Cinéma et opéra

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Cinéma et opéra

Message par aroldo » 29 mars 2005, 12:51

J'espère que ce post ne sera pas considéré comme futile (et je l'ai placé dans la catégorie lez zarts, ce qui me semble approprié)
Voilà je me demandais juste ce que vous pensez de l'utilisation de l'opéra au cinéma.
Pas l'opéra filmé mais films qui parlent d'opéra, ou qui l'utilisent à des fins expressives.
Moi c'est drôle mais les deux utilisations de mélodies lyriques que je préfère ne sont pas chantées ... il s'agit dans les deux cas de la mort d'Isolde transposée pour violon : à la fin d'Humoresque de J.Negulesco (Promenade de J.Crawford sur la plage) et celle de L'Adieu aux armes (mort d'Helen Hayes dans les bras de G.Cooper. Record 1997 de larmes pour moi :wink: )
C'est fou comme cette mort d'amour a inspiré le cinéma américain ... voir la fin de la Mélodie interrompue ou Eleonore Parker (alias M.Lawrence) se redresse glorieuse sur ses jambes paralysées -sic-)
Dans la catégories soirées à l'opéra :
Plus recemment je ne suis incapable de dire ce qu'écoute N.Kidman dans Birth mais son visage envahi par le doute puis par les larmes c'était sublime.
Idem pour la montée des marches de G.Anderson dans Chez les heureux du monde au son de l'ouverture de Cosi.
Idem bien entendu pour la fabuleuse première scène du Temps de l'innocence (Faust)
Cinéphiles à vos claviers !
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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Message par JdeB » 29 mars 2005, 13:01

Dans Madame de de Max Ophuls, au début du film on assiste à une soirée à Garnier et l'on entend le Che faro senza Euridice de Gluck. Il me semble qu'il s'agit d'une mise en abyme ironique de toute l'intrigue du film qui tourne autour de la perte de diamants.

Dans un Tex Avery, un personnage déploie à vitesse grand V un affairisme effréné et se démultiplie sur l'air du factotum de Rossini.

Dans la Luna de Bertolucci, on entend plusieurs extraits du Trouvère, opéra des rapports familliaux faussés, disloqués, conflictuels, monstreux. Il se trouve que ce film, sublime, traite d'une relation à tendance incestueuse entre une mère cantatrice et seule son ado en train de sombrer dans la drogue.

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Message par David-Opera » 29 mars 2005, 13:09

Dans Senso de Visconti, le film ouvre sur une représentation du Trouvère à Venise (Les décors du film ont servi d'ailleurs de document pour la reconstitution de la Fenice).
Or le sujet du film est une jeune femme qui navigue entre l'amour pour son frère resistant italien à l'occupation autrichienne, et son amour pour un soldat autrichien. L'histoire finit [censuré par Tuano]
On peut ainsi l'identifiée à Léonore oscillant entre 2 amours : celui de Manrico et celui du Comte de Luna.

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Message par tuano » 29 mars 2005, 13:17

Arrêtez de raconter la fin des films sur ODB !!! :evil:
Vous vous prenez pour Elisabeth Quin ou quoi ??

Les scènes du Trouvère dans la Luna et Senso se passent à l'opéra, c'est une utilisation directe.

Dans Hannah et ses soeurs de Woody Allen, il y a une scène au Met ou Maria chante Manon Lescaut. Les scènes qui se passe au Met dans les fictions américaines montrent bien l'aspect glamour et élitiste que revêt la représentation d'opéra pour les américains.

Arte avait diffusé un téléfilm qui racontait l'histoire d'un homme qui mourrait du SIDA et on entendait L'amero sarò constante de Mozart (Il re pastore). Je ne voyais pas trop le rapport jusqu'à ce que je fasse le lien infidélité / IST. Mouais...

Dans un film de vampyres, Susan Sarandon et Catherine Deneuve font l'amour ensemble sur le duo des fleurs de Lakmé mais ne parlons plus de ce sujet !

Dans le goût des autres, on entend Edita Gruberova chanter l'air de Gilda (Rigoletto).

Je me demande si l'opéra est parfois utilisé pour exprimer la passion dévorante et déraisonnée de l'amour.

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Message par Tom » 29 mars 2005, 13:19

J' ai vu dernièrement "Closer" de Mike Leigh, avec Julia Roberts, Nathalie Portman et Jude Law. C'est un constat amer, voire sombre sur les rapports hommes/femmes, illustré par les va-et-vient amoureux de quatre personnages (Deux hommes et deux femmes) avec tout ce que cela implique de mensonges, de jeu plus ou moins pervers, de desespoirs, de sentiments, de revirements,...

