Je vous remercie infiniment de nous accorder cette interview.
Commençons par le commencement ; vous êtes née dans une famille de joailliers, je crois...

Mon père était joaillier, oui.

Est-ce que c'étaient des gens qui avaient un intérêt particulier pour l'opéra ?
Mon père adorait l'opéra.

Et c'est par ce biais que vous êtes allée très jeune à l'opéra ?
Pas du tout. J'ai commencé par détester l'opéra, parce qu'il avait la fâcheuse manie de chanter... mal, naturellement, à tue-tête et parce que l'opéra français ne m'a jamais plu. "C'est elle, c'est la déesse...", "Ma mère, je la vois" etc. J'ai donc pris l'opéra en grippe ! Et puis voilà...

Jusqu'à quel âge ?
Tôt, j'étais en terminale. Mon père était décédé depuis longtemps. Mon parrain qui adorait l'opéra, lui aussi, me parlait d'opéra ; alors j'ai poussé un cri en disant "j'ouvre la porte, etc etc" et il a décrété que j'avais une voix. Alors, pour rire, parce que j'étais en première année de fac d'italien, je me suis laissée guider au conservatoire, j'ai eu la chance d'être prise en milieu d'année et puis, au bout d'un moment, j'étais passionnée, bien sûr. J'ai donc accompli deux ans et demi. Et puis tout à fait par hasard, j'ai débuté dans des petits rôles à l'Opéra de Marseille grâce à Monsieur Karpo puis voilà. Des petites choses pour Radio France, pour le Mai de Versailles, cela c'est un très beau souvenir. Et puis de fil en aiguille, évidemment en 1975, je me suis présentée au concours de Peschiera del Garde [Prix Lauri-Volpi] que j'ai eu la chance de gagner, et puis tout de suite j'ai eu des grands rôles dans les grands théâtres italiens.

En 1975, il y a aussi eu Aix.
Oh, oui, mais cela c'était un petit rôle.

Dans le Carnaval de Venise de Campra. Donc cela a débuté essentiellement en Italie.
Ah, je leur dois tout. Je dois dire qu'ils m'ont fait confiance alors que j'étais quand même un petit peu verte, mais avec de grande choses. Vraiment je leur dois tout.

Pour en revenir un peu avant, à Marseille, je crois qu'il y a eu aussi l'influence de Roland Mancini.
C'est lui qui m'a pratiquement inscrite à ce concours. Je ne le connaissais pas. Jamais je n'aurais imaginé faire une carrière, en faire mon métier, même monter sur scène. Vraiment, c'était extraordinaire. Pour dépanner M. Karpo qui avait besoin d'un page, à quelques jours de la première, pour Salomé, il est donc venu au Conservatoire. Il m'a auditionnée, il m'a prise. Et voilà !
Monsieur Mancini m'a vue au théâtre car après j'ai enchaîné la reine Henriette, Siebel etc.

 

 

Chérubin, à l'Opéra de Marseille, en octobre 1979

 

Il y a eu des rôles dans les Puritains avec Alfredo Kraus, Clotilde avec Caballé...
Oui, Même pour les petits rôles, j'ai eu beaucoup de chance car je n'ai eu affaire qu'aux grands noms, car autrefois Marseille affichait de très très grands noms. Et puis, j'ai eu la chance de naviguer un petit peu comme cela, tout en continuant le Conservatoire.

Et en Italie, il y a eu ces résurrections, comme l'Antigona de Traetta à la Valle d'Istria. Il y en a eu beaucoup.
Oui, oui. Aureliano in Palmira, Agrippina, Il Trionfo del tempo et del disinganno, qu'on voit de nouveau affiché maintenant.

Le Haendel ? Maintenant, c'est très à la mode avec Bartoli qui le reprend. c'est une oeuvre magnifique. Il y a eu des Monterverdi, aussi.
Oui, plein de choses comme cela.

Et vous pensiez vous orienter vers le baroque, vers ce type d'esthétique ? Ou le bel canto au sens très large ? Puisque vous disiez détester l'opéra français.
Au départ, ce n'est pas le genre de musique que je préfère, à l'exception de Werther et des Dialogues. Mais je ne suis pas une fanatique de Carmen ou de choses comme cela?
En règle générale, je « meurs » en 1850. (rires) A l'exception, pour le répertoire français, justement de Werther et des Dialogues, deux opéras dont je ne sais pas s'ils sont beaux, s'ils sont laids, je sais qu'ils sont justes.

Il paraît que vous avez lu Bernanos très jeune ?
Je dois dire que je continue à le lire une fois par an. c'est une pièce qui m'a énormément marquée.

C'est souvent lié vos coups de c'urs à l'opéra au sous-texte littéraire, c'est important par exemple, que derrière le Werther, il y ait Goethe ?
Il y a surtout le personnage, car ce sont les personnages qui m'attirent.

Parce qu'il y a une résonance particulière avec votre sensibilité ?
Je pense, oui.

Vous avez beaucoup dit que Rosine...
Ah, Rosine, je déteste ! Le fusil entre deux omoplates... (rires) Je n'ai jamais voulu le refaire, c'est un personnage que je n'aime pas du tout. On peut dire que c'est sans doute l'archétype de la femme moderne, celle qui veut se libérer... Elle veut se libérer, mais plus comme une adolescente qui veut sortir le soir...
Il n'y a pas que cela. Elle est quand même très intéressée, et c'est quelque chose qui ne me plait pas. Donnez-moi vos qualifications, donnez moi un extrait de compte bancaire, finalement... Je n'aime pas cet aspect du personnage.

Donc si vous n'adhérez pas à la psychologie du personnage, vous ne pouvez pas le servir ?
Cela voudrait dire que je sers bien les autres, alors je ne le sais pas. Mais pour moi, c'est vraiment difficile.

Au début de votre carrière, il y a eu ce fameux disque en hommage à Velutti.
Ah, mon dieu ce disque... j'ai voulu de toutes mes forces qu'il ne paraisse pas...

Pourtant aujourd'hui, il est devenu un peu mythique.
Non, il est plein de défauts, de mauvaises choses. J'aurais voulu pouvoir recommencer.

Et donc les grandes étapes, cela a été ces festivals en Italie, mais la reconnaissance en France est venue plus tard.
Par l'intermédiaire de la Belgique. Cela a commencé par la Clémence de Titus à Bruxelles

C'était la production dirigée par Cambreling.
La reprise. C'était une très belle production dont on parlait toujours beaucoup, et après j'ai fait Semiramide avec M. Caballé évidemment, et voilà.

Pour en revenir à Semiramide, vous étiez la doublure de Marylin Horne pour la reprise aux Champs Elysées. Et c'est quelqu'un de très marquant, Horne, pour vous ?
Oui, c'est ma référence. Et puis je pense que c'est une personne tout à fait intègre, naturellement, une très grande musicienne. Mais c'est surtout quelqu'un, et je me demande, et je n'ai pas l'impression qu'on se rende vraiment compte, je n'ai pas l'impression qu'on le dise souvent.
Parmi les mezzos, on parle souvent de Berganza comme d'une rossinienne. c'était une rossinienne pour son époque, mais à mon avis, elle n'a jamais eu d'agilité de force, ce qui est tout de même la caractéristique de Rossini. c'est M. Horne qui nous a montré la voie ; c'est elle, évidemment avec Henry Lewis, Richard Bonynge et Joan Sutherland, qui étaient un quatuor infernal, qui nous a montrés comment il fallait chanter ce répertoire là. Ils sont repartis de zéro, ressuscitant un répertoire inconnu ou mutilé.

Il y avait effectivement beaucoup de mauvaises traditions.
Bien sur, et eux sont arrivés et nous ont montré la voie. Et je n'ai pas l'impression du tout qu'on le signale souvent.

Berganza est plus médiatique, et il y a les disques avec Abbado qui sont encensés comme des références, mais...
Je suis désolée, mais ce n'est pas une agilité de force pour autant.

Je suis de votre avis.
C'est une agilité plutôt mozartienne à mon avis.

Oui, mais ce sont les errements d'une époque.
« Errements très beaux », tout de même...

Il y a eu Celletti qui a été important pour vous.
Oui, beaucoup. j'ai eu de la chance qu'il préside le jury à P et justement il m'a conforté, m'a montré que ma véritable voie était celle du bel canto. j'avais présenté les Capulet qui est devenu mon cheval de bataille, mais je connaissais très peu de choses du bel canto. Et c'est lui qui m'a dit que j'avais une voix pour ce répertoire là, et cela a été ma grande passion.

Cela a été décisif comme orientation.
Absolument. Il faut dire que c'était un concours exceptionnel, parce que faisaient partie du jury les membres les plus influents de la vie lyrique italienne. Il y avait Eugenio Bagnioli qui était un concertiste et qui faisait l'interim à la Fenice qui m'a fait travailler tout de suite. Imaginez vous, la Passion selon Saint Mathieu déjà. c'était un trop gros morceau pour moi à l'époque, mais enfin...

