amour de Tristan et Isolde !
Mouais ? Un peu trop évocateur peut-être pour le Chevalier ? Comme écrivait Colette à propos de la scène d'amour dans Guntram, je crois : "ça, une scène d'amour ? je voudrais voir la tête de mes voisins si j'avais des extases si bruyantes avec grand orchestre ?"
Franchement, je trouve la Mort d'isolde plus mimétique, érotiquement parlant, que le duo lui-même.

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Message par aroldo » 30 mars 2005, 22:27

Alors là on arrive à une ligne extrèmement délicate entre érotisme et évocation. Je veux dire : l'ouverture rossinienne n'est pas placée là par hasard et devient extremement évocatrice ... sans avoir rien d'érotique !
Diapason avait consacré un numéro à l'érotisme musicale .... finalement assez décevant car il se réfèrait plus au sens qu'à la forme elle-même.
Enfin écouter de la musique c'est toujours chercher une manière d'extase. Après les moyens choisis (et donc la musique) ça relève de la psychanalyse !
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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Message par bajazet » 30 mars 2005, 22:30

aroldo a écrit :Enfin écouter de la musique c'est toujours chercher une manière d'extase.
Je suis en profond désaccord. La notion d'extase me semble exclure la conscience intellectuelle qui préside aussi au plaisir musical. Je sais bien qu'il y a des mélomanes en quête d'orgasme perpétuel ? après tout, tant qu'on a la santé ?

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Message par aroldo » 30 mars 2005, 22:35

Ca c'est beau : c'est absolument merveilleux mais quand j'écoute de la musique je me vide totalement de moi-même. Parfois je ressors completement épuisé d'une écoue, immergé, noyé et j'ai l'impression que le temps ne s'est pas écoulé. C'est dire que je ne réfléchis pas (et je t'interdis de généraliser mon propos)

C'est ce qu'on appelle être primitif !
Donc tu ne danses jamais en écoutant Haendel ou Hasse :wink:
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Message par bajazet » 30 mars 2005, 22:49

aroldo a écrit :1) C'est dire que je ne réfléchis pas (et je t'interdis de généraliser mon propos)

2) Donc tu ne danses jamais en écoutant Haendel ou Hasse :wink:
1) Mais ton propos était d'emblée général, si je ne me trompe. Peu importe.

2) Mais pour danser, il faut bien penser : c'est une chose mentale aussi !

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Message par aroldo » 30 mars 2005, 23:01

:lol:
Non je parlais de généraliser mon propos à ma personne dans le temps !
Rien de plus horrible qu'une blague qu'il faut expliquer ...
Et pour danser ... pas sûr que le mental soit utilisé passé un certain stade. J'ai souffert des années au concervatoire : je peux témoigner, on ne danse jamais aussi bien que quand on n'y pense plus et qu'on écoute en ressentant !
Oh Mon Dieu me voilà lyrique : c'est l'heure tardive
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Message par Xavier » 31 mars 2005, 10:19

Pour en revenir au sujet, le Landru de Claude Chabrol fourmille de citations lyriques, le héro étant lui-même un grand amateur d'opéra et de Puccini en particulier. Landru a en effet l'habitude d'emmener ses conquètes à une représentation de La bohème. Il paye à sa maîtresse, jouée par Stephane Audran, des cours de chant. D'ailleurs, chaque fois qu'ils se voient, elle chante. Et dans le train qui le conduit ou le ramène à Gambais (par égard pour Tuano, on n'expliquera pas ce qu'il y fait), il fredonne souvent ses airs favoris de La bohème, que la bande son double effectivement des airs entendus à l'opéra.

Là où on peut mesurer le caractère méticuleux de Claude Chabrol, c'est en constatant que la bande son du film utilise des extraits de La bohème en français, telle qu'on pouvait l'entendre à Paris au début du siècle (et jusque dans les années 60 d'ailleurs).

Sauf si je me trompe, il s'agit en l'occurrence de passages d'un album d'airs et de duo de Puccini chanté par Tony Poncet et Irène Jaumillot.

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Message par JdeB » 31 mars 2005, 10:25

A-t-on parlé d'un long dimanche ?

Tina Lombardi rôle qui a valu à Marion Cotillard un César, consacre sa vie à assouvir sa vengeance contre ceux qui sont responsables de la mort de son soldat d'amoureux. C'est une vendetta impitoyable.

La courtisane séduit un officier supérieur libidineux incarné par JC Dreyfus et met en scène son assasinat de manière aussi spectaculaire qu'original et terrifiante dans une luxeuse chambre de bordel. le tout est rehaussé par l'intensité de l'air de Leonora dans la forza et l'officier meurt sur le cri "maledizione !"

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Message par David-Opera » 31 mars 2005, 11:36

Dans "Sur la route de Madison", Merryl Streep écoute chez elle Norma de Callas avant que ne survienne le photographe de passage Clint EastWood qui va boulverser son quotidien.

Ne voyant aucun rapport entre le personnage de Norma et celui joué par Merryl Streep, et au vu de ce qui va se passer par la suite, l'utilisation du Casta Diva, me parait être l'expression d'une aspiration à un bonheur non encore atteint dans sa vie.

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