Coté musique, la chanson qui sert de générique est assez horripilante, mais entre les deux, il y a énormément d'extraits (que les personnages ecoutent chez eux, ou quand il vont à l'Opera, ou encore en musique off...) de ... Cosi fan Tutte!

La lecture en parallèle de l'intrigue du film et de celle de Cosi est passionante, et est pour moi un des principaux intéret du film. Mais comme c'est fait très discrètement et sans volonté de vulgarisation, je suis sur que beaucoup, y compris des critiques chevronnés, sont passés à coté... Enfin, je suppose...

Sinon, j'ai aussi adoré la présence du chant (plus que de l'opéra) dans le film d'Agnès Jaoui "Comme une image", qui illustre beaucoup mieux la facon dont on peut se retrouver dans la musique quand tout va mal, que les gentillets "Choristes" (je l'ai finalement vu...)
Il faut savoir remettre les pendules à leur place et taper du poing sur les "i"!

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Message par David-Opera » 29 mars 2005, 13:25

Dans "The Hours", Clarissa Vaughan écoute dans son appartement "Beim Schlafengehen", 3ième des 4 derniers Lieder de Strauss chanté par Jessy Norman au moment ou elle reçoit la visite d'un ami.
Elle est à ce moment précis en prise avec des idées suicidaires.

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Message par Alain » 29 mars 2005, 13:41

Deux films m'ont marqué par rapport à ce sujet:
Le premier est Philadelphia, il y a une scène où Tom Hanks fait écouter un air d'Andrea Chenier à l'avocat qui le défend (Denzel Washington je crois), ce dernier est tellement bouleversé qu'il s'éffondre le soir dans les bras de sa femme en pleurant.
Dans ce même film, Tom Hanks meurt à l'hopital en écoutant son opéra favori, toujours Andrea Chenier, si ma mémoire est bonne.
Il y en a un deuxième dont je ne sais plus le titre (aidez-moi, ma mémoire flanche!!!) qui raconte le plan réussi d'évasion d'un jeune détenu d'une prison américaine.
Il s'occupe de la bibliothèque de la prison et y découvre des vinyles, parmi eux, le nozze di Figaro de Mozart.
Il décide alors de faire profiter de la beauté de cette oeuvre à toute la prison et à l'aide d'un haut parleur, fait diffuser le sublime duo Susanna/Contessa:"Sull'aria...", l'assistance, des durs à cuire, est alors subjuguée par cette musique venant du ciel....

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Message par aroldo » 29 mars 2005, 13:43

C'esr dans le gout des autres où l'on entend Ferrier aussi je crois ?
Pour The Hours (certainement le film qui m'a le plus marqué ces dernières années) je n'avais vu dans l'utilisation de Strauss qu'une manière d'illustrer les gouts musicaux (dans le genre fin et intellectuel de Clarissa) : merci d'avoir éclairé ma lanterne !
Après le duo des fleurs des Prédateurs (désolé Tuano je ne veux pas revenir sur le sujet mais là quand même ...) j'ai aussi pensé au Talentieux mister Ripley ... qui assiste à une représentation d'Eugène Oneguine juste après avoir assassiné l'homme dont il était amoureux ....
Généralement on peut quand même constater une chose : dans les films qui se passent dans les décords contemporain la musique lyrique est souvent utilisée pour définir le milieu social des personnages.
Pour l'amour passion, je cherche, je cherche !
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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Message par aroldo » 29 mars 2005, 13:45

Pour Alain le titre je ne m'en rappelle plus mais le passage que tu cites, ça je m'en souviens très bien ... et aussi du moment équivalent dans La Vie est belle (avec la Barcarolle des Contes)
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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Message par David-Opera » 29 mars 2005, 13:46

Philadelphia m'a effectivement fait découvrir l'air "La mamma morta", et je mis quelque temps à retrouver l'opéra dont il avait été tiré.

"Femme Fatale" avec Michael Douglas et Glenn Close comprend une scène, si je me souviens bien, ou M.Douglas fait écouter Mme Butterfly à son fils. Est-il en proie à un sentiment d'abandon à ce moment là?
Cette image du film (que j'ai vu il y a dix ans) m'a à ce point marqué que Mme Butterfly a été le premier CD d'opéra que j'ai acheté!

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