C'est dans l'enthousiasme de l'essor d'une carrière.
Tout à fait. Le directeur artistique de Vérone. Il avait vraiment les membres artistiques les plus influents, ce qui m'a donné un tremplin magnifique.

Et donc Rossini, vous le disiez, c'est l'agilité de force qui le caractérise le mieux ?
C'est une caractéristique bien entendu.

Mais on vous associe beaucoup aux Capulets.
Ah, c'était mon cheval de bataille.

 

 

Romeo, dans I Capuleti ed i Montecchi à Vérone,
Teatro Filarmonico, Mars 1978.

 

Vous vous reconnaissiez dans cette esthétique et dans ce personnage ?
Ah, complètement. Je ne sais pas, cela a été un coup de foudre tout de suite, et cela s'est toujours très bien passé dès la première production, à Vérone en 1976.

Finalement, après vos débuts à Marseille, vous n'avez chanté que des rôles de tout premier plan.
Oui, et sans passer d'audition. Je n'ai fait que ce concours.  

La célébrité de ce jury et leur influence a suffi ?
Voilà. On fait quelque chose, puis on parle un peu de vous, et cela suffit. Cela s'est fait très simplement.

Et la musique baroque, qu'est-ce qui la différencie pour vous ? Par exemple Haendel, est ce qu'on peut alterner immédiatement des choses comme cela, ou est-ce qu'il faut réserver un trimestre pour Rossini, un trimestre pour l'opéra français, ou est-ce qu'on peut passer d'une esthétique à l'autre plus facilement ?
A mon avis, oui. Parce que Celletti disait toujours que lorsqu'on peut chanter Rossini, on peut tout chanter. Ce qui est vrai. Après, de toute façon, c'est une question de lecture. c'est une chose qui m'a toujours déconcertée, et que j'ai découverte avec les américains la première fois que je suis allée aux Etats Unis. J'ai vu une Canadienne, qui me sachant toute seule et toute jeune, m'avait gentiment proposé de déjeuner avec elle. Et puis tout d'un coup, elle me dit, "Oh, mon dieu par aujourd'hui, j'ai mon cours d'interprétation française." Et là, vraiment, cela m'a interloqué... Et je lui ai demandé "Mais comment, comment cela se passe-t-il ?" etc Maintenant, j'ai l'impression que c'est comme cela. Il faut avoir un casier français, un casier italien, etc... A chaque fois, il faut sans doute se mettre en transe ou quelque chose comme cela, réserver un mois de méditation.

C'est pour cela que je vous posais la question, parce que cela devient assez courant aujourd'hui comme conception.
Je me demande de qui on se moque. En étant tout à fait simple, vous avez des gens qui sont des génies et qui vous ont donné une partition, vous la lisez. Eh bien, voilà, vous avez tout. La façon de dire, la façon dont on veut que ce soit dit. Alors, on peut se tromper, bien entendu, c'est pour cela qu'on voit un chef d'orchestre etc. Mais personnellement, je ne crois pas m'être fait reprendre grandement. Très franchement, non, et je ne suis pas contente de moi. Mais je voudrais qu'on m'explique pourquoi il faut faire ceci, parce que dans la vie courante, quand vous décidez de faire une recette de cuisine, vous prenez un livre de cuisine et vous le lisez tel que vous devez le lire. Après, une fois que vous avez fait votre recette, vous allez lire un roman, et vous ne vous mettez pas en coaching pour lire le roman, que je sache ! ! Et pour moi, c'est exactement la même chose. Et qu'on vienne me parler de choses comme cela, cela me scie. Bon, le style français. A Turin, la dernière fois, j'ai chanté un air de la Damnation de Faust, ce qui n'est quand même pas ma spécialité, mais j'ai eu deux personnes qui sont venues me dire "ah, ce style français, pourriez-vous me l'enseigner ?" Mais comment enseigner ? Mais regardez comment c'est écrit et respectez la façon dont c'est écrit! Je ne comprends pas cette attitude ! Je ne suis jamais allée chercher quelqu'un pour m'apprendre Rossini ou Bellini ; ce sont des génies qui vous écrivent. Lisez. Sachez lire. Pensez au mot que vous dites. Cela aussi, c'est une chose.

C'est l'aspect littéraire du livet.
Oui. Là je suis en train de faire le vétéran de guerre qui dit ce qu'il faut faire... mais tout ceci me déconcerte vraiment.

Oui, mais justement, vous devez être très sollicitée par les jeunes en tant qu'enseignante.
On me l'a demandé très souvent...

Et cela ne vous tente pas ?
Je ne pense pas être une bonne pédagogue, pas du tout, et je ne sais pas ce que je pourrais donner, très franchement...

Au delà de la partition, est-ce qu'il vous est arrivé ? vous avez parlé de ce modèle qu'avait été Marylin Horne, il devait y avoir l'appui de certains enregistrements. Aujourd'hui ce n'est plus la même chose, vous même vous avez légué énormément de choses.
Oh, mon dieu... Pas grand chose.

Il y a quand même un legs énorme, du moins sur le circuit parallèle. Vous n'êtes pas consciente d'avoir légué quelque chose ?
Non, je ne pense pas.

Et vous avez toujours été aussi dure avec vous même ? Dans l'évaluation de ce que vous avez fait ?
Absolument, absolument. Je n'ai jamais donné vraiment ce que j'avais préparé. c'est un peu le lot de tout le monde. On n'arrive jamais vraiment à faire aussi bien que ce que l'on a étudié dans sa petite pièce, tout seul.

Il n'y a jamais eu de moments de grâce pour vous ?
Il y a eu de très très beaux moments, bien entendu, dont je me souviendrai jusqu'à ma mort. Il y a eu la première Semiramide avec Madame Caballé à Bruxelles la première fois. Il y a eu les Capulets avec Lella Cuberli en particulier. Il y a eu les Capulets encore... Pour moi, les Capulets, tout le temps. Finalement mon Roméo était vraiment... Mais finalement, c'était un peu trop personnel. Il y a eu une très grande émotion aux Arènes de Nîmes.

 

 

Norma. Arènes de Nîmes, en juillet 1987. Avec Mara Zampieri.

 

Mais j'y étais, c'est là que je vous ai découverte dans ce spectacle sublime de Pizzi.
Ah ! c'était particulier, il y avait un ensemble de choses... Ce théâtre... C'était la façon dont il a utilisé, mais sans utiliser vraiment les Arènes, c'était particulier... Il y avait une odeur particulière, il y avait un climat particulier, il y avait... Pour moi c'est un souvenir...

Vous savez, je suis Nîmois, et il y a des gens là-bas qui en parlent encore avec des trémolos dans la voix... même s'il y a presque vingt ans. Les gens disent que c'est le sommet de ce qu'on a vu dans les arènes.
C'était particulier.

Vous l'avez rechanté dans d'autres arènes, à Vérone... Mais comment passe-t-on de toutes petites salles, car je vous ai entendue dans l'Orfeo de Bertoni à Monte Carlo, à des choses aussi...
Ah ! Cela c'était sublime aussi, encore Pizzi ! On avait l'impression d'être dans un lieu immense alors que c'est une « scène bonbonnière »...

 

 

Orfeo de Bertoni, Monte-Carlo, mai 1995.
Production de Pier Luigi Pizzi.

 

Dans des lieux aussi immenses, est-ce que l'on doit changer ? en terme de projection, cela ne change rien ?
Non, absolument pas. D'autant plus que vous avez des répétitions, si vous forcez, que ce soit dans un lieu immense ou dans un théâtre, vous en subirez aussitôt les conséquences. Et puis, ce sont des lieux tellement faciles, on entend tout. C'est fantastique, c'est d'une facilité déconcertante.

Pizzi a été un metteur en scène marquant pour vous ?
Oui. c'est quelqu'un que j'admire beaucoup, que je respecte énormément. Il m'a toujours un petit peu gâtée.
Cela s'est toujours très bien passé.

Et les autres metteurs en scène qui vous ont inspirée ? Est-ce que c'est important pour vous, cet aspect de la musique ?
Bien sûr. Il y a eu Virginio Puecher. Malheureusement, je n'ai travaillé qu'une fois avec lui, mais je l'ai beaucoup apprécié. Maintenant, quelqu'un qui est décédé quand il était très jeune, Bruno Steffano par exemple. Il a fait une Cenerentola, qui pour moi est un modèle de poésie, et qui a ma connaissance, n'a jamais été reprise.

 

 

Le Prince, dans la Cendrillon de Massenet,
Monte-Carlo, février 1995.

 

Vous avez chanté Cendrillon avec également.
Oui, mais c'est différent.
Quelqu'un avec lequel je n'ai travaillé qu'une fois mais que j'aimais beaucoup, c'est Tobias Ritcher; il a été très original, et pour la production dont j'ai fait partie, il a respecté les rapports des personnages entre eux. Et son Italienne m'a enthousiasmée, par exemple.

Il y a eu aussi un très grand souvenir avec Patrice Chéreau...
Oui, le Lucio Silla. Oui, c'était particulier.

Et qu'est ce qui est particulier dans son travail ?
l'intensité.
Parce que l'homme a un monde particulier, et parce que Lucio Silla n'est pas une oeuvre tellement facile à monter? Et puis très longue, très ardue dans les rapports entre les personnages, c'est très complexe.

 

 

Cecilio, dans Lucio Silla de Mozart.
Nanterre, Théâtre des Amandiers, Novembre 1984.

 

Mais vous avez beaucoup chanté la Clemenza di Tito.
Ah, oui, j'adore ce personnage, qui est difficile, qui est aussi un peu antipathique et malsain. Très malsain, même.

Mais cela vous amuse, les personnages malsains ?
Cela ne m'amuse pas, cela m'intéresse beaucoup. Ils sont touchants en même temps. C'est pour cela...

Vous voulez les sauver en montrant qu'ils sont touchants derrière leur monstruosité ?
(Elle éclate de rire. ) Sans doute. Peut-être est-ce ce que l'on a en projet quelquefois...
On a dit cela. Je pense qu'il faut sauver les personnages monstrueux que l'on sert, sinon, il ne faut pas les faire. Enfin, les sauver, pas dans l'ordre de la morale.
Mais il y a toujours un moment, on le voit dans la partition, où il y a quelqu'un d'autre qui n'arrive pas à se faire jour, qui n'arrive pas à s'exprimer, ou maladroitement. Mais c'est souvent du à une faiblesse qui explique qui fait qu'il est plus facile de faire des choses violentes, que tenir tête à une Vitellia, par exemple. Et assumer sa personnalité profonde, etc. En ce qui concerne Sesto, c'est un personnage extrêmement compliqué. Pour moi, j'ai toujours pensé qu'il devenait un petit peu fou au moment de son deuxième air. Il perd un petit peu la réalité, soit écrasé de douleur ou de remords, et sans vouloir le dire tout à fait, bien qu'il le dise. J'ai toujours pensé qu'il avait un moment de raptus . Voilà.

 

 

Sesto, dans La Clemenza di Tito. Marseille, mai 1994.

 

Quand on passe sur un autre plan.
Oui, mais il y a tellement de facettes.

C'est un des personnages les plus riches que vous ayez défendu ?
Non, beaucoup de personnages dévolus aux mezzos sont riches, c'est la richesse de ce répertoire. Parce que ce sont des adolescents, qui passent d'un extrême à l'autre très rapidement. Et qui dévoilent une palette de sentiments qui ne sont pas encore bien fixés ; ils sont encore à cheval entre deux équilibres précaires, et c'est extrêmement intéressant.

Les intermittences du coeur et de la raison ?
Oui, exactement. Et c'est touchant, bien sûr.

Et pour en revenir à Bernanos.
C'est particulier. Mère Marie m'a toujours attirée. Evidemment la première prieure, également, me plaisait beaucoup, mais Mère Marie m'a toujours attirée. On dit que c'est un personnage dur, mais c'est quelqu'un qui s'est construite cette dureté, et si elle ne veut pas que Blanche entre dans le couvent, c'est que Blanche lui rappelle trop ce qu'elle est elle-même. Et qu'elle n'a pas encore fini de mettre au pas. A mon avis, la présence de Blanche est un danger pour elle, car elle n'est pas arrivée à être détachée de son propre détachement, etc. Il y a un effet miroir. Mère Marie s'est réfugiée au couvent par peur de vivre, et le fait d'accepter Blanche annule absolument tout le travail qu'elle a fait sur elle-même. C'est le véritable danger. Et en même temps, elle se prend de tendresse pour cette jeune fille. Elle est pleine d'amour, Mère Marie. Je ne comprends pas qu'on ne permette pas au personnage de l'exprimer. Elle a très peu d'occasions de le montrer, cela s'est certain, mais elle en a quelques unes, il faut les lui laisser.

 

 

Dialogues des Carmélites, Lyon, 89/90. Avec Rita Gorr.

 

C'est vraiment un de vos livres de chevets.
Non, pas vraiment, mais je le relis régulièrement.

Le reste de l'oeuvre, moins ?
Le reste de l'oeuvre, moins.

C'est vraiment une affinité pour cette oeuvre là, plus que pour l'auteur Bernanos.
Oui.

Et vos livres de chevet, votre bibliothèque idéale ?
Ma bibliothèque idéale est très très éclectique... Elle est très fournie, je suis une grande lectrice, j'ai souvent deux trois livres en train. En ce moment, j'ai le L'ombrello di Noe d'Andrea Camillieri, celui qui a fait tous les Montalbano, que j'ai tous lus, que j'ai tous vus et dont je possède toutes les cassettes, aussi. (rires) Je suis fanatique. Ce sont des recueils d'entretiens sur le théâtre justement, car c'est aussi un auteur de théâtre. J'ai en train l'Amour à la craie de Pacouly. j'ai commencé le dernier Patricia Cornwell, je les ai tous lus. Je lis aussi des biographies historiques. Chaque fois que j'ai fait un personnage historique, j'ai lu dessus.

Les personnages qui ont le plus marquée, c'est qui ?
Elizabeth Iere, bien sûr. c'est un personnage très énigmatique, dont on ne saura jamais rien, bien sûr. j'ai lu 3 ou 4 biographies. Je pense avoir fait le tour de ce qu'on trouvait en France, et je n'ai rien appris, finalement. Une fois que j'ai lu le premier, les autres étaient très intéressantes aussi, mais c'est quelqu'un dont on parlerait des siècles et on aurait toujours les mêmes questions, au fond...
Sinon, je n'ai jamais vraiment interprété vraiment de personnages historiques, car ce sont des personnages d'invention.

A part Jules César, peut-être, si on peut dire.
Ah, Jules César, mais c'est quand même très très revu... A la limite, c'est presque un dessin animé par rapport au personnage historique.
Oui, c'est la version BD, même si c'est à la fois un immense chef d'oeuvre. (rires)

Donc, vous avez une prédilection pour la littérature italienne, puisque ce sont les études que vous avez suivies.`
Oui, j'apprécie beaucoup.

Il y a t-il des rôles qui vous ont manqué ? Des rôles incongrus ou qu'on ne vous a pas proposé ?
Si, on me les a proposé, mais à chaque fois, il y a eu quelque chose qui la empêché au dernier moment. c'est Tancrède, par exemple. Un rôle que j'avais appris, préparé, et c'est moi qui n'étais pas très en forme et puis, j'ai renoncé. Ce qui était embêtant, et puis après, on ne me l'a plus reproposé. Oui. Mais bien avant, on me l'avait proposé, mais on s'était aperçu que le décor de Pesaro n'entrait pas dans le théâtre, alors on l'a remplacé par autre chose.

C'était la production de Pizzi ?
Oui. j'aurais voulu aussi chanter, Elizabeth, reine d'Angleterre de Rossini, mais là aussi... C'était pour Amsterdam. C'était une question de dispute entre les ténors, ils voulaient tous les deux chanter le même rôle ! ! Et aucun ne voulait céder... Alors, naturellement, comme il n'y avait pas beaucoup de ténors pour chanter ce genre de répertoire, alors on a dit, hop, on remplace ! Je crois que l'on a remplacé par les Capulets, ce qui me plaisait beaucoup aussi...

Parmi vos partenaires de prédilections, qui vous a marqué ?
Il y en a eu beaucoup.
Alain Vanzo, bien sûr, pour Werther

 

 

Avec Alain Vanzo, dans Werther. Lyon, 10 décembre 1977.

 

Je vous ai vus à Nîmes.
Oh, malheureusement, quelle horreur ! Ce n'était ni fait ni à faire, et pourtant...

A Favart aussi.
A Favart aussi, quel beau souvenir... Ne serait-ce que quand le chef d'orchestre est parti en nous laissant tous seuls sur scène... (rires) Je m'en souviendrai toujours.

C'est assez rare comme situation.
Ah, oui, oui, je le pense. A l'époque, cela a été unique dans les annales de l'opéra. Le monde entier en a parlé. C'était le 30 octobre 1978.

Et comment réagit-on dans ces cas-là ?
Eh bien, j'étais pâmée dans les bras d'Alain Vanzo, en attendant la levée du chef pour dire "moi, moi, dans ses bras" et puis... Naturellement, du coin de l'oeil, on attend la levée... Et puis je vois ce monsieur qui ferme la partition, qui laisse sa baguette et qui s'en va. Je dis à Alain "Il est parti, il est parti" et il me dit "Continue, continue !" Mon dieu, j'ai continué... Alors cela a été terrible, ce quatrième acte sans chef. Sur le grabat, tout au fond de la scène, on n'entendait pas l'orchestre. L'orchestre jouait, nous nous chantions comme nous pouvions...

 

 

Avec Alfredo Kraus, dans Lucrezia Borgia. TCE, Paris, le 17 juin 1989

 

C'est une expérience très atypique?Et il y a eu Alfredo Kraus dans ce rôle, à Vienne et à Paris.
Avec Kraus, j'ai chanté très souvent Charlotte. A New York, à Vienne, même à Tenerife, qui était son fief.

 

 

Eboli, dans Don Carlos, Covent Garden, 1996

 

Il y a Eboli qui est aussi une expérience très marquante, dans la version française.
C'est une expérience dont je me demande encore si j'ai bien eu raison...

Pourtant vous étiez volcanique dans ce rôle. Il y avait un impact à l'Acropolis... Vous étiez tout à fait exceptionnelle.
A Lyon et à Nice, cela s'est bien passé. Mais avant, ce n'était pas...

Vous m'aviez dit un jour que la version italienne n'était pas pour vous.
Non.

Qu'est- ce qui les distingue ? C'est si dissemblable comme écriture ?
Non. Je pense que c'est dissemblable dans l'oreille des gens. Dans la version italienne pour les italiens, par exemple, on est habitué à entendre des voix dites verdiennes, c'est à dire, très très importantes, comme Simionato, Bumbry ou Verrett etc etc. Il est évident que je n'ai pas ces caractéristiques là malheureusement, et donc, en italien, je serais vraiment tr ès très insuffisante. La version française a été faite au départ avec des voix qui n'étaient pas forcément verdiennes et c'est pour cela qu'on m'avait convaincue de le faire, en me disant que Karita Mattila faisait beaucoup de Mozart, que Roberto Alagna n'est pas une voix forcément verdienne, bien qu'il fasse tout merveilleusement bien, c'est évident ; tout était fait dans cette optique, et je me suis laissée convaincre.

 

 

Eboli, dans Don Carlos, Covent Garden, 1996

 

Il y avait une grande mise en scène, c'était Bondy.
Il a toujours été là aux reprises, je les ai toutes faites à l'exception de celles de Paris, il y a eu Londres, Bruxelles, Lyon et Nice.

Vous disiez je n'ai pas eu cette voix de grand mezzo verdien,, c'est ce que vous auriez souhaité ?
Non, pas du tout. Cela ne m'aurait pas permis de servir les personnages qui me plaisaient. Mon dieu, j'aurais peut-être aimé autre chose, je ne sais pas.

Et pour en revenir aux partenaires de prédilection, dans Rossini, qui a été marquant pour vous ?
Evidemment, Madame Caballé, Lella Cuberli, bien entendu, non seulement c'est devenue ma meilleure amie...

Vous avez un parcours très parallèle et très semblable.
Parallèle pendant très longtemps. Semblable aussi. Très complémentaire surtout.

Vos voix se mariaient admirablement.
Je pense que les timbres se mariaient très bien, et puis nous sommes... elle ne serait pas contente que je dise cela sans doute, mais cela l'énervait qu'on dise toujours « l'élégiaque Lella Cuberli », effectivement , j'étais plus héroïque...

 

 

avec Lella Cuberli, dans La Donna del Lago en mars 1986, à l'Opéra de Nice.

 

Mais c'est la typologie vocale...
Bien sûr, mais c'était très complémentaire aussi et cela fonctionnait très bien.
Et c'est lié également à son profil de camée. On est toujours associé à son physique, et elle a un physique admirable.

Oui, très beau visage, très harmonieuse. Et Cecilia Gasdia ?
Oh, oui, je n'ai pas chanté tant que cela avec Cecilia. j'ai chanté Capulet à Brescia et Genève, dans la production de Carsen.

 

 

Avec Cecilia Gasdia, dans Semiramide. Rossini Opera Festival 1994.

 

Et chez les hommes ?
Evidemment, Alain Vanzo, Rockwell Blake, il y a plein de collègues que j'aime beaucoup. Raul Gimenez, Eduardo Gimenez (j'ai débuté avec Eduardo), Ugo Benelli, Rinaldi, c'est un monstre de savoir faire et d'intelligence scénique, qui est un magnifique homme de théâtre...

 

 

Avec Rockwell Blake, dans Cenerentola. Marseille, février 1990.

 

Il y a eu un apport de la musicologie dans votre domaine, entre vos débuts et aujourd'hui. Il y a eu des éditions critiques etc. c'est quelque chose qui vous intéressait ou juste votre travail sur la partition et avec les chefs ?
Ah non, j'ai toujours trouvé intéressant, quand on a la partition critique de lire tous les commentaires, c'est toujours enrichissant. Maintenant, je ne pense pas que cela puisse se traduire par quelque chose en plus ou quelque chose en moins. c'est toujours quelque chose en plus, pour vous. Je ne pense que cela puisse se traduire sur scène ou dans l'expression vocale, mais c'est pour vous, cela enrichit, et peut être que cela va participer de votre lecture. Comme voir une belle exposition, peut être que cela vous fera regarder autrement en scène... Mais tout ce qui vous enrichit est bon pour le théâtre. Je disais que je ne veux pas donner de conseil, mais mon dieu, si vous aimez jardinez, ne vous arrêtez pas de jardiner, si vous avez l'habitude de faire vos courses au marché, faites-les. Ne vous coupez pas des choses simples, car on les retrouve toujours sur scène? c'est le danger du métier, de vivre dans une sphère entre deux avions, à Caracas, à Pesaro?
Surtout de ne pas se faire une fausse idée de ce métier. Ce métier est fait pour des gens équilibrés et sains. Et c'est pour cela qu'il est très difficile, parce que...
Un mauvais acteur, on le voit comment ? Parce qu'il ne ferait pas ce qu'il ferait dans la vie courante, sur scène. Une chose qui m'a fortement choquée : quelqu'un qui est un peu plus âgé que moi, qui a fait une très belle carrière, qui est magnifique, mais qui m'a fait sauter de mon fauteuil, parce que il a parlé, parlé. Il avait un livre dans les mains, il s'échauffe, il se lève de son fauteuil et il pose le livre à la verticale sur le dossier du fauteuil. (rires) Je me dis "monsieur le metteur en scène va le faire rasseoir, tout à l'heure". Cela n'a pas manqué. Quand on fait cela, ou on le jette par terre, ou on le met sur le fauteuil, ou on le garde dans les mains, mais on ne fait pas cela? Ce sont des choses, ce monsieur ne fait plus en scène comme s'il était chez lui. Alors peut-être fait-il un métier que je ne comprends pas. c'était mon caractère dilettante sans doute?c'est une approche différente quand on est passionné ou quand on fait un métier. On ne doit pas se poser de questions, mais on doit faire cela... Et là, c'est juste. Parce que cela a une justification, parce que c'est juste.

Et les variations sur le plan technique ; écriviez vous vos variations, est ce que c'était le chef ?
J'ai eu de la chance de travailler souvent avec Alberto Zedda qui écrivait les variations évidemment. Les cadences, j'en ai ajouté de mon propre cru, mais bon... 

Vous disiez que dans Semiramide, vous aviez deux jeux.
Oui, j'ai deux jeux ; celui de Zedda et celui de Philip Gosset.

Vous disiez par ailleurs que vous gardiez les plus virtuoses pour vous.
Ah, non, j'ai du les égarer car je ne m'en souviens pas' Je pense que j'ai été très imprudente quelquefois mais'.Non, je n'ai jamais eu le courage de faire cela, parce que j'avais décidé à Marseille que je ferai un jour les variations de l'un, un jour les variations de l'autre et je n'étais pas en très grande forme et je me suis cantonnée aux variations d'Alberto Zedda que je connaissais davantage. Je le regrette, parce ce que c'était quelque chose que j'aurais aimé faire, bien entendu.

 

 

Arsace, dans Semiramide. Marseille, 1997.

 

Il y avait énormément de divergences ?
Oui, il s'agit de quelque chose de complètement différent. Tout à fait, en construction, en tout.

C'est un aspect, la part de liberté, qui vous attire particulièrement dans ce répertoire ?
Bien sûr, vous savez que normalement, tout chanteur devrait être capable de faire comme à l'époque, les composer soi-même, en mettant naturellement, nos points de force en relief. Et puis au dernier moment, de faire des inventions aussi. Il m'est arrivé à Nice dans Semiramide, d'interpoler une note, de temps en temps, naturellement. Je ne savais pas que j'avais fait une petite invention, mais ce n'était jamais qu'une note?

De manière spontanée, sans calcul préalable ?
Non, pas du tout. Et c'est des années après, des habitués qui m'ont entendu mille fois dans Semiramide, qui m'ont dit, "mais vous savez vous n'avez plus jamais fait ce que vous faisiez à Nice." Effectivement, j'ai reçu une cassette où je faisais un sol supplémentaire...
Mais c'était occasionnel, parce que je ne me sens pas douée pour ce genre d'exercice.

 

 

Avec Patrizia Scalera, dans Semiramide. Nice, septembre 1986.

 

Le retour, c'était quoi ? Des fidèles, qui vous suivaient et qui vous enregistraient ?
Pour cela, oui. On n'a pas idée de tous les enregistrements qui traînent, c'est affolant d'ailleurs.

Et vous les écoutiez, comme documents de travail ?
Oui, par petits bouts, oui. j'ai toujours écouté. Par petits bouts, car c'est toujours très difficile de s'accepter comme cela. Je voulais savoir ce qui s'était passé vraiment, parce qu'on a une perception... On sait très bien quand on fait mal ou bien, mais pas vraiment. Pour moi, cela a vraiment toujours été très difficile de me supporter. Je voudrais tellement intervenir, dire arrêtez tout, je recommence. Et malheureusement, c'est fait?.

Vous aviez des gens qui vous conseillaient ?
Ah, non, non. Mon meilleur ami est le magnétophone, voilà.

Et les disques des autres ?
Je les écoute pour avoir une idée globale, avant de me mettre moi-même à étudier. Et puis je laisse le disque, je fais, et puis après, je vois. De toute façon, en étudiant, je me suis déjà forgé une idée de ce que je veux faire. A ce moment là, je peux écouter les autres. Surtout, jamais essayer de copier? j'espère que je n'ai pas copié?

Non, il y a eu un apport tout à fait personnel qui est indéniable.
Il faut s'en servir, car on a la chance d'avoir des documents, par rapport aux générations qui nous ont précédé, il faut s'en servir car c'est une énorme chance. Et il faut s'en servir. Mais à bon escient. Comme contour. Mais il faut déjà avoir ses idées avant de s'y mettre. j'ai toujours fait comme cela.

Il y a-t-il d'autres types de musiques que vous aimez, à part le classique ?
Le Jazz, mais je suis un petit peu arriérée. Je n'y connais pas grand chose, mais j'adore Benny Goodman, Billie Hollyday. Par contre, lorsqu'il y a des émissions sur le festival de jazz à Antibes, c'est un aspect qui me paraît tellement géométrique, ce n'est pas cette saveur. Glenn Miller...

C'est ce qui vous rapproche de cette école d'improvisation.
Oui. Dans les nouvelles chanteuses qui me plaisent beaucoup, il y a Diana Krall et Madeleine Perraut, qui me rappelle Billie Hollyday, même s'il paraît que pour les puristes, ce n'est pas tout à fait cela. Que c'est du jazz soul ou je ne sais quoi. Peut m'importe, elles ont des voix tellement magnifiques... c'est un plaisir.

Vous allez écouter des concerts ?
Non, je ne sors pas de ma Thébaïde. Mais j'achète des disques.

Et en dehors du jazz ?
Le classique, et puis c'est tout. Le piano, les symphonies etc.

La lecture des critiques, c'était important pour vous ?
Oui, bien sûr, j'ai toujours tout gardé précieusement... Malheureusement, j'ai brûlé mes archives.

Et la mélodie ?
Je ne suis pas une mélodiste du tout. Cela ne m'a jamais attirée, et il y a des gens qui font cela tellement bien.

Mais on peut toujours apporter quelque chose.
Je ne pense pas, non. Je suis quelqu'un de théâtre, je pense. Foncièrement.

 

 

Bianca e Falliero. Pesaro, 1989

 

Vous avez donné très peu de concerts, en fait.
Je me sens bien sur scène, vraiment. J'ai renoncé il y a très longtemps au récital, parce que je travaillais comme une forcenée, et je n'avais pas le résultat en rapport. c'était terrible, j'étais complètement paniquée, c'était vraiment terrible.

C'est ce fameux perfectionnisme qui vous caractérise.
Non, c'est que je n'aime pas qu'on me voie, moi. Moi, je n'ai aucune importance. J'aime bien mes personnages, je ne veux pas apparaître comme Martine Dupuy devant un public. C'est eux que je promène et je me sens bien sur scène.

Et cela nous a donné des bonheurs immenses.
C'est très flatteur, merci.

C'est très sincère. Merci infiniment de nous avoir accordé ce long entretien.

 

 


 

Quelques jalons d'une grande carrière

 

 

Werther, Staatsoper de Vienne, 2 avril 1988

 

LES DEBUTS

1972
Rigoletto 1er et 2 juillet, Marseille (Cour des beaux Arts)
avec Ferrante, Maresca, Maurel, M. Dupuy, Sénéquier, Dormoy, J.M. Sévolker, A. Arapian, C.Ribou Réhak, dir.

Mireille, samedi 29 juillet, Istres
avec Blasco, Maresca, Méloni, Sénéquier, M.Dupuy, J.M.Sévolker, L.Andréani, C.Ribou
Réhak, dir.

Mireille, samedi 5 août, La Ciotat (Opéra de Marseille)
avec Blasco, Maresca, Méloni, Sénéquier, M.Dupuy, J.M.Sévolker, L.Andréani, C.Ribou
Réhak , dir

1973
Les Contes d'Hoffmann, octobre, Opéra de Marseille, Bazire/ ?, F. Bonisolli, S. Sarroca, Lublin, R. Constantin, Sanial

Gotterdammerung, 7,9,12,15 déc, Opéra de Marseille
R. Giovanetti / J.Karpo
avec J. Cox, F Mazura, P Meven, B Lindholm
rôle de Wellgunde

1974
Aïda, 11, 13, 16, 19 janvier, Marseille
avec Molnar-Talajic, G. Chauvet, Arkhipova, Serkoyan, E.Blanc, Hubert, M. Dupuy
Giovaninetti, dir

Hippolyte et Aricie (Oenone), 1 mars, Opéra de Marseille, Bazire / ?, Bosabalian, Miranda, Calès, Mallabrera

Les Puritains , 22, 24, 27, 30 mars, Marseille
avec C Eda-Pierre, Kraus, R Massard, M. Dupuy, Thau, Cattin, Bénanzal
Rivoli, dir

Didon et Enée (La Magicienne), Mai de Versailles

La vie brève (couplé avec Le Château de Barbe Bleue), les 17, 18, 19 mai
avec Denise Charley, Michèle Herbe
rôle de Carmela

Faust, les 25, 27, 31 oct. et 2, 7,10 nov
avec A.Vanzo, J. Mars (Méphisto),R. Massard (Valentin), J Pilou / A Esposito (Marguerite)
R Giovaninetti, dir / K Karpo
rôle de Siebel

Madame Butterfly (Suzuki), 2 décembre, Aix-en-Provence (Jeu de Paume), Begou / ?, F. Garner, Cazzaniga, Duverry

1975
Rheingold, les 15, 21, 23 mars
avec V. Braun, B. Monmart, J Taillon, Z Kelemen
R Giovaninetti, dir / J-P Ponnelle
rôle de Wellgunde

juillet 1975, Festival d'Aix-en-Provence, Le Carnaval de Venise de Campra (recréation mondiale)
Avec C. Eda-Pierre, R. Soyer, M. Dupuy, B. Brewer.
M Plasson / J Lavelli

1976
Madame Butterfly (Suzuki), février 1976, Opéra de Marseille, Rehak / ?, Talarico, Merighi, Calès.

Die Walkure, les 2, 4, 6 mai
avec R. Cassily (S), P. Winberger (W), B. Lindholm (B), E. Marton (S), M. Lilova (F)
D. Masson / J. Karpo
rôle deWaltraude

1976, Passion selon Saint Matthieu à la Fenice

5 décembre 1976, Mireille, Aix-en-Provence (Jeu de Paume), Bégou / ?, A. Esposito, G. Sirera, P. Le Hemonet, A. Legros, A. Filippi

1977
28 et 30 janvier 1977, Le Consul, Rouen, P. Ethuin / P. Filippi, J. Brun, C. Cales, P. Fillippi, JP Laffage, D. Scharley, M. Sénéchal
10, 11, 13, décembre 1977, Werther, Lyon, J. Périsson / G. Benhaim, A. Vanzo, M. Dupuy, C. Alliot-Lugaz, R. Franc, JL Soumagas

1978
mai 1978, Rigoletto (Maddalena), Opéra de Marseille, S. Cambreling / ?, C. Weidinger, Salvadori, Gusmeroli

juillet 1978, Antigona (Traetta), Valle d'Itria (recréation mondiale)


PAR ORDRE ALPHABETIQUE DE COMPOSITEURS

AUBER
Fra Diavolo (Lady Pamela)
¤ Dano Raffanti , Nelson Portella, Martine Dupuy, Aldo Bertolo, Giorgio Tadeo, Luciana Serra, Sergio Kalabakos -- A. Zedda, dir

BELLINI
I Capuleti e I Montecchi (Romeo)

 

 

 

? Et à Modène.

 

¤ s.d. Modène
¤ 11 mars 1978, Vérone, Teatro Filarmonico, Franci / ?, Tomaszewska-Schepis, Scano, Rinaudo
¤ 10 et 14 janvier 1979, Rome -- A. Qaudri / M. Missiroli, avec M. Chiara, M. Rinaudo, L. Saldari
¤ Mai 1979, Naples -- Chiara, Dupuy, Grilli, Boyer ?Franci
¤ Juillet 1980, Martina Franca -- Serra, Dupuy, Raffani, Corato ?Zedda
¤ janvier 1981, Reggio Emilia -- Cuberli, Dupuy, Raffanti, di Corato ?? Zedda
¤ janvier 1982, Caracas -- Christine Weidinger, Martine Dupuy, Antonio Savastano, Simone Alaimo
¤ 1982, Palerme -- Anastasia Tomaceska, Martine Dupuy, Salvatore Fisichella
¤ avril 1983, Vérone, Teatro Filarmonico -- C. Gasdia, Antonio Bevacqua, Mario Rinaudo, Angelo Nosotti
¤ novembre 1983, Brescia -- Gasdia, Dupuy, Bevacqua, Federici, Rinaudo -- dir. Acs
¤ octobre 1985, Marseille, Ajmone-Marsan / ?, C. Weidinger, T. Dran, R. Kennedy
¤ 12, 14, 16, 19 janvier 1986, Bruxelles et Utrecht -- Dupuy, Cuberli, Polgar, la Scola, Dimitrov? Pritchard
¤ septembre 1988, Londres, Prom's -- Dupuy, Cuberli, Lewis, Halvarson, Kennedy -- Pritchard
¤ décembre 1989, Bologne -- Dupuy, Devià, Pertusi, Furlanetto, Raffanti -- dir. Gatti
¤ novembre 1990, Genève -- Gasdia, Dupuy, Will, Swensen, Peeters -- dir. Campanella
¤ 15, 18, 21 janvier 1993, Bilbao -- M. Panni / C. Juri avec R. Marcantoni, A. Echeverria, F ; de La Mora, P. Pascual
¤ novembre 1993, Turin -- Devia, Dupuy, Francis, Spagnoli -- dir. Campanella

Norma
(Clotilde)
¤ 4 novembre 1974, Marseille -- M. Caballé (Norma)

 

 

Teatro Colon, 1985

 

(Adalgise)
¤ 15 et 17 février 1980, Caracas, version de concert-- Flyod, Dupuy, Venditelli, Cava
¤ mai 1985, Teatro Colon-- Adelaide Negri, M. Dupuy, K. Collins- R. Cenzabella / R. Oswald
¤ octobre 1986 -- Sassari, Dragoni, Dupuy, Pinto, Washington, Marchiandi ? Sassari ? Zani
¤ 10, 12, 14, 16 octobre 1986, Nancy, R. Falcon / C. Dale, M. Dupuy, Dominguez, J. Tranter.
¤ 8 et 10 Juillet 1987, Arènes de Nîmes-- M. Zampieri, M. Dupuy, M. Malagnini, F. Ellero d'Artegna -- E. Tchakarov / P. L. Pizzi
¤ 12, 14, 20, 23 août 1987, Santiago du Chili --avec R. Plowright, W. Donati, N. Meneghetti -- dir. M. Veltri / M. Rennison
¤ 13, 16, 19, 25, 27, 30 novembre, 3, 5, 8, 11 décembre 1987 --Paris, Garnier -- Dimitrova / Plowright Dupuy, Frusoni, Kavrakos -- Valdes / Pizzi
¤ 25, 28 juin, 2, 8, 12, 15 juillet 1988 juillet 1988 -- Paris, Garnier -- M. Lagrange, Dupuy, Frusoni, Kavrakos -- Valdes / Pizzi
¤ 10, 13, 16, 18, 22, 25, 28, 30 décembre 1988, Bruxelles -- Sweet, Dupuy, Gray, Lloyd, Williams -- Pritchard
¤ mai 1989, Buenos Aires, Teatro Colon
¤ juin 1989, Messine, avec Shirley Verrett
¤ juillet 1994, Vérone -- Dragoni / Connell, Merritt / O'Neill, Dupuy, Colombara / Roni -G. Kuhn / W. Herzog

 

 

Arènes de Vérone, 1994. Avec Chris Merritt.

 

 

BERTONI
Orfeo
(rôle titre)
¤ 1988, Vérone, Teatro Filarmonico (recréation mondiale)
¤ 16 et 17 mai 1995, Monte-Carlo -- M. Dupuy, W. J. Kimm -- C. Scimone / PL Pizzi

BERLIOZ
La Damnation de Faust (Marguerite)
¤ avec J. Van Dam. -- JC Casadesus.

BRITTEN
Midsummer Nigth?s Dream(Hyppolyta) mai 1978, Florence, B. Bartoletti / Chazalettes, Gonzales, Taskova, Amodio, Panerai, Washington

CHARPENTIER
Louise (La mère )
¤ mai et juin 2000, Toulouse et Paris-- J. Zhang, M. Dupuy, M. Haddock, A. Vernhes, M. Laho -- M. Plasson / N. Joël

 

 

Louise, Toulouse, mai 2000.

 

DONIZETTI
Anna Bolena (Jane Seymour)
¤ Marseille -- D. Longhi
¤ 13 septembre 1984, Bilbao -- A.Gatto / D. Monjo avec A. Negri, G. Surjan, U. Grilli
¤ 30 avril, 2, 4, 6, 9, 11, 13, 19 mai 1993, Bruxelles -- N. Miricioiu, Kaasch, Stamm, Poescu, Turco, Careccia ? Viotti
¤ Madrid -- L. Cuberli

Maria Stuarda
¤ 25 juin 1991, Antibes -- M. Lagrange et G. Sabbatini -- dir. E. Pido
Nov 1991, Bonn -- Gruberová, Dupuy, Ramirez, Brocheler, Gasztecki, Gomez
¤ Oct 1995 , Lyon -- Miricioiu, Dupuy, Li, Barth, Helm, Sutter
¤ 17, 21, 24 janvier 1997, Bilbao -- G. Devinu, Dupuy, Ballo, Palatchi ? M. de Bernardt / PF Maestrini

 

 

 

Bilbao, 1997

 

Puritani
¤ 22, 24, 27, 30 mars 1974, Marseille -- Eda Pierre, Kraus, Massard, Thau, Dupuy -- Rivoli

Lucrezia Borgia (Maffio Orsini)
¤ 24 avril 1984, Bologne -- Barasorda, Ricciarelli, Pagliuca, Dupuy ?? Bellini

 

 

Orsini, au Teatro Comunale de Bologne, 1984

 

¤ 29 novembre 1986, Bonn -- Ricciarelli, Gimenez, Dupuy, Ghiuselev ?? Masini
¤ 31 mai, 3, 7, 11, 14 Jun 1989, Barcelone -- Sutherland, Kraus, Pertusi
¤ 17 juin 1989, TCE, Sutherland, Kraus, Pertusi

Il diluvio universale
¤ 18 janvier 1985, Genève -- Giaiotti, Hayashi, Dupuy, Garaventa, del Monte, Bottion, Pigliucci, Lantieri, Broganelli, Savino, Rocchi ? Latham Koenig

La Favorita
¤ 15 déc 1979, Tenerife-- Dupuy, Kraus, Montefusco, Bergamonte

GLUCK
Orphée et Eurydice (Orphée)
¤ Décembre 1987, Marseille-- C. F. Cillario / G. Coutance ; M. Dupuy, P. Baldi, J. Michelini

 

 

avec Patricia Baldi, dans Orfeo ed Euridice, Marseille

 

Armide
¤ New-York, Carnegie-Hall, 1979-1980 (v.c)

GOUNOD
Faust (Siebel)
¤ 18 et 20 novembre 1977, Marseille -- A. Vanzo, F. Garner, J. Mars

Le Médecin malgré lui (Martine)
¤ octobre 1978, Paris, Salle Favart -- D. Perriers, JP Lafont, C. Jean -- S. Cambreling / JL Martin-Barbaz

HAENDEL
Agrippina, (Nerone)
¤ 13, 15, 17 septembre 1983, Venise - Teatro Malibran (Festival Vivaldi) -- Margarita Zimmermann, Carmen Balthrop, Manca di Nissa, de Mola, Derek Lee Ragin -- Christopher Hogwood /Lauro Crisman

Giulio Cesare (G. Cesare ou Sesto)
¤ 26, 29 septembre, 3, 8, 11, 15, 18, 22, 27, 31 octobre 1988, 17, 21, 24 janvier 1989, New York, Metropolitan -- Kathleen Battle/Kilduff, Tatiana Troyanos/Martine Dupuy, Dupuy/Harris, Walker/Boozer, Gall, Robbins/Cook [Sesto et Giulio en alternance] -- Trevor Pinnock / Copley

¤ 22 et 24 juillet 1989, Festival de Martina Franca -- Marcello Panni / Egisto Marcucci -- Martine Dupuy (Giulio Cesare), Raquel Pierotti (Cornelia), Patrizia Orciani (Cleopatra), Susanna Anselmi (Tolomeo), Josella Ligi (Sesto), Pietro Spagnoli (Achilla), Giuseppe De Matteis, Sara Mingardo

KOSMA
Les Canuts
¤ 1982, Lyon -- F. Loup; M. Dupuy ; M. Pouradier-Duteil ; G. Gauthier ; M. Favory ; A. Kabouche -- S. Baudo

MASSENET
Werther (Charlotte)
¤ 10, 11 et 13 décembre 1977, Lyon -- A. Vanzo, C. Alliot-Lugaz, R. Franc -- J. Périsson / G. Benhaim
¤ 27 et 30 octobre 1978, Paris, Opéra-Comique -- A. Vanzo, D. Chlostawa, Y. Bisson, JL Soumagnas -- dir P. Dervaux / R. Benzi (30)
¤ 1979-1980, Ténérife, avec A. Kraus
¤ 23 novembre 1980, Toulon, M. Fournier / ?, A. Jobin, R. Franc, L. Clément
¤ 7 décembre 1986, Nîmes -- A. Vanzo, K. Lee, R. Franc,M. Barrard-- JP Burtin
¤ avril 1988, Vienne --Kraus, Sasaki, Helm, Sramek Guingal
¤ février 1989, Vienne --. Kraus
¤ 1988 , Met
¤ 8 février 1991, Toulon, P. Ethuin /?, A. Cupido, JL Chaignaud, A. Constantin
¤ 8 juin 1991, Châtelet, vc --Araiza, Dubosc, Cachemaille -- Plasson
¤ novembre - décembre 1993, Brescia -- Sabbatini, Dupuy, Pasquetto, de Bortoli, --. M. de Bernardt
¤ 5, 9, 12, 17, 20 avril 1994, Favart -- A. Kraus, M. Dupuy, C. Dubosc, D. Henry, JP Courtis -- L. Petitgirard / G. Blin
¤ 22 novembre 1998, Marseille, Bradshaw / ?, K. Olsen, M. Barrard, B. Laffont

Cendrillon (Le Prince charmant)
¤ Février 1995, Monte-Carlo -- Marie-Anne Vaglaroff (Dorothée), René Franc, Félicity Palmer, Lucia Rizzi (Noémie) -- B. Campanella / Robert Carsen

 

 

avec Marie-Anne Vaglaroff (Dorothée), René Franc, Félicity Palmer, Lucia Rizzi (Noémie),
dans Cendrillon à Monte-Carlo, en février 1995.

 

¤ 16 et 19 mai 1996, Turin -- Cecilia Gasdia, Martine Dupuy, Ewa Malas-Godlewska, Michel Trempont -- B. Campanella / Robert Carsen

MEYERBEER

Il Crociato (Armando)
¤19 juillet 1990, Radio-France -- D. Mazzola, R. Blake, M. Dupuy, M. Pertusi --. M. de Bernardt

MONTEVERDI
Il Ritorno d'Ulisse (Penelope)
¤ 9, 12, 16, 18 juin 1987, Florence, Teatro Communale (Mai Musical) -- version revue par Hans Werner Henze - Richard Stilwell (Ulisse), Martine Dupuy (Penelope), Horst Laubenthal (Telemaco), Julia Hamari (Minerva), R. Orani (Humana fragilita), A. Cafaorio (Tempo), Z. Salazar (Amore), James King (Giove) -- Bruno Bartoletti / Giulio Chazalettes

 

 

L'Incoronazione di Poppea, Paris Châtelet, janvier 1985.

 

L'incoronazione di Poppea (Ottavia)
¤ 1977-1978, concert pour la RAI -- V. Cortez et C. Siepi
¤ 9, 11, 13, 15 et 20 janvier 1989, Paris, Châtelet -- Patricia Schuman (Poppée), Leontina Vaduva (Drusilla), Hans-Peter Blochwitz (Nerone), Richard Stilwell (Ottone), Jocelyne Taillon (Arnalta), Grégory Reinhart (Seneca) -- P. Schneider / P. Strosser

MOZART
La Clemenza di Tito (Sesto)
¤ 8 mars 1985, Bruxelles -- Burrows Stuart ; Eda-Pierre Christiane Kemmer Mariette -- S. Cambreling / KE Herrmann
28 et 30 juin 1985; Amsterdam-- Burrows Stuart ; Eda-Pierre Christiane Kemmer Mariette -- S. Cambreling / KE Herrmann
¤ 1988, Bologne -- D. Raffanti, K. Bouleyn, A. Scarabelli ? P Maag / PL Pizzi
¤ 1988, Reggio Emilia -- G. Winbergh, S. Mosca, A. Scarabelli -- P. Maag / PL Pizzi,
¤ 2 nov 1991, Paris -- Rendall, Pollet, Gale ? M. Janowski
¤ janvier 1992, Toulouse -- Blake, Cassello, Dupuy, Rorholm -- F. Layer / P. Halmen
¤ 15, 17, 19, 21 Mai 1994, Marseille -- C. Weidinger, D. Gyulas, AM Rodde -- D. Bernet / M. Cacoyannis
¤ 17 Feb 1995, Paris -- Azersberger, Dupuy, Tamar, Schaeffer ? Boder

Le Nozze di Figaro (Cherubino)
¤ octobre 1979, Marseille, Masson / Peacock, C. Weidinger, McIntyre, Salvadori, Gusmeroli
¤ 1 août 1982, Martina Franca, vc, Campanella, Portella, Alaimo, Dessi, Nazario, Dupuy
¤ 11, 13, 16, 22 mai 1989, Marseille -- Bayo, Dupuy, Clarry Bartha, Nelson Portella, I. Wixell, N. Dessay -- Veto / Batisse

Lucio Silla (Cecilio)
¤ Oct-nov. 1984, Nanterre, Théâtre des Amandiers -- Anthony Rolfe-Johnson, L. Cuberli, M. Dupuy, B-M Aruhn, C. Barbaux --S. Cambreling / P. Chéreau

 

 

Idamante, à Palerme

 

Idomeneo (Idamante)
¤janvier 1983, Palerme, Brydon / Batisse, Caley, Pediconi, Csengery, Di Cesare.

Mitridate
¤ Version de concert à Amsterdam

OFFENBACH
Les Contes d'Hoffmann
(Giulietta)
¤ 16-28 mars 1987, Met -- Bradley, Ciesinski, Estes, Domingo -- Dutoit / Schenk
¤ 25, 28 mai, 1 juin 1988 à Tokyo, 7 juin 1988 à Nagoya , 10 juin 1988 à Osaka -- P. Domingo, E. Mills, R. Alexander, J. Morris (tournée du Met)

(la Muse / Nicklausse)
¤ 15, 18, 21, 24, 27, 29 avril, 2, 5, 8, 11 mai 1992, Paris, Bastille -- J. Van Dam, F. Araiza / N. Schicoff/ A. Galssmann / A. Nicolescu, N. Dessay, L. Cuberli, N. Denize-- I. Marin / R. Polanski

POULENC
Dialogues des Carmélites (Mère Marie)
¤ 21, 23, 25, 25, 27, 29 avril 1990, Lyon, 3 mai 1990 à Grenoble -- C. Dubosc, R. Gorr, R. Yakar -- K. Nagano / P. Caurier & M. Leiser
¤ mars 1993, Genève -- McLaughlin- Millot- Palmer- Dupuy- Hagley ? M Plasson.
¤ octobre 1993, Nancy -- Brigitte Fournier, Mireille Delunsch, Jacqueline Mayeur, Martine Dupuy, Valérie Millot--M. Soustrot / A. Bourseiller
¤ 19, 21, 23, 24, 26 novembre 1995, Toulouse -- Nadine Denize, Catherine Dubosc, Martine Dupuy, Christian Papis, François Pollet, Alain Vernhes -- M.Plasson / N. Joël

 

 

Dialogues des Carmélites à Nancy, en octobre 1993.

 

PURCELL
Dido and Eneas
¤ 1973-1974, Mai de Versailles (magicien)
¤ Caracas, (Didon)

ROSSINI
Il barbiere di Siviglia (Rosina)
¤ 31 juillet, 3 et 6 août 1982, Martina Franca -- Dano Raffanti, Nelson Portella, Simone Alaimo, Luigi De Corato/ A. Zedda, dir.
¤ 1989, Vienne -- E. Dara et N. Ghiaurov.

Bianca e Falliero
¤ Septembre 1989, Pesaro -- Cuberli, Merritt, Spagnoli -- D. Gatti / PL Pizzi

La Cenerentola
¤ Buenos-Aires
¤ février 1980, Parme (Zedda / Trionfo), P. Barbacini, C. Desderi / A. Rinaldi, F. Furlanetto, S. Alaimo
¤ Leipzig
¤ janvier 1984, Caracas
¤ Bordeaux
¤ Zurich
¤ 14 et 16 mai 1986, Lausanne, P. Zedda / JP Ponnelle, M. Dpuy, R. Blake, F. Loup, G. Cachemaille
¤ février mars 1987, Marseille -- Bladin, Bohée, Pappas, Kennedy -- Caetani / C. Roubaud
¤ février 1990, Marseille -- R. Blake
¤ mars-avril 1998, Tel Aviv, Zedda / del Monaco, Lopez-Yanez, De Simone, Rinaldi, Di Stefano

Semiramide (Arsace)
¤ 1 et 3 février 1980, Caracas -- A. Negri, Dupuy, Pappas, Mettre-- Pradella
¤ mars 1980, Sao Paolo -- Negri, Dupuy, Mettre, Pappas, Lebhenz -- Pradella / T. Serebrinsky
¤5, 8, 10, 13, 15 mars 1981, Gènes -- Cuberli, Dupuy, Furlanetto, Gimenez -- A. Zedda / P. L. Pizzi
¤ décembre 1982, Rome, G. Ferro / R. Guicciardini, Anderson, Dupuy / L. Valentini-Terrani -- ?
¤ juin 1983, Madrid -- M. Caballé, M. Dupuy, E. Gimenez, G. Pappas -- E. Marco / G. Zennaro
¤ 25 février 1984, Anvers, (v.c) -- Caballe, Dupuy, Palacio -- S. Cambreling
¤ 28 février 1984, Bruxelles, (v.c) / Caballe, Dupuy, Palacio -- ) S. Cambreling
¤ 29 octobre 1985, Bruxelles, (v.c) Caballe, Dupuy, Palacio, J. P. Lafont -- S. Cambreling
¤ août 1986, Martina Franca-- Aliberti, Dupuy, Alaimo, Morino -- A. Zedda / B. Stefano 

 

 

A Rome (1982/83) et à Pesaro (1994)

 

¤ 18, 21, 24, 28 septembre 1986, Nice -- P. Scalera, M. Dupuy, R. Blake, J. Wells -- A. Ostman / B. Stefano
¤ 26 oct 1990, Paris, Châtelet -- Cuberli, Dupuy, Alaimo, Blake, Roni -- Pappano (vc)
¤ novembre 1992, Dallas -- Cuberli, Dupuy, Alaimo, Li -- Renzetti
¤ août 1994, Pesaro -- Gasdia, Blake, Dupuy, Pertusi, Bonomelli, Leoni -- R. Norrington / H. De Ana
¤ 23, 25, 28, 31 mai 1997, Marseille -- Gasdia, Dupuy, Pertusi, Blake ? G. Carella / F. Trevisan

Adelaide di Borgogna (Ottone)
¤ 4 août 1984, Martina Franca -- Mariella Devia, Armando Caforio, Aldo Bertolo, Elisabetta Tandura, Michele Farruggia ---- A. Zedda / L. Pugelli
¤ 15 mai 1988, Paris, Pleyel, dir. Zedda-- Mariella Devia, Hélène Perraguin, Jean-Luc Viala ----

Aureliano in Palmira
¤ 12 Novembre 1980, La Spezia, Teatro Civico -- M. L. Cioni Leoni, M. Dupuy, P. Barbacini -- F. M. Marini / B. de Tomasi
¤ 16 Novembre 1980, Savone, Teatro Chiabrera -- M. L. Cioni Leoni, M. Dupuy, P. Barbacini -- F. M. Marini / B. de Tomasi

La Donna del Lago (Malcolm)
¤ Septembre 1981, Pesaro -- L. Cuberli, M. Dupuy, P. Langridge -- M. Pollini / G. Aulenti
¤ Mars 1986, Nice -- L. Cuberli, M. Dupuy, R. Blake, M. Cousins. -- C. Gibault / G. Aulenti
¤ Juillet 1986, Marseille, Château Borély avec Domenico Trimarchi.
¤ 29 mars, 1 avril 1990, Bonn avec L. Aliberti, R. Blake, L. Canonici
¤ 27 février, 1, 4, 8 mars 1992, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts -- K. Ricciarelli, M. Dupuy, R. Gimenez -- . M. Barbacin

 

 

Malcom à la Scala, 1992.

 

¤ juin 1992, Scala de Milan -- June Anderson, Rockwell Blake, Chris Merritt, Martine Dupuy, Giorgio Surjan -- R. Muti / W. Herzog

L'Italiana in Algeri (Isabella)
¤ 1986, Marseille (Château Borély) -- R. Gambill, D. Trimarchi, E. Fissore -- Cavallero / Serebrinsky

 

 

Isabella, avec Domenico Trimarchi.

 

¤ janvier 1987, Bologne -- W. Matteuzzi, E. Dara, R. Raimondi -- Campanella / Ponnelle
¤ août 1992, San Sebastian -- R. Blake, S. Alaimo -- Campanella / Pizzi
¤ janvier 1994, Toulouse -- R. Gimenez, M. Trempont, S. Alaimo -- Renzetti / Richter

L' Assedio di Corinto /Le Siège de Corinthe (Neocle)
¤ 16, 18, 21, 24 octobre 1981, Marseille-- C. Weidinger, Gras, Pappas, Zerbini, C. Burles -- D. Masson / T. Serebrinsky
¤ Octobre 1982, Jesi, Teatro Pergolesi -- C. Weidinger -- D. Masson / T. Serebrinsky
¤ Décembre 1982, Florence, Teatro Communale -- K. Ricciarelli, M. Dupuy, N. Ghiuselev, O. Garaventa -- E. Inbal / P. L. Pizzi
¤ 15, 18, 20, 22, 24, 26 novembre, 2, 4, 7, 10 décembre 1985, Paris, Garnier--, K. Ricciarelli / C.Barbaux, Dupuy, F. Furlanetto -- A. Ostman / P. L. Pizzi

Moise et Pharaon, ou Le Passage de la Mer Rouge
¤ 28 Juin 1991, Saint-Denis-- Gasdia, Dupuy, Sulle, Estes, Martinovic, Dumont, Viala, Fletcher, Schwartz, dir. A. Zedda

La pietra del paragone
¤ Bologne -- E. Dara, A. Corbelli, W. Matteuzzi

 

 

La pietra del Paragone, Bologne, 1986.

 

Stabat Mater
¤ Septembre 1982, Pesaro --Dessi, Dupuy, Raffanti, Ramey ?Zedda
¤ 16 juin 1990, Paris, Bastille -- Esperian, Dupuy, V. La Scola, F. Furlanetto -- Chung
¤ 22, 23 août 1992, San Sebastian -- Casello, Dupuy, Blake, Alaimo --. C. Scimone
¤ 22 juin 1993, Paris -- Cuberli, Dupuy, Ginenez, Spagnoli --. Olmi

Tancredi
¤ 18, 21, 23, 26, 28 février 1997, Madrid -- Organasova, Dupuy, Olsen, Martinovic, Casariego --. A. Zedda / PL Pizzi


SATIE
Socrate
¤ 1980, Venise, Fenice -- M. Panni / A. Calder

VERDI
Oberto (Cuniza)
¤ 28 juillet 1995, Montpellier, Corum, (Festival de Radio-France) -- M. Lagrange, M. Dupuy, C. Colombara -- K. Weise

Nabucco (Fenena)
1980, Bordeaux, G. Rivoli / G. Boireau, A. Gulin, F. Bordoni, S. Fisichella

Don Carlos (Eboli)
¤ Juin 1996, Londres, Covent Garden -- K. Mattila, R. Alagna, T. Hampson, J. Van Dam, K. Rydl -- B. Haitink / L. Bondy
¤ 6, 9, 12, 15, 17, 20, 22, 25 octobre 1996, Bruxelles, La Monnaie -- V. Cole, N. Miricioiu, J. van Dam, P. Coni, M. Dupuy, Tennfjord, Druett -- A. Pappano / L. Bondy
¤ 14, 16, 18, mars 1997, Nice, Acropolis -- K. Mattila, S. Mark Brown, J. Van Dam, M. Dupuy, V. Torres -- J. Nelson / L. Bondy
¤ 29 mars, 1, 3, 6, 8, 11 avril 1997, Lyon -- K. Mattila, J. Van Dam, V. Torres, S. Mark Brown, M. Dupuy, Dong-Jian Gong, -- J. Nelson / L. Bondy

VIVALDI
Farnace, (recréation mondiale)
¤ 24 novembre, 1er décembre 1982, Gênes - Teatro dell'Opera Giocosa - - San Remo - Teatro Casino-- Katia Angeloni (Berenice), Petra Malakova (Tamiri), Daniela Dessi (Selinda), Lucia Rizzi (Pompeo), Kate Gamberucci (Gilade), Rena Garazioti (Aquilio) -- Massimo de Bernart / Beppe de Tomasi 

 

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